DES RÊVES DANS LA MARGE

T. J. Klune, Le Clan Bennett

LA SÉRIE

Résumé de l’éditeur

Tome 1 – Le Chant du loup

Ox a douze ans quand son père quitte le foyer familial en lui disant qu’il ne vaut rien et que les gens ne le comprendront jamais.

Il en a seize lorsqu’il rencontre Joe Bennett dont la famille vient d’emménager dans la maison du bout de la route. Joe, qui parle, parle, parle. Qui parle comme il ne l’avait plus fait depuis presque deux ans.

La vie d’Ox change alors du jour au lendemain, car les Bennett accueillent à bras ouvert cet adolescent solitaire au sein de leur famille. De leur clan. De leur meute.

Dès lors, Ox n’est plus seul et s’épanouit auprès de Joe et de ses frères. Mais il sent que des choses lui échappent : des secrets qu’on lui cache, des dangers dont on veut le protéger.

Des secrets rouge Alpha, orange Beta, violet Omega.

Des dangers surgis du passé et qui menacent désormais tout le clan Bennett…

MxM Bookmark

Fiche technique

Titre Le Clan Bennett

Auteur : T. J. Klune

Édition – Collection : MxM Bookmark – Paranormal

Âge : À partir de 17 ans

LA SÉRIE     
TitreNombre de pagesDate de parution Prix
1Le Chant du loup60016.12.201625.00€
2Le Chant du corbeau64005.12.201825.00€
3Le Chant du cœur59204.12.201925.00€
4Le Chant des Bennett59214.10.202025.00€

Mon avis

Je pense que c’est acté depuis quelque temps déjà : Je suis totalement fan de ce que fait T. J. Klune. Découvert en Mai avec Les Contes de Verania, pas un mois ne passe depuis sans que je ne me penche sur au moins un de ses livres. Rien de trop excessif jusque-là.

Mais ce mois d’Août m’a vu battre un nouveau record. Quatre romans. 2 424 pages. Et tout cela en très exactement 14 jours. Autant dire que je n’ai pas fait grand-chose d’autre que lire durant cette période… Mais alors laquelle de ses œuvres a provoqué un tel engouement chez moi au point de ne plus être capable de penser à autre chose ?… (Tu connais déjà la réponse à cette question puisque c’est le titre ^^) Eh oui, Le Clan Bennett.

C’est l’un des écrits pour lequel T. J. Klune est le plus reconnu. Un de ses premiers aussi. J’en entend parler depuis que je l’ai rencontré et je savais qu’un jour prochain moi aussi je ferai la connaissance de ce fameux clan Bennett. Mais voilà, comme d’habitude avant de me lancer dans quelque chose que je suis sensé devoir aimer voire adorer… J’avais la trouille que ce soit un flop total. Autant dire tout de suite que j’ai très vite compris que je devais arrêter de sous-estimer T. J. Klune parce que son talent ne cessera jamais de me mouliner impitoyablement le cœur.

Tu es prêt ? Parce que je t’embarque dans tout un gloubi-boulga d’émotions -de tellement d’émotions !- dont il est possible que tu ne ressortes pas indemne (c’est clairement le cas en ce qui me concerne). Te voilà prévenu.

La série dans son ensemble

« sucre d’orge, et pommes de pin, et épique, et génial »

C’est sans aucun doute possible la citation la plus célèbre du Clan Bennett. Celle sur laquelle tu tomberas directement. Et pour cause, c’est aussi celle qui résume le mieux toute la série. Ne compte pas sur moi pour te la contextualiser, parce que ça gâcherait tout.

Mais pas besoin de plus d’infos pour comprendre que comme je l’avais expliqué dans mon avis sur La Maison au milieu de la Mer céruléenne, T. J. Klune est un maître pour ce qui est d’écrire l’amour. Et pas seulement l’amour présent dans un couple (bien qu’il le fasse aussi excellemment bien), non non, il y a bien plus que ça. C’est aussi l’amour familial, l’amour fraternel, l’amour laid et l’amour qui transcende, l’amour dont on ne veut pas mais on n’a pas le choix, l’amour auquel on ne s’attendait pas ou celui qu’on espérait -qu’on attendait- depuis toujours, l’amour immortel qui ne disparaîtra jamais vraiment, l’amour doux et serein, l’amour violent et chaotique, l’amour toujours douloureux, l’amour qui se transforme et évolue pour devenir quelque chose de surprenant et de bénéfique, l’amour secret et l’amour public. L’amour. Avant de rencontrer T. J. Klune je n’avais pas conscience que ce simple mot qu’on utilise tout le temps pouvait avoir autant de nuances et de formes. Et même si T. J. Klune a tendance à déposer une jolie couche de « sucre d’orge » à la surface de ses histoires d’amour, ce qui se trouve en dessous est souvent loin d’être aussi scintillant que ça en a l’air…

J’en profite d’ailleurs pour faire une rapide petite précision : T. J. Klune écrit uniquement des romances MxM (entre deux hommes). Les quatre tomes du Clans Bennett ne dérogent pas à cette règle. Et j’ajouterai aussi que cette série est à classer dans le genre New Adult, c’est-à-dire qu’elle est accessible à des lecteurs à partir de 17 ans. La raison ? Chaque roman contient une scène de sexe explicite… Je voulais juste préciser ces deux points pour qu’il n’y ait pas de déconvenue – et maintenant que c’est fait, je continue sur ma lancée !

Je te parle d’amour depuis tout à l’heure, mais je me rends compte que ce n’est pas assez large. Parce que de manière beaucoup plus générale et universelle, Le Clan Bennett est juste un condensé de sentiments. Des sentiments arc-en-ciel qui ne cessent de nous habiter et de nous imprégner. Bleu tristesse, vert espoir et soulagement, violet colère, or jalousie, rouge douleur, noir haine. Toute cette polychromie n’est pas juste une manière poétique d’exprimer l’intériorité des personnages, c’est aussi le meilleur moyen de figurer des ressentis complexes avec tellement plus de limpidité que des descriptions longues de plusieurs paragraphes.

Mais ne vas surtout pas croire que cette tétralogie n’est que guimauve et paillettes, parce que ce serait une grossière erreur ! C’est aussi une véritable histoire de guerre et de batailles. Tout est loin d’être rose et l’on se retrouve avec de grandes scènes violentes et difficiles. T. J. Klune n’épargne personne, que ce soit ses personnages qui ne sont pas l’abri de mourir ou d’être sérieusement blessés et en souffrance, ou son lectorat qui se prendra la dure réalité en pleine face : son auteur préféré est en réalité capable des pires atrocités et peut à tout moment lui transpercer le cœur sans aucun scrupule. (Est-ce que ça sent suffisamment le vécu, là ?)

« putains de loups-garous »

C’est maintenant que ça devient très sérieux. On ne rigole plus. Je vais te poser la question existentielle la plus importante de toute. Attention… Prêt… Team Edward ou team Jacob ? Je sais que c’est un débat qui fait toujours rage, alors viens le faire vivre en commentaires !

Moi je l’avoue sans peine, j’ai toujours été team Edward. La figure du vampire m’a toujours plus attirée. Parce qu’on ne va pas se mentir, malgré le côté psychopathe du type, un vampire reste sacrément sexy. Alors qu’un loup-garou… C’est tout de suite moins palpitant. (De mon point de vue en tout cas.)

Tout ça pour dire que si l’idée d’entamer une série centrée sur des métamorphes ne me rebutait pas, je n’étais pas non plus hyper enthousiaste. Autant dire que mon a priori n’était que ça : un a priori – qui m’est vite passé.

Il n’y a aucun spoiler dans ce que je suis en train d’écrire puisque même si ce n’est pas dit explicitement dans le résumé, c’est tout de même très fortement sous-entendu… Et le titre et la couverture ne laissent pas trop de place au doute.

Donc oui, Le Clan Bennett met en scène des loups-garous.

Et c’est là que la qualité de cette série augmente d’un niveau. En faisant que ses protagonistes ne cessent d’osciller entre leur état sauvage et humain, le premier pouvant à tout moment prendre l’ascendant sur le deuxième, T. J. Klune nous donne une magnifique leçon d’humanité. On se rend très vite compte que malgré les apparences, les loups-garous sont les plus humains de tous les humains. Aucune moralisation là-dedans, simplement une démonstration effectuée de main de maître (encore une fois) et en douceur pour nous faire admettre l’évidence (si certains avaient encore des doutes là-dessus) : le monde va mal et ne veut pas entendre ceux qui seraient aptes à ralentir sa chute. Les Bennett sont un exemple. Un véritable exemple de bon sens.

Ce qui n’en fait pas des saints irréprochables, exempts de tout péché ou à la mortalité parfaite… Loin de là ! Ils font des erreurs (tellement d’erreurs !). Constamment. Et même plus que ça : ils n’apprennent pas toujours de leurs erreurs et continuent de tomber dans les mêmes travers. Mais c’est précisément ce qui les rend si humains. Parce que je ne peux pas affirmer avec certitude que je n’aurais fait exactement la même chose si je n’avais pas vécu les mêmes épreuves.

Et c’est aussi cette humanité et ces imperfections qui font d’eux des êtres si attachants, attachiants certes, mais attachants surtout. Je rêve de faire partie de cette famille, de cette meute, même si ce n’est que pour une journée, juste pour voir et ressentir ce que ça fait. Je veux leur bienveillance, leur passion et leurs fêlures. Mais surtout, surtout, je veux continuer de rire avec eux (ou d’eux, suivant la situation). Parce que oui, encore un point à ajouter à la déjà longue liste des choses qui font que Le Clan Bennett est une petite pépite : l’humour. C’est juste tellement drôle ! Et cocasse, et rafraîchissant, et… En fait, c’est le genre d’humour qui installe immédiatement et à tous les coups un grand sourire sur ton visage et te met de bonne humeur.

« meute meute meute »

Au risque de me répéter, Le Clan Bennett est avant tout une histoire de famille. De la famille en général. De celle qu’on a et de celle qu’on se choisit. Donc oui, les liens du sang ont une importance capitale dans le récit, mais on apprendra vite que ces fameux liens sont loin de se résumer à ça. Parce que si notre objectif est d’abord rivé sur Joe, Kelly et Carter, les trois frères de la famille, de la meute, notre vision périphérique s’éclaircit pour nous faire voir une immense toile d’araignée. Un réseau qui relierait bien plus de personnes et d’évènements que ce qu’on aurait pu imaginer au commencement de la série.

Et peut-être que cette histoire qui, comme toujours avec T. J. Klune, parait simple au début va prendre une dimension tout à fait différente et montrer des enjeux auxquels nous étions loin de nous attendre. Peut-être même qu’on y traite de choses aussi gigantesques que des prophéties, des héritages trop lourds et des sacrifices. Qui sait ?…

En tout cas, ce qui est certain, c’est que tant que tu n’auras pas découvert toutes les profondeurs que Le Clan Bennett cache, il te sera impossible de saisir pleinement l’intensité des relations qui unissent ces personnages. Ces frères, ces magnifiques frères qui ne pourraient pas mieux définir ce terme à eux seuls. Il faut le lire pour le croire. Alors vas-y, qu’est-ce que tu attends ?

Un court ressenti sur chaque tome

Pour te donner un avis un petit peu plus individuel, voici de façon très courte (ou du moins la plus courte possible) ce que j’ai pensé et ressenti pour chaque tome.

1 – Le Chant du loup : Peut-être que, d’une certaine façon, ce premier tome te déconcertera. En particulier au début. Mais crois-moi quand je te dis que tout comme Ox, tu seras incapable d’opposer la moindre résistance une fois que tu auras rencontré Joe. Pour être tout à fait exacte : tu n’en auras même pas envie. Ce que tu voudras, en revanche, c’est accélérer le débit des informations qui arrivent au compte-gouttes. Tu sentiras que l’on te cache des choses, mais ce sentiment de flou sera dissipé à partir du moment où la deuxième moitié du roman sera entamée. C’est là que les choses vont prendre un tournant différent, une intensité supérieure. Un événement va tout faire basculer, et à partir de là plus rien ne sera plus jamais pareil.

Mais le point de ce roman qui m’a certainement le plus perturbée est le temps durant lequel nous suivons les personnages. En 640 pages il s’écoule un peu plus de 10 ans de leur vie. Pour autant, tu n’auras pas l’impression d’aller trop vite ou de louper des choses. Et tout cela encore grâce à la force de T. J. Klune qui sait retranscrire les émotions et les sentiments (oui, toujours eux) d’une main de maître. Autre chose qu’il fait excellemment bien ? Faire évoluer la relation entre Ox et Joe et nous en montrer les moindres recoins, même les plus moches. Qu’est-ce que je les aime tous les deux ! Tu ne peux pas savoir. Enfin voilà : Un tome dense qui pose parfaitement les bases de ce qui ne fera qu’évoluer par la suite, tout en illustrant parfaitement tout ce que représente cette série.

2 – Le Chant du corbeau : Franchement, j’avais de gros doutes en voyant quel personnage nous allions suivre dans cette suite. Et encore une fois, il faut que j’arrête de m’en faire pour ce qui est de T. J. Klune. Parce que je crois bien que ce deuxième tome est mon préféré de tous. Pas de beaucoup, hein, parce qu’ils sont tous géniaux. Mais… Je ne sais pas comment le dire… Celui-ci à une saveur en plus, quelque chose, qui fait que je le place très légèrement au-dessus des autres.

L’histoire entre les deux personnages principaux m’a toute chamboulée. (Encore ma tendance à apprécier les mecs sombres et mystérieux. Il paraît que ça se soigne. Mais pas sûre que j’en ai envie.) Et même si le premier quart du roman aurait pu être ennuyeux et rébarbatif, notamment parce que ce ne sont que des flash-backs, ce fut loin d’être le cas. Au contraire, ça m’a permis de comprendre toute la complexité qui entoure l’histoire entre ces fameux personnages. Pour le dire vite : Une magnifique suite, plus sombre et très intense, qui m’a fait vibrer.

3 – Le Chant du coeur : Pour le coup, autant le dire directement : Si le second tome se situe légèrement au-dessus des autres dans mon cœur de lectrice, le troisième est sans aucun doute celui qui m’a le moins embarquée. Mais encore une fois, ce n’est qu’une petite note en-dessous. Pourtant ce tome est aussi intense que les autres, voir plus, avec toutes les épreuves qu’il fait vivre aux personnages. Sauf que je pense que ce sont justement les personnages qui ont fait que cette lecture fut moins incroyable que les autres. Ne te méprends pas : Je les aime. J’aime Kelly et l’autre-garçon-dont-je-ne-peux-pas-prononcer-le-nom-au-risque-de-te-spoiler. Vraiment. Mais j’y suis tout simplement moins attachée. Et ce depuis le début. C’est une question d’affinité. Et ce n’est pas grave. Parce qu’encore une fois, ce qu’ils vivent dans ce tome est juste inqualifiable.

Pour être tout à faire claire : J’ai mis une centaine de pages à comprendre ce qu’il se passait vraiment, jusque-là je croyais avoir atterri dans une sorte d’univers parallèle où rien ne semblait à sa place et où tout était désaxé. J’étais dans un état de malaise profond et était sérieusement en train de me demander ce T. J. Klune avait bien pu fumer pour écrire un truc pareil. Quand tout à coup, ça m’a frappée. En pleine face. Et j’ai dû m’arrêter pour respirer, réfléchir intensément et finalement me dire que j’étais un peu maso sur les bords et que la fatigue me faisait dérailler le cerveau. Que je ferai mieux d’aller me coucher fissa. Mais une vingtaine de pages plus tard, mes craintes se sont révélées vraies. Ce n’était pas encore dit clairement mais à ce niveau-là ça ne pouvait plus être autre chose. Alors je me suis encore arrêtée et j’ai passé les 10 minutes suivantes à me demander si T. J. Klune était un horrible génie ou un magnifique sadique. Je n’ai toujours pas de réponse à cette question, qui se situe certainement quelque part entre ces deux propositions.

Quoi qu’il en soit, c’était affreux et ça m’a fait mal. Physiquement mal. Et quand j’ai fini par retrouver les repères de l’histoire auxquels j’étais habituée, ça a été mieux. Mais cette histoire fut tout de même particulièrement dure à vivre.

Enfin voilà, il faut que j’arrête de m’épancher, donc je terminerai en te disant que ce troisième tome m’a profondément touchée par sa brutalité et toute l’énergie qui est mise à tenter de réparer les choses. Parce qu’au milieu de tout ça, il restait une énormissime dose de douceur et d’amour qui ont permis d’atténuer les souffrances. Et ça, c’est loin d’être négligeable. (Oh, et je ne parlerai pas de cette fin parce que sinon on ne serait pas couchés ce soir, mais sache juste que… Boum !)

4 – Le Chant des Bennett : Comment écrire ça sans que tu te dises que je suis la leader d’une secte vouée au culte de T. J. Klune ? Je ne sais pas. Alors je vais le poser très simplement : J’avais de grandes espérances pour cette conclusion. Elles ont largement été dépassées. Carter m’a surprise. Beaucoup. Vraiment. Et je savais depuis longtemps que l’autre-personnage-principal-dont-je-ne-peux-toujours-pas-prononcer-le-nom-au-risque-de-te-spoiler allait m’éblouir et accomplir de grandes choses. Je ne m’étais pas trompée. Et en même temps si. Parce que je n’ai encore pas été assez ambitieuse. Quelque part, tant mieux, puisque ça m’a permis de faire une overdose de sentiments. Donc, encore une fois et sans aucun étonnement, c’était génial et magnifique et tendre et bouleversant et incroyable. Rien à dire.

En bref

En bref, la série Le Clan Bennett de T. J. Klune est un condensé d’amour, d’humour, de batailles… Et de juste tellement d’émotions que s’en est presque indécent ! À lire d’urgence, pour les avertis comme les néophytes du genre fantastique, parce que tout ce qu’il y a à retenir ici c’est que tu n’es pas prêt pour ce que te réservent Joe, Kelly, Carter, Ox, Gordo, Mark, Elizabeth, Thomas et tous les autres. Alors laisse-toi tenter, parce que je t’assure que cette histoire t’embarquera dans des endroits dont tu n’avais même pas soupçonné l’existence.

Ma note

Les 8 citations

Voici donc deux citations par tome, garanties 100% sans spoilers, évidemment !

- Bonjour, madame Callaway, dit-il. Ces fleurs sont pour vous.

Je gémis.

- Merci, Joe, répondit ma mère en se retenant de rire. C’est ce que j’ai dit il y a dix minutes quand tu me les as offertes, avant que tu t’assoies ici et que tu me dévisages en attendant le retour de Ox.

- C’est vrai. De rien. En parlant de Ox, je suis venu pour discuter de lui avec vous.

- Tu portes un nœud papillon, dis-je inutilement.

Il jeta un coup d’œil dans ma direction.

– Maman a dit que je devais me mettre sur mon trente et un pour ça.

J’entendis un petit ricanement à travers la fenêtre ouverte au-dessus de l’évier.

Et je sus.

Je m’approchai de la fenêtre et regardai dehors.

Là, assis sur l’herbe, se tenaient le reste des Bennett.

Putains de loups-garous.

– Bonjour, Ox, dit Elizabeth sans une once de honte. Belle journée, n’est-ce pas ?

– Je réglerai tout ça avec vous plus tard, répondis-je.

– Ooh, intervint Carter. Tu viens juste de me donner des frissons.

– Nous sommes uniquement là en soutien, dit Kelly. Et pour nous moquer de l’embarras de Joe.

– J’ai entendu ! s’écria celui-ci derrière moi.

Je me tapai la tête contre le rebord de la fenêtre.

– Maggie, dit Joe. Puis-je vous appeler Maggie ?

– Bien sûr. Tu peux m’appeler Maggie.

Tout ça semblait fortement amuser ma mère. La traîtresse.

– Bien, dit Joe, de toute évidence soulagé. Est-ce que vous connaissez Ox, ici présent ?

– J’ai entendu parler de lui.

– D’accord.

Joe jeta un coup d’œil sur sa note avant de regarder à nouveau ma mère.

– Il arrive un moment dans la vie de tout loup-garou où il est en âge de prendre certaines décisions pour son avenir.

Je me demandai si lui jeter quelque chose dessus le distrairait assez longtemps pour que je puisse le traîner hors de la cuisine. Je jetai un coup d’œil par-dessus mon épaule, vers la fenêtre. Carter me fit « coucou ! » de la main. Le salaud !

– Mon avenir, déclara Joe, c’est Ox.

Ah Seigneur, comme c’était douloureux !

– Vraiment ? demanda ma mère. Comment le sais-tu ?

– Il est très gentil, dit Joe avec sérieux. Et il sent bon. Et il me rend heureux. Et je ne veux rien d’autre que de poser ma bouche sur lui.

– Tant pis, dit Thomas. On a essayé.

– C’est notre petit flocon de neige, lui répondit Elizabeth.

– Tu veux quoi ? demandai-je à Joe, incrédule.

Il grimaça.

– Je ne voulais pas le dire comme ça.

Il transpirait bien plus abondamment maintenant, alors qu’il regardait à nouveau ma mère.

– Je veux faire la cour à votre fils.

– Qu’est-ce que ça veut dire ? demanda-t-elle.

– Ça veut dire que je veux subvenir à ses besoins pour lui prouver ma valeur, dit Joe. Et ensuite, une fois qu’il aura accepté d’être à moi, je le monterai, puis je le mordrai et tout le monde saura que nous nous appartenons.

Ma respiration se fit horriblement sifflante.

– Joe, l’interpella Elizabeth depuis la fenêtre. Ne parle peut-être pas encore de cette partie-là. Ni jamais.

– D’accord, dit Joe en tirant sur son nœud papillon comme s’il était trop serré. Oubliez cette dernière partie.

– Je ne sais pas si je vais pouvoir, dit ma mère en nous regardant à tour de rôle.

– Monter ? parvins-je à dire. De tout ce que tu aurais pu dire, tu as choisi monter ?

– Je suis nerveux ! s’écria Joe. C’est pas ma faute ! C’est le seul truc que j’ai trouvé !

– Tu l’as écrit, lui sifflai-je.

– Je veux dire, intervint ma mère, tu as lancé ça comme si ce n’était rien.

J’ignorai les rires étouffés derrière moi.

– D’accord, dit Joe. Réessayons. Salut, Maggie. Comment vas-tu ? Ces fleurs sont pour toi. Je trouve que ton fils est la chose la plus merveilleuse au monde.

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.01 : Le Chant du loup

– Je voulais rentrer chez moi, Ox. Tout ce que je voulais faire, c’était rentrer chez moi, parce que sans toi, je n’ai pas de chez moi.

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.01 : Le Chant du loup

– Mark, dit Joe.

– Arrête.

– Je n’arrivais pas à deviner ce que c’était. Pourquoi il semblait être avec nous, tout en ne l’étant pas. Il y a un signal. C’est chimique. C’est le parfum de ce qu’on ressent. C’est comme si on… transpirait nos émotions. Et il était heureux, et il riait. Il pouvait être en colère. Il était silencieux et bourru. Mais il y avait toujours du bleu en lui. Juste… du bleu. C’était comme quand ma mère traversait ses phases. Parfois elle était pleine de vie. Parfois elle rageait. Elle était féroce et fière et épuisée. Mais ensuite tout était bleu, et je ne comprenais pas. C’était azur et indigo et saphir. C’était prussien et royal et ciel. Et puis c’était minuit, et j’ai compris. Mark était minuit. Mark était triste. Mark était bleu. Et cela faisait partie de lui depuis aussi loin que remontaient mes souvenirs. Peut-être que ça avait toujours été là et que je ne l’avais simplement pas vu. Mais puisque je ne parlais plus par peur de crier, j’ai regardé. Et je l’ai vu. C’est avec nous maintenant. Dans notre peau. Je le vois en toi, mais c’est enfoui sous toute la colère. Toute la rage.

— Tu ne sais pas de quoi tu parles, dis-je, les dents serrées.

— Je sais, répondit-il. Après tout, je ne suis qu’un gamin à qui on a tout pris. Qu’est-ce que je peux bien comprendre à la notion de perte ?

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.02 : Le Chant du corbeau

– Gordo, dit-il, semblant légèrement amusé comme il l’était toujours quand il prononçait mon nom.

– Mark, répondis-je, regardant droit devant moi avec résolution.

Ox et Joe soupirèrent à l’unisson, en […] insupportables qu’ils étaient.

– Bonne journée ?

– Oui. La tienne ?

– Aussi.

– Bien.

– Super.

– Crétins, marmonna Joe.

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.02 : Le Chant du corbeau

Quand je rêvais, ces traits de lumière filtraient à travers les arbres d’une vieille forêt. J’étais à l’abri là-bas. Je ne savais pas pourquoi je le savais.

Je le savais, c’est tout.

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.03 : Le Chant du coeur

Il dit « Hé », et « Salut », et « Bonjour » et je sus que je ferais tout ce qui était nécessaire. Il n’avait jamais cessé de se battre pour moi. Je devais faire la même chose. Pour lui. Pour moi.

Pour nous.

J’appuyai mon front contre le sien, l’inspirant, et c’était herbe, lac et tellement de soleil.

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.03 : Le Chant du coeur

– Je suis tout proche.

– Du précipice ?

– De lui.

– Il y a une différence ?

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.04 : Le Chant des Bennett

Que nos chants soient toujours entendus.

T. J. Klune, Le Clan Bennett – T.04 : Le Chant des Bennett

Le mot de la fin

Eh bah dis donc ! Ça c’est ce qu’on appelle une longue chronique !

J’y ai mis tout mon cœur et mon énergie à essayer de te transmettre tout l’attachement et l’intensité des sentiments que je ressens pour Le Clan Bennett. J’espère sincèrement y être parvenue, même un tout petit peu.

Et maintenant c’est à ton tour de t’exprimer ! Tu connais T. J. Klune et Le Clan Bennett ? Tu les aimes autant que moi ? (Tu as le droit de répondre « non », je ne t’en voudrais qu’à 98%. Je plaisante, bien sûr ^^) Ou bien est-ce que mon article t’a donné envie de les découvrir ? Dis-moi tout en commentaires !

En attendant de lire ton retour, je te souhaite une très belle fin de journée et te dis à bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

P.S. : Moi c’était ma rentrée aujourd’hui. Et comment dire que je suis à la fois ravie de retrouver les bancs de la fac après un an et demi en distanciel, et en même temps un peu triste de dire au revoir aux vacances. Mais je ne vais pas jouer les rabat-joie, en vrai je suis ravie. Surtout que cette journée de reprise s’est résumée à 1h30 de Rhétorique… Autant dire que je n’ai pas de quoi me plaindre ! (Pas sûre que je dirais pareil en entrant dans la salle de Latin à 8h30 demain matin… Mais ça ce sera à voir en temps voulu !)

P.P.S. : Si tu as raté l’info, il te reste encore quelques jours pour PARTICIPER AU CONCOURS que j’organise pour tenter de gagner un (ou deux) romans de ma bibliothèque… Ce serait peut-être dommage de passer à côté, non ?…

Bon, cette fois je te laisse pour de vrai !

Bye !!

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