DES RÊVES DANS LA MARGE

Celia Levi, La Tannerie

Résumé de l’éditeur

Jeanne, ses études terminées, a quitté sa Bretagne natale pour vivre à Paris. Elle a trouvé un emploi temporaire d’« accueillante » à la Tannerie, une nouvelle institution culturelle, installée dans une usine désaffectée de Pantin.

D’abord déboussolée par le gigantisme et l’activité trépidante du lieu, timide et ignorante des codes de la jeunesse parisienne, elle prend peu à peu de l’assurance et se lie à quelques-uns de ses collègues, comme la délurée Marianne ou le charismatique Julien, responsable du service accueil.

Elle les accompagne dans leurs déambulations nocturnes, participe à des fêtes. Leur groupe se mêle au mouvement Nuit debout. Ils se retrouvent dans des manifestations, parfois violentes – mais sans véritablement s’impliquer, en spectateurs.

Bientôt, deux ans ont passé. Dans l’effervescence de la Tannerie, en pleine expansion, chacun tente de se placer pour obtenir enfin un vrai contrat ou décrocher une promotion. Jeanne va devoir saisir sa chance.

La Tannerie – tel un microcosme de notre société – forme une monde à part entière, avec ses techniciens, ses employés de bureau, ses artistes. Mais derrière la bienveillance affichée et le progressisme des intentions, la précarité et la violence dominent.

Avec ce roman, qui frappe autant par la finesse de ses descriptions que par sa force critique, Celia Levi fait le portrait d’une époque et d’une génération en proie aux ambitions factices et à l’imposture des discours.

Tristram

Fiche technique

Titre La Tannerie

Autrice : Celia Levi

Édition : Tristram

Nombre de page : 384

Date de parution : 20.08.2020

Âge : À partir de 14 ans

Prix : 21.90€

Remarque : J’ai lu ce livre dans le cadre de mon rôle de jurée du Prix du Roman des étudiants, dont La Tannerie fait partie de la sélection 2020.

Mon avis

Ce roman était le dernier sur ma liste pour le Prix du Roman des étudiants. A-t-il remis en question mon intention de vote ?

En général

Malheureusement cet article va encore être très rapide j’en ai peur…

Pourquoi ? Eh bien parce qu’au bout d’une bonne centaine de pages à regarder Jeanne vivre sa vie sans jamais voir quelque chose d’intéressant se profiler (j’avais l’impression de regarder des gens marcher sur un trottoir, assez poétique au début, mais rapidement soporifique), j’ai abandonné ma lecture.

Ce n’est pas quelque chose que j’aime vraiment faire, mais parfois ça s’impose. Je te jure que le bouquin me tombait des mains à chaque fois que j’essayais de m’y intéresser un peu ! Finalement, je ne pense pas que ce soit le fait qu’il ne se passe rien qui m’ai fait prendre cette décision (parce que certaines histoires complètement dénuées d’action parviennent tout de même à nous intriguer), mais surtout le fait des personnages qui était beaucoup trop nombreux et que je n’arrivais pas à distinguer les uns des autres. Mais je crois que le pire, ce fut Jeanne. Cette fille à bientôt 30 ans mais est d’une naiveté de collégienne, c’en était affolant !

Donc, j’ai rapidement compris que mon vote pour le lauréat resterait inchangé, et ai décidé de m’épargner plus de souffrances à cette lecture…

Il y a quelques années, je m’interdisais vraiment d’abandonner mes lectures et me forçait toujours à les terminer. Et puis je me suis rendu compte qu’il y avait tellement de livres merveilleux qui existaient sur cette planète, que ce n’était pas la peine de perdre mon temps avec une histoire qui n’était manifestement pas faite pour moi… Et aujourd’hui j’ai beaucoup moins de scrupules à abandonner une lecture ! Tu sais, je crois au fait qu’il doit s’effectuer une rencontre entre le lecteur et l’histoire qu’il découvre. Parfois ça ne se fait pas, et ce n’est pas très grave, peut-être que ce n’était tout simplement pas le bon moment mais que tu pourras réessayer plus tard (ça m’est déjà arrivé !). Conclusion : il faut absolument décomplexer l’abandon de lecture !

En bref

En bref, La Tannerie de Celia Levi fut une grosse déception qui s’est rapidement terminée par un abandon.

Ma note

Les 5 citations

Avant de commencer un nouveau livre qui m’intéresse j’aime aller checker quelques citations pour voir si le style d’écriture me plait. Voici donc cinq citations (toujours garanties 100% sans spoilers, évidemment !). Libre à toi de les lire ou pas, suivant si tu aimes bien savoir dans quoi tu t’engages ou si tu veux garder le total plaisir de la surprise.

Jeanne était désormais accoutumée à ces jeunes aux jolis visages. Elle étudiait leurs toilettes, les manteaux pelucheux des filles, leurs bottines. Elle se comparait. Elle sentait que ses habits à elle étaient trop passe-partout, qu’ils ne suivaient aucune mode, qu’ils ne disaient rien sur elle, ou plutôt dans leur insignifiance ils disaient qu’elle n’était rien.

CELIA LEVI, LA TANNERIE

Il soupira : « Que j’aime Paris l’été. La ville est débarrassée de ses artifices, elle nous appartient, s’offre à nous, et les résistants, ceux qui restent encore malgré la chaleur, comme tel et moi, eh bien, nous pouvons en profiter, jouir de sa beauté, la redécouvrir. Il y a des passages, des endroits sombres, que l’on n’imaginerait pas.

CELIA LEVI, LA TANNERIE

Comme si d’ailleurs ile n’étaient pas seuls ! Ils soliloquent à plusieurs, ont l’illusion d’un dialogue, d’une parole partagée, du grand tout. Le collectif c’est la pire des illusions. Au moins avant, ile étaient devant leur télé ou devant le comptoir à s’arsouiller, conscients de leur condition misérable, de leur solitude, et voilà maintenant qu’ils feignent de croire qu’ils sont ensemble ! qu’elle blague ! c’est désespérant ! et quel cynisme de les encourager !

CELIA LEVI, LA TANNERIE

Il y avait quelque chose de rassurant dans ce paysage laiteux, elle se disait que peut-être la mort était une brume épaisse qui vous ensevelissait en silence.

CELIA LEVI, LA TANNERIE

Elle pensait à cette poésie de la ville, le rythme des toits, du macadam, la rapidité des alignements, et la lenteur des quais, la permanence du zinc, la langueur des ponts.

CELIA LEVI, LA TANNERIE

Voilà, s’en est finie de cette très chouette aventure que fut la délibération du Prix du Roman des étudiants !

Le dépouillement s’est tenu hier, et nous connaissons maintenant le roman lauréat qui est… Chavirer de Lola Lafon ! Félicitations à elle, c’est amplement mérité ! (Au fait, j’ai voté pour elle, donc je suis ravie 😊 !)

Et toi, tu as lu La Tannerie de Celia Levi ? Qu’en as-tu pensé ? Ça t’arrive d’abandonner une lecture ?

Amandine Stuart

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