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Chronique Lecture | Mythos, de Stephen Fry

Couverture du livre Mythos de Stephen Fry

Résumé de Mythos de Stephen Fry

Saviez-vous que le fils d’Apollon a failli brûler la terre en jouant avec le char solaire de son divin père ? Que Psyché est entourée de deux vilaines belles-sœurs prêtes à tout pour ruiner son histoire d’amour avec Éros ? Ou que Sisyphe a passé les menottes à la Mort en personne ? La mythologie grecque racontée par le facétieux Stephen Fry est un délice. D’un ton décalé et piquant, mais toujours avec la rigueur et l’infinie tendresse qui le caractérisent, l’artiste anglais aux multiples talents capture ces mythes extraordinaires dont la modernité vous frappe à chaque page.

Éditions Calmann-Lévy

Fiche technique

Titre Mythos

Auteur : Stephen Fry

Édition – Collection : Calmann-Lévy – Romans Étrangers

Nombre de pages : 368

Date de parution : 09.03.2022

Âge : À partir de 15 ans

Prix : 21.90€

Mon avis sur Mythos de Stephen Fry

C’est au mois d’Août que j’ai décidé de sortir Mythos de Stephen Fry de ma wishlist, dont il faisait partie depuis longtemps déjà, ayant d’abord craqué pour sa couverture que je trouve particulièrement jolie dans sa sobriété et ses couleurs estivales, puis pour son sujet (la mythologie grecque) très à la mode ses derniers temps mais dont je ne suis finalement pas très familière.

Et il faut croire que mon instinct ne m’avait pas trompé puisque j’ai effectivement passé un moment de lecture très sympathique en compagnie de Mythos.

Stephen Fry et son style particulier avec lequel il faut persévérer

Le début de l’ouvrage m’a fait peur car j’ai trouvé le style très emprunté, avec du vocabulaire spécifique (heureusement que j’avais déjà croisé certains mots durant mes cours de fac) qui a rendu le début de ma lecture plus ardue que ce à quoi je m’attendais. Il fallait être concentrée pour comprendre ce que l’auteur voulait dire, et parfois relire certains passages pour y arriver.

Gif d'un jeune homme qui hausse les sourcils d'un air totalement perdu pendant qu'il lit, pour illustrer ma chronique de Mythos de Stephen Fry.
Moi devant certaines tournures de phrases de Stephen Fry.

Mais l’écriture spécifique de Stephen Fry devient plus posée et accessible au fur et à mesure que les pages défilent, pour finir par devenir agréable – avec un certain humour et une certaine espièglerie qui viennent relever les récits de mythes de quelques remarques sarcastiques bien senties qui m’ont beaucoup fait rire et on permit de rendre la lecture plus légère (comme tu pourras le constater avec la citation qui se trouve à la fin de cet article).

Mythos : avis aux amateurs !

Mythos de Stephen Fry s’adresse à un lectorat qui possède déjà quelques bases élémentaires de la mythologie et qui souhaiterait développer ses connaissances. Les personnes averties dans le domaine seront sûrement un peu déçues que l’auteur n’aille pas plus loin dans son récit, mais je pense que c’était le format et le ton qu’il fallait pour des amateurs (tels que moi).

La (trop) grande histoire de la mythologie grecque

Stephen Fry nous fait donc le récit des mythes grecs, de la création de l’univers avec Gaia et Ouranos, au règne des Titans, en passant par l’avènement des douze dieux que nous connaissons si bien et de leurs frasques et autres histoires d’amour. L’auteur explique bien que Mythos n’est pas un livre exhaustif et qu’il a dû sélectionner les légendes qu’il tenait à nous présenter (ça aurait été difficile de faire autrement dans un livre de 350 pages au vu de la richesse des récits mythologiques). Et c’était amplement suffisant, si tu veux mon avis.

Parce qu’au bout d’un moment… Tout ça a fini par devenir un peu lassant. Je n’aurais probablement pas dû lire le livre d’un seul bloc, mais plutôt le désigner comme livre de chevet que je pourrais prendre et reposer quand l’envie m’en prendrait. En somme, le considérer comme un recueil de nouvelles (ce qu’il est, finalement) au vu de son format qui s’y prête parfaitement, chaque légendes/récits/mythes étant délimité par des titres.

Mythos, un ouvrage complet et abouti

Cela ne m’a cependant pas empêché d’apprendre des choses, même lorsque je pensais que ce ne serait pas le cas. En effet, j’avais déjà entendu parler (plus ou moins spécifiquement) de la plupart des mythes que nous présente Stephen Fry (notamment grâce à ma lecture de la saga Witch and God de Liv Stone qui, je l’ai découvert, est extrêmement bien documentée). Mais la vérité est que l’on connaît souvent un point précis, ou une partie propre de l’histoire. Il est très rare que nous en connaissions le contexte, les tenants et les aboutissants, les véritables intentions de chacun… Ou, encore une fois, l’histoire dans son intégralité avec son début (qui commence souvent parce que Zeus n’a pas été capable de garder son pantalon), son élément déclencheur (qui arrive souvent parce que les dieux sont bien trop susceptibles, ou tout simplement parce qu’ils s’ennuient), ses retournements de situation, son dénouement et ses conséquences.

Gif d'une femme toute excitée qui présente un livre de mythologie grecque, pour illustrer ma chronique de Mythos de Stephen Fry.

Au-delà de l’aspect purement narratif, Mythos est aussi un livre très abouti, à la frontière entre ouvrage de vulgarisation et ouvrage scientifique/universitaire, qui allie parfaitement accessibilité et rigueur – notamment grâce à une table des matières structurée, aux cartes du monde grec de l’époque en début d’ouvrage, des photos qui parsèment le récit et de l’index des figures présentes dans Mythos que l’on retrouve à la fin du livre.

En bref

En bref, Mythos de Stephen Fry est une bonne lecture qui permettra aux amateurs en matière de mythologie grecque d’étayer leurs connaissances de manière ludique et accessible. Grâce à son format de type “recueil de nouvelles”, à l’humour, à l’espièglerie et au sarcasme de l’auteur, mais aussi à toutes les références qui ponctuent les récits, Mythos est un livre complet qui parvient à se tenir à la frontière entre ouvrage de vulgarisation et travail scientifique. À recommander aux personnes que la mythologie grecque intéresse !

Ma note

Ma note : 14/20

La citation de Mythos de Stephen Fry

Dix mois passèrent, et l’arbre se fendit pour mettre au monde un nourrisson. Des naïades oignirent le nouveau-né des douces larmes de sa mère (cette gomme qui de nos jours encore, entre dans la composition des baumes utilisés pour la naissance et le couronnement de souverains), et le nommèrent Adonis.

Le bébé de Smyrna grandit et devint un jeune homme d’une beauté physique sans égale depuis la création du cosmos. Par tous les dieux, j’ai écrit bien trop de fois ce genre de phrases pour que vous accordiez foi à ce que je vous raconte. Il n’empêche que toutes celles et tous ceux qui ne lui accordaient ne serait-ce qu’un regard tombaient irrémédiablement amoureux, et que son nom est encore usité pour désigner des parangons de beauté masculine. À tout le moins, considérez qu’Adonis était assez beau pour plaire comme aucun autre mortel avant lui à celle-là même qui avait joué un rôle crucial dans sa conception : la déesse de l’amour et de la beauté en personne, j’ai nommé Aphrodite.

Et tous deux devinrent amants. L’enchaînement de circonstances qui avait conduit à leur histoire d’amour était des plus tortueux et échevelés : par esprit de revanche, la déesse avait poussé un père à coucher avec sa propre fille, engendrant un fils qu’Aphrodite aima comme elle n’avait probablement jamais aimé personne. Une vie entière de psychothérapie ne suffirait pas à démêler un tel bazar.

Stephen Fry, Mythos

Le mot de la fin

C’en est tout pour cette chronique qui, je l’espère, t’aura permis d’en apprendre plus sur cet ouvrage autour de la mythologie grecque !

Tu aurais d’autres livres du même genre à me conseiller ?

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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