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Chronique Lecture | Les Sorcières de Salem, d’Arthur Miller

Couverture du livre Les Sorcières de Salem d'Arthur Miller

Résumé des Sorcières de Salem d’Arthur Miller

“Viscéral et vital.” The Guardian

Lorsque Abigail et une dizaine d’autres jeunes filles sont aperçues dansant nues en pleine nuit dans la forêt, quelques puritains de Salem s’empressent de crier à la sorcellerie. Bientôt, un procès plonge cette communauté de Nouvelle-Angleterre dans la colère et la confusion. Ceux qui sont accusés d’être des œuvres du démon encourent la potence.

En 1953, alors que l’Amérique est en proie au maccarthysme et à la “chasse aux sorcières”, Arthur Miller écrit une pièce incisive sur un célèbre épisode de l’histoire américaine : le procès qui, en 1692, ébranla la petite ville de Salem, gagnée par une crise d’hystérie puritaine, et se solda par la condamnation de nombreuses personnes soupçonnées de pratiques sataniques et par vingt-cinq exécutions.

Cette œuvre illustre de façon magistrale comment peut être franchie – à toute époque – la frontière entre raison et folie, justice et fanatisme.

Éditions Robert Laffont

Fiche technique

Titre Les Sorcières de Salem

Auteur : Arthur Miller

Édition – Collection : Robert Laffont – Pavillons Poche

Genre : Théâtre

Nombre de pages : 256

Date de parution : 18.08.2022

Âge : À partir de 16 ans

Prix : 9.00€

Mon avis sur Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller

Il a suffi que Margaud Liseuse évoque rapidement Les Sorcières de Salem dans sa vidéo de pioche de lectures automnale pour que cette pièce m’attire immédiatement et que je me la réserve pour mon week-end de lectures spéciales Halloween.

J’ai déjà évoqué plusieurs fois par ici mon amour pour la lecture de pièces de théâtre, genre qui a pourtant du mal à rentrer dans mes habitudes. Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller était donc l’occasion parfaite de m’y remettre.

Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller, une plongée au cœur de l’Histoire

Cette pièce jouée pour la première fois en 1953 reprend les désormais célèbres procès pour sorcellerie qui se sont déroulés à Salem (dans le Massachusetts) à la fin du XVIIe siècle et ont entraîné l’arrestation de 141 personnes et la mort de nombre d’entre elles.

Si je connaissais les faits dans les grandes largeurs avant de me lancer dans cette lecture, j’étais tout de même très curieuse d’approfondir le sujet et de parfaire mes connaissances – même si j’ignorais, avant de commencer Les Sorcières de Salem, quelles étaient les parts de fiction et de réalité employées par Arthur Miller.

Une pièce dynamique et terrifiante

Et finalement, même si ça n’a clairement pas été la lecture de l’année en ce qui me concerne, je me suis tout de même rapidement prise au jeu de l’histoire. La pièce est dynamique et entraînante, de sorte que je m’y suis vite impliquée. Et ce même si j’ai parfois été un peu perdue par la quantité de personnages, et même si la pièce traîne parfois un peu trop en longueur.

Sans vouloir te spoiler, je dirais aussi que j’ai été interpellé par l’angle de vue des Sorcières de Salem d’Arthur Miller. L’auteur s’attarde surtout sur la façon dont l’hystérie générale a commencé et s’est propagée, sans vraiment se concentrer sur les procès en eux-mêmes – ce qui m’a surprise au début, mais que j’ai finalement trouvé intéressant dans le sens où ça permet d’avoir une nouvelle vision des choses.

Photo en noir et blanc de “la Witch House, maison des sorcières de Salem", pour illustrer ma chronique des Sorcières de Salem d'Arthur Miller
“La Witch House, maison des sorcières de Salem et résidence de l’impitoyable juge Jonathan Corwin, est le seul bâtiment de la ville à témoigner directement des procès de 1692” selon l’article de National Geographic.

Et ça permet aussi d’aborder des thématiques assez terrifiantes – comme le puritanisme, la vanité, l’hypocrisie, la jalousie, la vengeance, l’avarice… Des sujets qui ne sont pas très réjouissants, mais qui ont pourtant toute leur place dans cette histoire en particulier.

Des choix malvenus dans Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller

Je reproche toutefois un certain nombre de choses à cette pièce d’Arthur Miller, notamment l’omniprésence des personnages masculins qui relèguent les femmes de cette histoire au statut de figurantes. Ce que je trouve assez malvenu dans une histoire intitulée Les Sorcières de Salem et sachant que les principales victimes de cette affaire ont été des femmes…

Et en allant plus loin, j’ai fait des recherches post-lecture pour m’intéresser à la véracité des faits relatés par Arthur Miller et j’ai découvert que si l’auteur reprenait un grand nombre de vérités (dans le déroulement des événements ou dans l’intégration de personnages ayant vraiment été impliqués dans l’affaire), il y a toutefois un élément principal qui semble être une pure invention.

Et c’est cet élément en particulier que je reproche aux Sorcières de Salem. Pourquoi avoir employé comme justification à ces atrocités une banale rivalité féminine, une histoire de jalousie et de vengeance plus que malvenue ? Arthur Miller semble ainsi dire que c’est avant tout la faute d’une adolescente vicieuse, qu’il faudrait blâmer pour le sort infligé à toutes les autres femmes des alentours. Comme si l’avarice et l’hypocrisie des hommes de cette histoire, préférant persister dans leur bêtise plutôt que d’admettre leurs erreurs, n’étaient pas suffisantes. Enfin voilà, cette direction donnée à l’histoire m’a vraiment énervée !

En bref

En bref, la pièce de théâtre Les Sorcières de Salem d’Arthur Miller m’a permis d’en apprendre plus sur les faits qui ont entouré les célèbres procès pour sorcellerie de Salem. C’était historiquement intéressant, notamment dans l’angle du point de vue prit par l’auteur. Je lui reproche toutefois la trop grande quantité de personnages, et en particulier l’omniprésence des personnages masculins, ainsi que l’invention d’un évènement principal de l’histoire que j’ai trouvé vraiment malvenu.

Ma note

Ma note : 13/20

La citation des Sorcières de Salem d’Arthur Miller

CHEEVER

Bonsoir, Proctor.

PROCTOR

J’espère que vous n’êtes pas ici l’envoyé du Tribunal, monsieur Cheever.

CHEEVER

Mais si, mais si, Proctor. Je suis le clerc de la Cour maintenant, vous le savez.

GILLES

C’est dommage, Ézéchiel, qu’un honnête tailleur qui aurait pu aller au Ciel doive aller brûler en enfer. Car je sais ce que je dis, Ézéchiel. À cause du sale métier que vous faites à présent, vous brûlerez, soyez-en sûr.

CHEEVER

Vous savez vous-même que je dois obéir aux ordres. À coup sûr, vous le savez, et je voudrais bien que vous ne m’envoyiez pas aussi délibérément en enfer. (Il tremble de peur.) Je n’aime pas vous l’entendre dire, Gilles, vous m’entendez ? Je n’aime pas ça. (Il sort de sa poche un mandat.) J’ai un mandat pour vous, maîtresse Proctor.

PROCTOR, à Hale.

Vous avez dit qu’elle n’était pas accusée.

HALE

Mais j’ignorais ! (À Cheever.) Quand a-t-elle été accusée ?

CHEEVER

On m’a donné ce soir seize ordres d’arrestation. Le sien est un des seize.

Arthur Miller, Les Sorcières de Salem

Le mot de la fin

J’ai récemment remarqué que j’ai été accompagnée de sorcières tout au long du mois d’Octobre grâce à mes lectures, et ce pour mon plus grand plaisir !

Tu t’intéresses aux procès de Salem ?

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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