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Chronique Lecture | Mémoires de la Forêt – T3 : L’Esprit de l’Hiver, de Mickaël Brun-Arnaud & Sanoe

Couverture du livre L'Esprit de l'Hiver, le tome 3 de la série Mémoires de la Forêt de Mickaël Brun-Arnaud & Sanoe.

Précédemment dans la série

Résumé du Tome 3 des Mémoires de la Forêt

L’hiver et son manteau se sont posés sur la forêt, et le jeune Bartholomé Renard ne saurait être plus impatient : dans quelques jours, ses parents, Pimprenelle et Séraphin, reviendront de leur périple dans le Grand Nord pour les festivités de Yule ! Mais, une fois sur le quai de la gare et la foule dispersée, nulle trace du couple d’explorateurs. Déterminés à les retrouver, Bartholomé et son oncle Archibald s’embarquent à bord du mythique train à vapeur l’Étoile de Bellécorce. D’inquiétantes légendes circulent à propos de son terminus, qu’un esprit sanguinaire hanterait… Alors que les événements étranges se succèdent, le détective en herbe fait la connaissance d’un mystérieux passager clandestin. Or, celui-ci pourrait bien détenir des informations cruciales sur le sort de Pimprenelle et Séraphin… 

Éditions L’École des Loisirs

Fiche technique

Titre Mémoires de la Forêt – T3 : L’Esprit de l’Hiver

Auteur : Mickaël Brun-Arnaud

Dessinatrice : Sanoe

Édition – Collection : L’École des Loisirs – Neuf

Nombre de pages : 344

Date de parution : 04.10.2023

Âge : À partir de 9 ans

Prix : 15.50€

Remarque : J’ai lu ce livre dans le cadre de l’édition 2023 du Cold Winter Challenge.

Mon avis sur le Tome 3 des Mémoires de la Forêt

En septembre dernier je découvrais le premier tome de cette formidable série que sont les Mémoires de la Forêt de Mickaël Brun-Arnaud, et je m’étais alors lancé le petit challenge personnel de réussir à découvrir les deux autres tomes au cours des prochaines saisons. Je me suis alors plongée dans le Tome 2, Les Carnets de Cornélius Renard, cet automne… Et il était donc inenvisageable que je laisse passer le mois de février sans avoir retrouvé mon cher Archibald Renard et ses amis dans le Tome 3 : L’Esprit de l’Hiver.

Et si j’avais trouvé le second tome légèrement en dessous du premier (la faute à un schéma narratif trop ressemblant), il m’est vite apparu que ce troisième opus allait se détacher des deux précédents et prendre une place toute particulière dans mon cœur de lectrice.

Capture d'écran d'une illustration du Tome 3 des Mémoires de la Forêt, représentant des flocons de neige, pour illustrer ma chronique.

Nous retrouvons donc la maison aux glycines de la famille Renard qui s’est confortablement installée pour passer l’hiver en dégustant en toute tranquillité les réserves faites pendant l’année écoulée. Jusqu’au moment où, à quelques jours de la fête de Yule, Pimprenelle et Séraphin Renard -les parents de Bartholomé, le neveu d’Archibald- ne descendent pas du train qui devait les ramener à la maison après des mois de voyage.

Pris d’un mauvais pressentiment, Archibald et Bartholomé vont alors embarquer au sein de l’Étoile de Bellécorce, un train à vapeur chic et fastueux (qui n’est pas sans rappeler notre célèbre Orient-Express) qui va les conduire dans les contrées les plus reculées à la rencontre de nombreux personnages qui -qui sait ?- pourraient les aider à retrouver les parents de Bartholomé… Et leur feront vivre par la même occasion une aventure mémorable.

L’Esprit de l’Hiver

Comme je le disais plus haut, j’ai été pleinement charmée par ce Tome 3 des Mémoires de la Forêt, qui s’est clairement imposé comme le meilleur de la série à mes yeux. Et même si je m’escrime à trouver quel est l’ingrédient qui a fait s’élever cette lecture si haut dans mon cœur, j’avoue que je n’arrive pas à le saisir.

Peut-être que cela tient dans la maîtrise générale dont fait montre Mickaël Brun-Arnaud, qui manie son intrigue de bout en bout, nous prend par la main, nous entraîne dans son histoire aux personnages incarnés aussi attachants que caractérisés, pour finalement nous offrir une conclusion aussi belle et touchante qu’inattendue et parfaite.

Peut-être que cela se trouve plutôt dans l’ambiance si chaleureuse et cosy qui nous ouvre les bras pour nous étreindre dans un câlin aussi doux et fondant que la guimauve que les animaux de la forêt aiment mettre dans leur chocolat chaud. Boisson qui sera d’ailleurs partagée avec ceux qui en ont besoin, parce que ce qui domine par-dessus tout les Mémoires de la Forêt c’est ce goût de tendresse et d’amour.

Capture d'écran d'une illustration du Tome 3 des Mémoires de la Forêt, représentant un plateau de goûter avec une tasse de chocolat chaud et des pâtisseries, pour illustrer ma chronique.

Ce qui n’exclut cependant pas les thématiques et les réflexions plus sombres de venir agrémenter ce périple, créant ainsi un équilibre parfait de ce qui fait… la vie, tout simplement. Alors il serait bien illusoire de croire pouvoir ressortir de cette lecture comme on y est entré – parce qu’elle nous bouscule, nous surprend là où on ne l’attend pas pour finir par nous mettre une claque en pleine figure, par nous enserrer le cœur et nous piquer les yeux, nous laissant avec un grand sentiment de nostalgie heureuse au creux du ventre.

Ou bien peut-être que cela réside dans quelque chose de plus formel. La plume de Mickaël Brun-Arnaud qui a le goût et le sens des mots, qui sait les choisir et les placer de telle façon qu’il est impossible de ne pas se rendre compte que l’on se trouve devant un vrai talent d’auteur. Il joue avec les mots, les sons, les expressions pour créer des phrases sublimes, pleines de poésie et d’intelligence, et pourtant pas déniées d’un humour piquant tout à fait réjouissant. On s’en délecte d’ailleurs tant et plus que nous sommes pris d’un émerveillement supplémentaire lorsque nous croisons, au détour des pages, les si belles illustrations de Sanoe qui arrive avec toujours autant de justesse à retranscrire l’essence de cette histoire grâce à son trait expressif et à ses couleurs si harmonieuses et chaleureuses.

Et finalement, peut-être que c’est un mélange de tout ça qui rend ce Tome 3 des Mémoires de la Forêt si unique et merveilleux. Mais au fond, le comment et le pourquoi ne sont pas vraiment ce qui importe. Tout ce qu’il faut retenir, c’est qu’il faut courir se jeter à la rencontre des habitants de Bellécorce si ça n’est pas encore fait !

En bref

En bref, L’Esprit de l’Hiver, le Tome 3 de la série des Mémoires de la Forêt de Mickaël Brun-Arnaud & Sanoe est sans conteste le meilleur roman que l’auteur nous ait offert jusqu’à présent. Il a pris une place toute particulière dans mon cœur de lectrice et restera pour longtemps encore l’une de mes références en matière de lecture hivernale. Un vrai régal de lecture !

Ma note

Ma note : 17/20

La citation du Tome 3 des Mémoires de la Forêt

L’avantage, quand on a cinquante-cinq enfants, songeait Virgule Rat, la responsable de la Bibliothèque de Hautsapin, occupée à classer des documents sur son minuscule secrétaire, c’est qu’on a aussi cinquante-cinq paires de pattes pour nous aider à accrocher les décorations de l’arbre de Yule ! L’inconvénient, pensa-t-elle ensuite en voyant son époux essayer de rattraper les ratons qui sautaient en rappel du sommet pour s’amuser, c’est qu’il faut faire cinquante-cinq fois plus d’efforts pour les empêcher de se rompre le cou…

– Nerval, veux-tu bien descendre de cette guirlande ? Tu vas finir par t’entortiller ! Corbière, éloigne-toi de cette bougie, tu vas te brûler les sourcils ! Verlaine, arrête de lancer des pommes de pin sur Rimbaud, ça va mal finir ! criait Alexandrin Rat à ses enfants qui couraient frénétiquement autour du résineux. Baudelaire, je ne suis pas sûr que Les fleurs du mâle soit une belle idée de broderie… Quelqu’un a vu votre frère aîné ? Dico, tu nous rejoins pour décorer le sapin ? Dico ? Où est ce qu’il a bien pu encore passer, nom d’un fromage ?

Virgule posa sur sa famille un regard attendri. Quand la rate avait rencontré Alexandrin, elle avait tout de suite compris qu’ils partageaient l’amour de la poésie, des livres et du parfum de la cire d’abeille qu’on appliquait sur les étagères. S’ils avaient vécu modestement durant leur jeunesse, leurs rimes n’avaient jamais cessé de s’enrichir au travers de leurs différents voyages à travers les comtés. Mais lorsque Virgule avait mis bas sa cinquième portée en seulement deux ans, le couple avait compris qu’il était temps de creuser un grand, grand terrier avec cinquante-six chambres à coucher pour s’y établir. À l’été, la décision était prise : Alexandrin resterait à la maison pour s’occuper des ratons pendant que Virgule se consacrerait au poste de responsable que l’Association des bibliothécaires passionnés de la forêt lui avait proposé à Hautsapin.

Mickaël Brun-Arnaud & Sanoe, Mémoires de la Forêt – T3 : L’Esprit de l’Hiver

Le mot de la fin

J’ai cru comprendre que Mickaël Brun-Arnaud était en train de finaliser l’écriture du quatrième et ultime tome de la série, pour une publication qui serait prévue en fin d’année… J’ai terriblement hâte, et en même temps je sens déjà venir le petit coup au cœur qui nous vient à chaque fois que l’on doit dire au revoir à un univers aussi marquant que celui-ci.

Viens me dire en commentaires si tu es toi aussi tombé sous le charme des Mémoires de la Forêt, et quel est ton tome favori de la série !

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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