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Chronique Lecture | Le Peuple de l’air – T4 : L’Héritier Trahi, de Holly Black

Couverture du livre L'Héritier Trahi, le tome 4 de la saga Le Peuple de l'air de Holly Black.

Précédemment dans la série du Peuple de l’air

Résumé de L’Héritier Trahi

Huit ans se sont écoulés depuis la Bataille du Serpent. Mais dans le nord glacial, dame Nore de la Cour des Crocs a récupéré la Citadelle de l’Aiguille de glace. Là, elle utilise une ancienne relique pour créer des monstres féroces qui répondent au moindre de ses ordres. Son but : renverser le roi Cardan, prendre le pouvoir sur Dolmelfe… et réduire le monde des humains à néant. Wren, la fille de dame Nore est la seule à pouvoir l’arrêter. Chêne, prince de Terrafæ, requiert donc son aide pour empêcher dame Nore d’arriver à ses fins. Mais le passé de Wren et Chêne est celui d’une amitié tourmentée, parsemée de déceptions. Alors que les enjeux les dépassent désormais, peuvent-ils se faire confiance ?

Éditions Rageot

Fiche technique

Titre Le Peuple de l’air – T4 : L’Héritier Trahi

Autrice : Holly Black

Édition – Collection : Rageot – Grand Format

Nombre de pages : 512

Date de parution : 18.10.2023

Âge : À partir de 17 ans

Prix : 25.90€

Remarque : J’ai lu ce livre dans le cadre de l’édition 2023 du Pumpkin Autumn Challenge.

Mon avis sur L’Héritier Trahi

Je n’ai bien évidemment pas attendu plus de quelques jours après la sortie de L’Héritier Trahi pour me lancer à corps perdu dans ce premier tome du spin-off de la saga Le Peuple de l’air de Holly Black.

Et bon sang, qu’est-ce que c’était bien !

Retour à Terrafæ pour une quête épique

J’ai adoré retourner à Terrafæ et retrouver la plume de l’autrice qui m’a immédiatement fait tomber sous le charme de son nouveau roman.

Pour tout te dire, il n’y a pas grand-chose que je n’ai pas apprécié dans L’Héritier Trahi, si ce n’est que l’intrigue s’appuie sur une banale quête de fantasy comme il en existe déjà tant. Je crois que je m’attendais à un peu plus d’originalité de ce côté-là. Mais comme elle est signée par Holly Black, cette quête laisse présager bien plus qu’il n’y paraît.

Des personnages forts et énigmatiques

Et notamment les personnages, qui sont pour moi le gros point fort de cette histoire. Wren et Chêne sont construits en opposition à ce que représentaient Jude et Cardan dans la première série, ce qui est un vrai plus sachant que l’on ne va pas découvrir un roman copié/collé à ceux que l’on a déjà pu lire.

Wren en particulier est une héroïne très attachante, toute en nuances et en dualités. Elle passe son temps à fuir une existence de Fæ dont elle ne veut pas et à éprouver de la nostalgie envers son ancienne vie dans le monde des mortels. Elle vit seule, recluse, cachée et sans cesse en fuite de fantômes qui la poursuivent (au sens propre comme au figuré). Elle ne sait pas se battre mais n’hésite pas à se défendre lorsqu’elle se sent acculée (souvent en arrachant des morceaux de chair à ses adversaires avec ses dents pointues, on adore). Mais par-dessus tout, Wren souffre d’un énormissime manque affectif suite aux atrocités qu’elle a subi à la Cour des Crocs. Elle en est tout à fait consciente, mais ne peut pas s’empêcher de courir après le peu d’attention et de gentillesse que l’on voudrait bien lui donner. À la fois forte et fragile, Wren est un personnage complexe et plaisant à suivre.

Fanart représentant le personnage de Wren, pour illustrer ma chronique de L'Héritier Trahi de Holly Black.

De même que Chêne, qui va arriver un beau jour pour quémander son aide pour une mission. Tout le contraire de Cardan, Chêne est avenant et charmeur. Gentil, abordable et en dehors de la cruauté qui est de coutume à Terrafæ. On a envie de lui faire confiance, même si une grande part de mystère l’entoure. J’ai personnellement beaucoup de mal à le cerner et à voir au-delà des apparences – même après avoir terminé L’Héritier Trahi. Mais c’est aussi ce qui fait tout le piquant de cette lecture !

La romance développée dans L’Héritier Trahi

Et en parlant de piquant… Celles et ceux qui ont pu trouver la romance trop légère dans la saga originale devraient être contents d’apprendre que celle-ci est bien plus développée dans L’Héritier Trahi.

Les relations entre les personnages (en particulier Wren et Chêne) sont vraiment exploitées et mise au premier plan. Leurs interactions sont très intéressantes, d’autant plus qu’ils ont un (bref) passé amical en commun – ce qui rend leur présent d’autant plus tendu. J’ai donc trouvé très pertinent les deux ou trois chapitres qui nous montrent leurs première rencontre et premiers échanges, les trouvant très pertinents pour mieux comprendre leur relation présente. Pour autant, cette romance mise en avant m’a beaucoup surprise au début, mais je l’ai finalement bien appréciée étant donné qu’Holly Black dose bien les différents aspects de son histoire.

L’autrice laisse d’ailleurs une place assez importante aux personnages secondaires, notamment Tiernan et Hyacinthe qui nous offrent une intrigue secondaire très appréciable qui (je l’espère) devrait être développée dans le second tome pour malmener d’autant plus nos émotions qu’ils ne l’ont déjà fait dans L’Héritier Trahi.

Un tome à la hauteur de la saga

Comme Holly Black nous y a habitués dans les tomes précédents, elle nous offre encore ici une histoire à l’addictivité indécente et à la plume envoûtante, bourrée de stratégie et de complots politiques, de secrets et de mensonges qui se cachent dans les doubles sens de paroles de personnes censés ne pouvoir dire que la vérité. C’était trop bien. Les retournements de situation sont à la hauteur de ce que l’on pouvait en attendre – même si j’avoue en avoir découvert un avant qu’il ne soit révélé, ce qui m’a rendue fière de moi plutôt que de me décevoir.

La fin est particulièrement haletante et les dernières pages nous laissent dans une attente dangereuse pour notre santé. Vivement le T2, The Prisoner’s Throne, – qui, il me semble, devrait arriver VO en Mars 2024 et signer la fin de ce spin-off. Et il semblerait qu’il soit en plus raconté du point de vue de Chêne !

Couverture du livre The Prisoner's Throne, le tome 5 de la saga Le Peuple de l'air de Holly Black, pour illustrer ma chronique de L'Héritier Trahi.

Honnêtement, je ne sais pas comment je vais faire pour attendre la sortie de cette suite, qui devra en plus être traduite… Mais je suppose que je n’ai pas trop le choix.

En bref

En bref, le premier tome du spin-off de la saga du Peuple de l’air de Holly Black, L’Héritier Trahi est un roman que j’ai adoré parce qu’il nous fait retrouver Terrafae avec une histoire addictive à la plume envoûtante. Malgré le manque d’originalité de l’intrigue qui prend la forme d’une simple quête de fantasy comme il en existe déjà tant, cela ne retire rien de la qualité du récit. Avec des personnages forts et complémentaires qui sont les acteurs d’une romance développée et de stratégies pleines de faux-semblants, ce tome ravira le lectorat tombé sous le charme de Terrafæ. Un incontournable de la série !

Ma note

Ma note : 17/20

La citation de L’Héritier Trahi

– Cette robe est la plus belle chose que j’ai jamais vue, dis-je, étant dans l’incapacité d’exprimer autrement ma reconnaissance à Habetrot sans l’insulter.

Ce cadeau pourrait être empoisonné… mais cela fait si longtemps qu’on ne m’en avait pas offert. J’ajoute :

– On la croirait vraiment sortie tout droit d’un rêve.

Ce compliment fait rosir les joues de la Fæ.

– Tant mieux. Peut-être que tu reviendras me raconter si la Reine de la Nuit a plu au Prince du Soleil.

Gênée, je regagne le couloir. Comment peut-elle s’imaginer qu’une robe, même somptueuse, puisse me transformer en objet de désir ? Est-ce que tout le monde à la fête rira sous cape en pensant que je cherche à séduire le prince ?

Je remonte le couloir jusqu’à ma chambre. En poussant la porte, je tombe sur Chêne. Il se prélasse dans un fauteuil, tout à son aise, ses longues jambes écartées sans la moindre gêne. Une couronne de myrte repose juste au-dessus de ses cornes. Il porte une nouvelle chemise de lin blanc et un pantalon écarlate brodé de plantes grimpantes. Même ses sabots paraissent lustrés.

Il est l’incarnation parfaite du beau prince fæ aimé de tous. Sans doute que les lapins viennent lui manger dans la main et que les geais bleus lui offrent des vers destinés à leurs oisillons.

Il sourit, comme s’il n’était pas surpris de me voir dans cette jolie toilette. En fait, son regard glisse rapidement sur moi pour s’arrêter avec une étrange intensité sur mon visage.

– Saisissant, commente-t-il.

Pourtant, je ne vois pas comment il peut juger ma tenue étant donné le peu d’attention qu’il lui a accordée.

Je me sens à la fois timide et amère.

Le Prince du Soleil.

Je ne prends pas la peine de lui dire de quoi il a l’air. Je suis certaine qu’il le sait déjà.

Il passe une main dans ses boucles dorées.

– Annet nous a accordé une audience. Espérons que nous la convaincrons de nous envoyer sans délai auprès de la Sorcière-Chardon. En attendant, nous sommes invités à arpenter ses salles de bal et à festoyer à ses tables de banquet.

Je m’assois sur un tabouret, enfile mes nouvelles bottes et en noue les lacets.

J’interroge Chêne :

– Pourquoi a-t-elle fait emmener Hyacinthe, à ton avis ?

Il se frotte le visage d’une main.

– Pour nous montrer qu’elle en a le pouvoir, je suppose. Espérons que ça n’ira pas plus loin.

Je prends le peigne dans la poche de ma nouvelle robe, puis j’hésite. Si je commence à m’attaquer à mon auréole de nœuds, Chêne verra à quel point ma chevelure est emmêlée, et ça lui rappellera l’endroit où il m’a trouvée.

Il se lève.

Tant mieux. Il va s’en aller, ainsi je pourrais essayer de me coiffer en toute tranquillité.

Mais, au lieu de partir, il se poste derrière moi et me prend le peigne des mains.

– Laisse-moi faire, propose-t-il en attrapant une mèche entre ses doigts. Ils ont la couleur des primevères.

Mes épaules se raidissent. Je n’ai pas l’habitude qu’on me touche.

Je commence :

– Pas la peine de…

– Ça ne m’ennuie pas, m’interrompt-il. J’ai eu trois grandes sœurs qui brossaient et nattaient mes cheveux sans se soucier de l’intensité de mes cris. Pour me défendre, j’ai dû apprendre à coiffer les leurs. Et ma mère…

Il connaît son affaire : il retient chaque mèche à la base et en démêle lentement l’extrémité avant de remonter vers le cuir chevelu. Entre ses mains expertes, mes cheveux deviennent aussi soyeux que des rubans. Si je m’en étais occupée moi-même, j’en aurais arraché la moitié de frustration.

Pour l’inciter à poursuivre, je répète d’une voix à peine tremblante :

– Ta mère…

Il commence à me tresser des nattes épaisses qu’il relève de sorte qu’elles forment une sorte de diadème.

– Quand nous vivions dans le monde des mortels, loin de ses servantes, elle avait besoin d’aide pour se coiffer, raconte-t-il d’une voix douce.

Cette confession, les tiraillements inconfortables de mon cuir chevelu, ses doigts qui effleurent ma nuque lorsqu’il sépare des mèches, son air légèrement concentré… C’est trop. Je n’ai pas l’habitude d’une telle proximité.

Lorsque je lève les yeux vers lui, son sourire n’est qu’invitation.

Nous ne sommes plus des enfants qui jouent ou s’amusent à se cacher sous son lit. Pourtant, j’ai l’impression que nous avons commencé un nouveau jeu, un jeu dont les règles m’échappent.

Avec un frisson, je prends le miroir à main posé sur la commode. Ainsi apprêtée, je suis jolie. Comme les monstres dans les forêts, dont l’apparence trompeuse incite les mortels à danser jusqu’à ce qu’ils en meurent.

Holly Black, Le Peuple de l’air – T4 : L’Héritier Trahi

Le mot de la fin

Et voilà, c’en est tout de cette chronique beaucoup trop longue sur L’Héritier Trahi ! Et encore, sache que je me suis retenue de développer encore plus mon avis… Mais en tout cas, si tu es comme moi en manque de l’univers du Peuple de l’air, je ne peux que t’encourager à aller voir mes articles sur les tomes précédents de la série :

En attendant de te retrouver là-bas, je te souhaite un bon samedi et un excellent week-end !

Toi aussi, tu es fan de la saga du Peuple de l’air ? Tu comptes lire L’Héritier Trahi ? À moins que ce ne soit déjà fait ? Raconte-moi tout en commentaires !

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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