Des rêves dans la marge

Des lectures variées et des avis sincères

Chronique Lecture | Yoko Ono, de Julia Kerninon

Couverture du livre Yoko Ono de Julia Kerninon

Résumé de Yoko Ono de Julia Kerninon

“Les hommes la trouvent insupportables mais elle nous rappelle que nous avons d’autres buts qu’être supportées”.

Elle est connue dans le monde entier pour avoir été l’épouse de John Lennon. On lui a reproché la séparation des Beatles, voire la mort du chanteur, on a dit qu’elle était la femme la plus détestée du monde. Plasticienne, performeuse, musicienne, cinéaste… Yoko Ono est surtout l’une de nos plus grandes artistes contemporaines.

Julia Kerninon fait d’elle l’héroïne de cette monographie poétique, en retraçant son parcours et ses œuvres.

Éditions de L’Iconoclaste

Fiche technique

Titre Yoko Ono

Autrice : Julia Kerninon

Édition – Collection : L’Iconoclaste – L’Iconopop

Genre : Poésie

Nombre de pages : 98

Date de parution : 05.10.2023

Âge : À partir de 14 ans

Prix : 14.00€

Mon avis sur Yoko Ono de Julia Kerninon

Après Choses Dites de Nancy Huston le mois dernier, j’ai récemment poursuivi mon exploration de la collection poétique de l’Iconopop en me penchant cette fois-ci sur Yoko Ono de Julia Kerninon, une autrice que j’étais curieuse de découvrir, n’entendant que du bien de son travail.

Yoko Ono racontée par Julia Kerninon

Et ce fut aussi pour moi l’occasion de découvrir Yoko Ono, cette femme dont je ne savais finalement rien excepté les fameux “c’était la femme de John Lennon” et “elle est la responsable de la séparation des Beatles” (autant dire que ça ne dit pas grand-chose -pour ne pas dire rien- de sa personne).

C’est certainement mon ignorance qui a fait que ce livre a été aussi impactant pour moi, au point de frôler le coup de cœur. J’ai découvert une femme incroyable et inspirante. Une femme qui s’est toujours émancipée, qui s’est toujours tenue en dehors de toute convention et de tout ce qu’on pouvait attendre d’elle en dépit des conséquences et du qu’en-dira-t-on. Une femme pour qui la liberté a toujours été une ligne conductrice. Une femme aux multiples casquettes, aussi : à la fois performeuse, musicienne, écrivaine, cinéaste, instigatrice d’une nouvelle vague d’art contemporain et femme d’affaires redoutable… Une artiste au sens le plus pur, qui s’enfermait dans son studio pendant que ses maris s’occupaient des enfants.

Photographie de Yoko Ono lors de sa performance “Cut Piece”, en 1965
Yoko Ono lors de sa performance “Cut Piece”, en 1965

À côté d’elle, une paire de ciseaux.

La consigne est donnée aux spectateurs de venir chacun leur tour

découper ce qu’elle porte, mais personne

ne sait ce qu’il conviendra de faire

une fois tous les vêtements mis en pièces.

C’est l’une des premières performances de l’histoire de l’art.

Personne n’a encore jamais vu ça.

Cette simplicité et pourtant aussi cette intensité.

Comment est-ce que ça peut être aussi déroutant

une jeune femme qui regarde à travers toi

et te tend une arme blanche en t’invitant à suivre ton instinct ?

Julia Kerninon, Yoko Ono

C’est tout cela et bien plus encore que nous raconte Julia Kerninon sur la vie de Yoko Ono, de son enfance au sein d’une famille castratrice très aisée du Japon, à son émancipation quitte à vivre dans la pauvreté, en passant par son parcours artistique fascinant et pas toujours compris, ses vies conjugales avec ses trois maris, son non-désir de maternité, ses passions, ses provocations, la mort de John Lennon… Nous balayons tout ça, entrecoupé de nombreux poèmes-interludes qui nous décrivent certaines de ses œuvres – ce qui est probablement l’une des particularités du livre qui m’a le plus séduite.

En bref

En bref, Yoko Ono de Julia Kerninon est un livre court mais intense. Une petite claque poétique et littéraire éminemment inspirant que je te recommande chaudement !

Ma note

Ma note : 17/20

La citation de Yoko Ono de Julia Kerninon

Posé sur une table blanche encadrée de deux chaises blanches,

un jeu d’échecs entièrement blanc lui aussi

sur lequel deux adversaires sont invités à jouer

aussi longtemps qu’ils parviennent à se rappeler

quelles pièces leur appartiennent. Dès qu’ils s’y perdent

la partie est terminée. Et les pièces immaculées, mêlées,

apparaissent alors pour ce qu’elles sont – de simples sculptures,

le rappel que le jeu ne vaut pas l’enjeu. C’est une œuvre très simple

sur la guerre, sur l’inutilité de la guerre, l’absurdité de la guerre.

Spectateurs-colonels insomniaques devant une carte d’état-major

baissant les bras, rendant les armes, repoussant leur chaise en riant

avant de sortir boire un verre au soleil couchant

– mais pas seulement.

Pas seulement la guerre. Les trente-deux pièces

soulèvent une seconde question, plus intime et plus complexe :

Comment fait-on

quand on est devenu incapable

de distinguer son adversaire

de soi-même ?

Julia Kerninon, Yoko Ono

Le mot de la fin

Cette lecture forte n’a pas été sans me rappeler celle de Décomposée de Clémentine Beauvais par laquelle j’avais découvert cette collection que j’aime tant aujourd’hui. Celle-ci avait d’ailleurs été un gros coup de cœur qui a toujours une place de choix dans ma bibliothèque.

Couverture du livre Décomposée de Clémentine Beauvais
Clique sur la couverture pour voir ma chronique

Pour être sûre de ne pas louper de nouveaux avis sur des lectures de qualité, je t’encourage à aller me suivre sur les réseaux sociaux ou via la newsletter du blog – tu seras alors avertie des nouveautés qui débarqueront par ici :

En attendant de te retrouver là-bas, je te souhaite un bon mardi, un beau lendemain de Noël et d’excellentes lectures !

Toi aussi tu aimes découvrir de nouveaux portraits de femmes inspirantes ?

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

4.9/5 - (22 votes)

Au Suivant Poste

Précedent Poste

Poster un Commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

© 2024 Des rêves dans la marge

Thème par Anders Norén