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Chronique Lecture | Anne Shirley – T6 : Anne d’Ingleside, de Lucy Maud Montgomery

Couverture du livre Anne d'Ingleside, le sixième tome de la saga Anne Shirley, de Lucy Maud Montgomery

Précédemment dans la série

Résumé de Anne d’Ingleside

Désormais parents d’une charmante petite tribu, Anne et Gilbert ont quitté le cocon de Four Winds et entament un nouveau chapitre de leur vie dans une maison délicieusement patinée : la chaleureuse Ingleside, couvée d’arbres qu’on ne couperait pour rien au monde et où ne tardent pas à germer les bourgeons de l’affection.

Anne d’Ingleside nous offre un roman qui foisonne d’une poésie démultipliée par les nombreuses sensibilités qui l’habitent. Celle d’Anne, toujours aussi disposée à déceler le beau là où personne ne songerait même à le chercher, et celles de ses enfants, qui ont tous à leur façon hérité de l’imagination et du romantisme de leur mère, nous offrant des descriptions féeriques et merveilleuses.

Le livre est toujours parcouru d’humour et de malice, parfaitement rendu dans le caractère innocent de l’enfance qui donne naissance à des situations savoureuses. Ce sixième volume – l’un des derniers que Lucy Maud Montgomery a écrit – est un roman tendre dont les pages peinent à contenir tout l’amour et la dévotion qui abondent entre une mère et ses enfants.

Éditions Monsieur Toussaint Louverture

Fiche technique

Titre Anne Shirley – T6 : Anne d’Ingleside

Autrice : Lucy Maud Montgomery

Édition – Collection : Monsieur Toussaint Louverture – Monsieur Toussaint Laventure

Nombre de pages : 352

Date de parution : 24.11.2022

Âge : À partir de 12 ans

Prix : 17.50€

Remarque : J’ai lu ce livre dans le cadre de l’édition 2023 du Cold Winter Challenge.

Mon avis sur Anne d’Ingleside

Est-ce qu’il ne serait pas grand temps de parler de ma dernière lecture de 2023 ? Je crois bien que si.

Et comme c’est un peu mon rituel depuis quelques années, j’ai réservé ma dernière semaine de l’année à l’un de mes personnages préférés de tous les temps : Anne, que j’ai cette fois si retrouvée pour le sixième volet de ses aventures, Anne d’Ingleside.

Anne d’Ingleside, entre transmission et tradition

Ce nouveau tome est imprégné d’une saveur différente des précédents. Le temps a passé, Anne est désormais maman de six enfants qui animent une grande maison et se créent des mondes à partir de petits riens. Anne d’Ingleside est le tome de la passation : le point de vue d’Anne se fait de plus en plus rare pour laisser la place au quotidien et aux aventures de ses enfants (Jem, Walter, Nan, Diana, Shirley et Rilla) qui ont tous pris quelque chose de leur mère. Bien sûr, j’ai aimé ce retour à l’enfance qu’opère Lucy Maud Montgomery qui nous rappelle l’ambiance du premier tome, Anne de Green Gables, surtout dans les chapitres consacrés à Walter qui est celui des six enfants qui ressemble le plus à Anne pour moi.

Gif issu de la série Anne with an E.
Au passage, fonce regarder la série “Anne with an E” sur Netflix si ça n’est pas encore fait !

Mais je ne vais pas mentir… Anne m’a quand même pas mal manqué dans Anne d’Ingleside. Les quelques chapitres de son point de vue sont mes préférés et je les ai chéris comme j’ai très vite compris qu’ils seraient (trop) rares. Le dernier chapitre du roman est d’ailleurs le meilleur selon moi, parce qu’il revient aux essentiels de se qu’est la série Anne Shirley. Je ne sais pas si c’est que Lucy Maud Montgomery a eu peur de manquer de matière si elle se concentrait uniquement sur le quotidien d’Anne en tant que maîtresse de maison (pourtant je pense qu’il aurait pu y avoir de quoi faire), ou si c’était simplement une volonté de sa part de transmission de génération… Quoi qu’il en soit, le roman qui en résulte n’est pas moins qualitatif que les précédents : il est simplement différent, l’élément central étant cette fois si remisé au second plan.

Mis à part ça, il va sans dire que l’âme de la série Anne Shirley est toujours aussi présente dans Anne d’Ingleside. La poésie et l’enchantement ont été inculqués dans les yeux enfants qui savent s’émerveiller. Et la plume de Lucy Maud Montgomery n’a rien perdu de son panache et de sa magie, décrivant à merveille le passage des saisons et la beauté en toute chose. Ça a donc encore une fois été un véritable plaisir de partager cette dernière semaine de 2023 en sa compagnie, pour des instants de douceur et d’espièglerie réussis !

En bref

En bref, Anne d’Ingleside, le sixième tome de la saga consacrée à Anne Shirley de Lucy Maud Montgomery est une véritable bouffée d’air frais qui nous ramène aux saveurs de l’enfance grâce aux aventures quotidiennes des six enfants d’Anne que je me suis plu à suivre. Même si j’avoue que mon héroïne préférée m’a manqué, et que j’ai donc savouré pleinement les quelques chapitres où elle est au centre du tableau. Mais il n’empêche que l’âme de la série est toujours là, animée par une plume poétique et enchanteresse qui n’a pas fini de m’émerveiller !

Ma note

Ma note : 15/20

La citation de Anne d’Ingleside

Le Vallon n’était plus “le Vallon”. Walter avait commencé à sentir qu’un lieu aussi merveilleux méritait un nom plus adapté à son potentiel romanesque. Une après-midi pluvieuse, ils durent jouer au grenier, mais le soleil revint vers le soir et inonda Glen de splendeur. “Oh, regardez le zoli arc-en-fiel !”, s’écria Rilla, qui avait un charmant zézaiement.

Ils n’en avaient jamais vu d’aussi magnifique. Une de ses extrémités semblait posée sur la flèche de l’église presbytérienne et l’autre se perdait dans le coin envahi par les roseaux de l’étang qui s’étirait jusqu’en haut de la vallée. Et séance tenante, Walter décida de l’appeler “la Vallée arc-en-ciel”.

La Vallée arc-en-ciel était devenue un monde en soi pour les enfants d’Ingleside. De petites brises y jouaient en permanence et le chant des oiseaux y résonnait du lever à la tombée du jour. Des bouleaux blancs y scintillaient partout, et de l’un d’eux, la Dame blanche, Walter imagina qu’une petite dryade sortait chaque nuit pour leur parler. Il nomma un érable et un épicéa si proches que leurs branches s’entremêlaient “les Amoureux”, et les clochettes de traîneau qu’il y accrocha carillonnaient de façon féerique et irréelle quand le vent les secouait. Un dragon montait la garde devant le gué de cailloux qu’ils avaient construit sur le ruisseau. Les arbres qui se rejoignaient au-dessus étaient des Païens en détresse et les mousses intensément vertes sur les rives, les tapis de Samarcande les plus somptueux qui soient. Robin des bois et ses joyeux compagnons rôdaient de toutes parts ; trois esprits de l’eau habitaient la source ; la maison abandonnée des Barclay au bout du village, avec son muret couvert d’herbe et son jardin envahi par le carvi, s’était facilement transformée en château assiégé. L’épée du Croisé était depuis longtemps rouillée, mais le couteau à viande d’Ingleside était une lame forgée au pays des fées, et lorsque Susan cherchait le couvercle de son plat à rôtir, elle savait qu’il servait de bouclier à un flamboyant chevalier empanaché en train de vivre de grandes aventures dans la Vallée arc-en-ciel.

Lucy Maud Montgomery, Anne Shirley – T6 : Anne d’Ingleside

Le mot de la fin

Maintenant que je suis (plus ou moins) bien consciente que les trois derniers tomes de la saga vont définitivement délaisser Anne, je compte bien accélérer mon rythme de lecture de façon à l’avoir terminé pour la fin de l’année 2024. Je pourrais alors m’attaquer à la nouvelle trilogie de Lucy Maud Montgomery qui s’apprête à paraître chez Monsieur Toussaint Louverture (mais on reparlera de tout ça bientôt dans un article “À vos agendas !”)…

D’ici là, je te souhaite un bon lundi ainsi que d’excellentes lectures !

Avant de partir, viens me dire en commentaires si Anne Shirley fait aussi partie de tes héroïnes préférées !

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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