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Chronique Lecture | Dîner à Montréal, de Philippe Besson

Couverture du livre Dîner à Montréal, de Philippe Besson

Résumé de Dîner à Montréal

Ils se sont aimés, à l’âge des possibles, puis quittés, sans réelle explication. Dix-huit ans plus tard, ils se croisent, presque par hasard, à Montréal. Qui sont-ils devenus ? Qu’ont-ils fait de leur jeunesse et de leurs promesses ? Sont-ils heureux, aujourd’hui, avec la personne qui partage désormais leur vie ?

Le temps d’un dîner de retrouvailles – à quatre – chaque mot, chaque regard, chaque geste est scruté, pesé, interprété. Tout remonte à la surface : les non-dits, les regrets, la course du temps, mais aussi l’espérance et les fantômes du désir.

À leurs risques et périls.

Éditions Julliard

Fiche technique

Titre Dîner à Montréal

Auteur : Philippe Besson

Édition : Julliard

Nombre de pages : 198

Date de parution : 29.05.2019

Âge : À partir de 16 ans

Prix : 19.00€

Remarque : J’ai lu ce livre dans le cadre de l’édition 2023 du Cold Winter Challenge.

Remarque Bis : J’ai découvert ce livre dans sa version audio, lue par Patrick Donnay.

Mon avis sur Dîner à Montréal

Mon année 2023 a débutée avec Philippe Besson et “Arrête avec tes mensonges”, le premier volet de son triptyque autofictionnel… Que j’ai achevé la semaine dernière avec l’écoute du livre audio de Dîner à Montréal. Les deux premiers titres avaient été de véritables coups de cœur, j’avais donc un niveau d’attente tout aussi élevé pour celui-ci.

Et si j’ai dévoré ce roman tout aussi vite que les précédents, je dois tout de même avouer que ça n’a pas été la révélation à laquelle je m’attendais. Dîner à Montréal fut une bonne lecture, mais pas aussi poignante que ce que j’espérais.

Un dîner à Montréal pour remuer le passé

Et pourtant, les retrouvailles sont des sujets qui me fascinent toujours beaucoup – telles que celles sur lesquelles s’ouvre Dîner à Montréal. Dix-huit ans après leur histoire clandestine qui s’est terminée sans réelle explication, Philippe Besson (alors en voyage promotionnel à Montréal) va voir débarquer Paul Darrigrand à la dédicace de son dernier livre. À la surprise et aux formules d’usage se succéderont vite les vérités brutes qui viendront remuer le passé. Et avec cela, une invitation à dîner le soir même avec leurs conjoints respectifs. Et c’est nous, lecteurs, qui nous retrouvons aux premières loges de cette pièce de théâtre qui s’annonce tourmentée.

C’est d’abord la confrontation qui m’a tant marquée – avec d’un côté Philippe Besson qui, a quarante ans, vit avec un jeune homme de la moitié de son âge parce qu’il avoue lui-même avoir du mal à l’attachement et à la constance, face à Paul Darrigrand qui est resté marié à Isabelle avec qui il a eu un fils. L’un est écrivain, l’autre grand homme d’affaires international. Tout les oppose et les éloigne. Tout sauf les réminiscences du passé. Passé que personne n’a oublié et qui s’est terminé trop brusquement et douloureusement pour ne blesser personne.

Commence alors un spectacle hypnotisant autour de cette table de restaurant. Et nous restons là à observer les badineries sans importances, alors que chacun résume sa vie en quelques minutes à peine, en nous demandant qui et quand l’un d’entre eux aura le courage de poser une question ou de faire une allusion qui viendra remuer le passé.

Verres de vin qui s'entrechoquent, pour illustrer ma chronique de Dîner à Montréal de Philippe Besson.

Un personnage maltraité et une intensité en baisse

Dîner à Montréal avait tout pour me bouleverser au plus haut point. Et pourtant, il y a quelque chose dans le ton de l’écriture qui a retenu mon emballement. J’ai trouvé que l’auteur avait une manière assez aigrie et mesquine de décrire Isabelle, la femme de Paul, et que c’était un traitement finalement assez injuste pour cette femme que je n’arrivais pas à me représenter ainsi. La Isabelle du passé et celle du présent n’arrivaient pas à se superposer dans mon esprit, parce que Philippe Besson les décrivait trop différemment, d’une manière qui ne m’a pas semblé juste pour elle. Presque comme s’il était jaloux d’elle – ce qui était peut-être le cas, mais dans ce cas j’aurai préféré qu’il l’avoue clairement. Quoi qu’il en soit, je me suis sentie mal à l’aise vis-à-vis d’elle – ce qui a créé une retenue chez moi face à ce qui se jouait dans le livre.

Et pourtant, je reconnais volontiers que Philippe Besson nous offre encore ici une histoire qui mérite largement le détour. Entre faux-semblants, allusions, conversations anodines et celles où l’on pose cartes sur table (même si j’aurai aimé que l’intensité des émotions aille parfois encore plus loin)… Impossible de ne pas être fasciné par cette lecture. Nous nous retrouvons témoin d’une mise à plat malaisante et douloureuse, mais nécessaire à ces gens pour pouvoir avancer et laisser le passé derrière eux. Entre moments de répits sur l’actualité et des phrases qui sortent comme des fulgurances pour venir tout chambouler sur leur passage, les personnes attablées dans ce restaurant ont des comptes à régler, et c’est différents qu’ils ressortiront dans la nuit québécoise. Tout comme nous ressortirons un peu changés de cette lecture.

En bref

En bref, Dîner à Montréal de Philippe Besson fut une bonne lecture qui clôt son triptyque autofictionnel en beauté. Ces retrouvailles au restaurant sont malaisantes et douloureuses, entre faux-semblants, allusions, conversations anodines et à cœurs ouverts. C’était très beau, même si je reproche un peu le traitement que l’auteur fait du personnage d’Isabelle, et même si j’aurai aimé que l’intensité des émotions aille parfois encore plus loin.

Ma note

Ma note : 14/20

La citation de Dîner à Montréal

Quant à moi, je suis tout à la fois pris de court, pris en tenaille et sommé de dire quelque chose. Car l’aveu exige inévitablement une réplique. Du reste, le mot réplique est bien choisi, on l’emploie pour les tremblements de terre.

Philippe Besson, Dîner à Montréal

Le mot de la fin

J’ai découvert Philippe Besson il y a bientôt un an, en janvier 2023. J’ai depuis lu cinq de ses livres, et je peux t’assurer que je vais poursuivre dans l’année à venir. Je ne peux que vivement te conseiller de t’y intéresser de près – tu feras la connaissance d’un grand auteur et de grandes histoires.

Et si l’autofiction n’est pas ton genre de prédilection, voici deux de ses romans auxquels tu peux déjà aller jeter un œil :

En attendant de te retrouver là-bas, je te souhaite un bon vendredi et d’excellentes lectures !

Tu aimes les histoires de retrouvailles ?

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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