
Résumé du Silence de la Cité
La civilisation humaine est presque détruite et dans la cité souterraine où ils sont enfermés, les scientifiques cherchent une solution aux désastres qui rongent la Terre. Il reste une dernière chance : Elisa, l’une des rares enfants, fruit d’expériences génétiques, aux capacités physiques étonnantes, peut faire espérer une humanité résolument nouvelle.
Mais saura-t-elle se libérer de son passé ? Et qu’en sera-t-il des hommes et des femmes qui, hors de la Cité, ont survécu à la barbarie et aux mutations de toutes sortes ?
Fiche technique
Titre : Le Silence de la Cité
Autrice : Élisabeth Vonarburg
Édition : Mnémos
Pages : 288
Parution : 1981
Âge : À partir de 15 ans
Formats & Prix : Grand Format : 20.00€ • Poche : 9.50€ • Ebook : 5.99€
Récompenses : Prix Boréal 1982 – Grand prix de la SF française 1982 – Prix Rosny aîné 1982
Mon avis sur Le Silence de la Cité
La lecture commune du mois de mars du bookclub Patreon d’Alex Bouquine en Prada fut consacrée au Silence de la Cité d’Élisabeth Vonarburg. Et si le nom de cette autrice ne t’est pas étranger, c’est peut-être parce que tu as croisé la route de mon avis sur Chroniques du Pays des Mères, lu il y a pile un an et qui s’est hissé à la troisième place de mon TOP 10 de 2024. Les deux romans se déroulent d’ailleurs dans le même univers, étant donné que Le Silence de la Cité est le prequel de Chroniques du Pays des Mères.
Forcément, ma lecture du Silence de la Cité s’est donc faite en regard de celle de Chroniques du Pays des Mères – puisque je voulais connaître les origines du monde et de la société imaginée par Élisabeth Vonarburg, et surtout découvrir tous les liens et les petits clins d’œil qu’elle a fait résonner entre ses deux romans.
Ce qu’il en est ressorti ? Déjà, que Le Silence de la Cité est bien plus accessible que Chroniques du Pays des Mères. J’ai dévoré cette lecture en deux coups de cuillère à pot et me suis totalement laissée embarquée. Et cela non seulement grâce à la brièveté du roman (à peine 300 pages) et de ses chapitres, mais aussi parce que j’ai trouvé l’écriture de l’autrice moins ardue. Peut-être parce que je m’y étais déjà confrontée lors de ma précédente lecture, peut-être parce que son style a évolué entre le prequel et le roman principal – ou peut-être (plus vraisemblablement) un peu des deux. Quoi qu’il en soit, ça a été un vrai plaisir de retrouver sa plume si unique et identifiable.
Comme pour Chroniques du Pays des Mères, tout le début du Silence de la Cité m’a plongée dans le flou total – nous obligeant à attraper des pièces du puzzle au vol et à élaborer plus d’hypothèses que nous n’avons de certitudes, mais les réalités finissent (plus ou moins) par nous apparaître au fil du récit. Même s’il est vrai qu’une fois le livre refermé je n’étais pas certaine d’avoir absolument tout saisi, je pense que l’essentiel de cette lecture se trouve dans les réflexions qu’elle nous pousse à faire pour ensuite en tirer nos propres conclusions.
Car Le Silence de la Cité est un pur produit de science-fiction qui (toujours à l’image de Chroniques du Pays des Mères) est terriblement en avance sur son temps. Les thématiques que développe Élisabeth Vonarburg, mais surtout l’angle par lequel elles sont abordées, m’ont impressionnée pour un roman qui a été écrit en 1981. Entre la transidentité, l’eugénisme, le retardement du vieillissement, le clonage, l’intelligence artificielle, les relations queer, le patriarcat, la domination masculine, le féminisme communautaire, la préservation de la race et j’en passe – Le Silence de la Cité est un roman aussi riche que flippant et révélateur.
J’ai aimé Elisa, le personnage principal que nous suivons de sa naissance et pendant une bonne partie de sa vie. Son évolution et ses questionnements ont encore une fois résonné en moi, non seulement par leur caractère très contestable et faillible mais aussi et surtout profondément humain. Je retiendrai aussi les deux relations assez dérangeantes du récit, mais en gardant en tête que les relations problématiques étaient aussi une thématique très présente dans Chroniques du Pays des Mères, ce qui me fait me demander si ce n’est pas sujet d’interrogation récurrent chez l’autrice.
Bref, tu l’auras compris, Le Silence de la Cité d’Élisabeth Vonarburg fut une très bonne lecture que j’ai aimé mettre en relation avec Chroniques du Pays des Mères. Même si le premier est moins ardu que le second, il est aussi plus accessible et constitue une très bonne introduction pour aborder l’univers de l’autrice. Je salue encore une fois la modernité de ce texte qui nous pousse à la réflexion grâce à ses thématiques plus que révélatrices sur notre propre société. Une expérience de lecture qui ne conviendra peut-être pas à tout le monde, mais qui vaut largement le coup d’être tentée malgré tout.
Ma note

La citation du Silence de la Cité
“Tu as vu comment c’est, Dehors, n’est-ce pas ? La vie est très différente d’ici. Les gens sont encore sauvages, Dehors. Je t’ai expliqué pourquoi…”
Grand-Père aussi, Desprats, lui a expliqué, souvent. Les accidents nucléaires accumulés, les pollutions, les petites guerres partout, et trop de gens, et juste assez à manger, et la Terre elle-même qui se fâche, les tremblements de terre, les volcans réveillés, les climats qui changent, les famines, les épidémies et enfin les grandes marées, qui ont changé l’aspect des continents. Les mots sont familiers ; Papa s’est seulement chargé de leur donner une substance plus détaillée.
”Je ne sais pas si c’est la Terre qui s’est fâchée, sourit-il. Ça, c’est l’interprétation de Desprats. Mais le résultat est le même. Il faut attendre qu’ils soient prêts, Dehors. Nous, dans les Cités, nous sommes les dépositaires d’un trésor, Élisa. La connaissance. Les sciences, les arts, la sagesse de l’humanité. Nous sommes les gardiens. Toi et tes descendants, vous serez les gardiens. Vous surveillerez les gens de l’Extérieur et vous continuerez mes recherches. C’est très important, Élisa. Tu dois beaucoup apprendre, beaucoup travailler, ma chérie.
Élisabeth Vonarburg, Le Silence de la Cité
Le mot de la fin
Élisabeth Vonarburg fait donc désormais partie de ces autrices qui m’inspirent et dont je loue les talents – et je serai donc très curieuse de poursuivre l’exploration de sa bibliographie au fil des ans, probablement avec la saga Tyranaël.
Mais en attendant, je vais me consacrer au programme toujours aussi alléchant du bookclub Patreon d’Alex Bouquine en Prada pour le mois d’avril, qui nous propose cette fois-ci une double lecture commune : d’abord le très attendu Hunger Games – Lever de soleil sur la moisson de Suzanne Collins, puis le plus discret Les étoiles s’éteignent à l’aube de Richard Wagamese. Deux salles, deux ambiances – que je compte bien essayer de traverser tour à tour (le premier en audio et le second en ebook). Tout ça sans oublier la relecture du Tome 3 d’Harry Potter qui sera aussi à l’ordre du jour d’avril… Il faut savoir être ambitieux dans la vie, comme on dit ^^



On se donne donc rendez-vous bientôt pour savoir si je vais réussir à relever le défi de ces trois lectures – et connaître mon avis à leur propos, bien sûr !
Alors, pour être certain⋅e de ne rien rater de mes pérégrinations, je t’encourage chaleureusement à aller t’inscrire à la newsletter (tu seras ainsi averti⋅e par mail dès qu’un nouvel article sera publié sur le blog) ou à venir me retrouver sur Instagram où je publie tous les jours de nouveaux contenus littéraires !
Mais avant de partir, viens me dire en commentaires si tu as lu Le Silence de la Cité d’Élisabeth Vonarburg et ce que tu en as pensé !
À bientôt pour un nouvel article !
Amandine Stuart
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