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Chronique Lecture | Le Parfum des fleurs la nuit, de Leïla Slimani

Couverture du livre Le Parfum des fleurs la nuit de Leïla Slimani

Résumé de Le Parfum des fleurs la nuit

Comme un écrivain qui pense que “toute audace véritable vient de l’intérieur”, Leïla Slimani n’aime pas sortir de chez elle, et préfère la solitude à la distraction. Pourquoi alors accepter cette proposition d’une nuit blanche à la pointe de la Douane, à Venise, dans les collections d’art de la Fondation Pinault, qui ne lui parlent guère ?

Autour de cette “impossibilité” d’un livre, avec un art subtil de digresser dans la nuit vénitienne, Leïla Slimani nous parle d’elle, de l’enfermement, du mouvement, du voyage, de l’intimité, de l’identité, de l’entre-deux, entre Orient et Occident, où elle navigue et chaloupe, comme Venise à la pointe de la Douane, comme la cité sur pilotis vouée à la destruction et à la beauté, s’enrichissant et empruntant, silencieuse et raconteuse à la fois.

C’est une confession discrète, où l’auteure parle de son père jadis emprisonné, mais c’est une confession pudique, qui n’appuie jamais, légère, grave, toujours à sa juste place : “Écrire, c’est jouer avec le silence, c’est dire, de manière détournée, des secrets indicibles dans la vie réelle”.

C’est aussi un livre, intense, éclairé de l’intérieur, sur la disparition du beau, et donc sur l’urgence d’en jouir, la splendeur de l’éphémère. Leïla Slimani cite Duras : “Écrire, c’est ça aussi, sans doute, c’est effacer. Remplacer.” Au petit matin, l’auteure, réveillée et consciente, sort de l’édifice comme d’un rêve, et il ne reste plus rien de cette nuit que le parfum des fleurs. Et un livre.

Éditions Stock

Fiche technique

Titre Le Parfum des fleurs la nuit

Autrice : Leïla Slimani

Édition – Collection : Stock – Ma nuit au musée

Genre : Non-fiction

Nombre de pages : 128

Date de parution : 20.01.2021

Âge : À partir de 16 ans

Prix : 18.00€

Remarque : J’ai découvert ce livre dans sa version audio, lue par l’autrice.

Mon avis sur Le Parfum des fleurs la nuit

J’ai terminé mon mois de Juillet avec l’écoute du livre audio Le Parfum des fleurs la nuit de Leïla Slimani, sur lequel je suis tombé en faisant des recherches sur “Ma nuit au musée”, une collection des éditions Stock. La même collection dont fait partie Quand tu écouteras cette chanson de Lola Lafon, le livre qui m’avait tant marqué en Juin dernier.

Le Parfum des fleurs la nuit était donc mon premier contact avec Leïla Slimani, n’ayant jamais lu l’un des ses précédents romans. Et cette rencontre fut une double confrontation puisque j’ai également fait connaissance avec la voix de l’autrice, qui est la narratrice du livre audio. Je trouve toujours que c’est une valeur ajoutée lorsque les auteurices posent leur voix, leur ton, leur intonation sur leurs propres mots – c’est une manière de rendre le texte encore plus vivant.

Mais en l’occurrence, je dois avouer que je ne garderai pas un grand souvenir de ce récit dont l’utilité m’a échappé.

Le Parfum des fleurs la nuit, un récit hors sujet

En effet, Leïla Slimani ne semble pas avoir d’affinité avec le musée dans lequel elle a choisi de passer la nuit. Les œuvres d’art contemporain qu’elle côtoie la laissent majoritairement indifférente, et lorsque quelques-unes la touchent un peu plus que les autres, elles ne sont que des prétextes pour l’autrice à raconter un nouveau souvenir, à développer une nouvelle idée ou à exposer un nouvel argument. Je n’ai donc pas vraiment vu l’intérêt de sa nuit au musée puisque celle-ci reste finalement très en arrière du récit, presqu’anecdotique.

La Pointe de la Douane, à Venise. Là où Leïla Slimani a passé sa nuit au musée, pour illustrer ma chronique sur Le Parfum des fleurs la nuit.
La Pointe de la Douane, à Venise. Là où Leïla Slimani a passé sa nuit au musée.

Mais alors, de quoi parle Le Parfum des fleurs la nuit ? De la question identitaire, principalement. De l’enfance de Leïla Slimani, son éducation et son adolescence en Algérie où être une femme signifiait ne pas être en sécurité. De son arrivée en France où elle a du mal à trouver sa place, coincée dans un entre-deux qui ne la rend pas heureuse mais dont elle ne parvient pas à s’extraire. Mais aussi de son rapport à l’écriture, de la vision qu’elle a de son métier et la manière dont elle l’aborde.

Ce sont des sujets qui m’ont intéressée, sans pour autant me passionner puisque j’avais tendance à facilement décrocher de ma lecture. Mais il est probable que la voix de l’autrice/narratrice ne m’ait pas aidée à m’imprégner du récit, étant donné que je ne l’ai pas trouvée à mon goût (et ce n’est pas grave, étant donné que c’est une question extrêmement subjective).

En bref

En bref, Le Parfum des fleurs la nuit de Leïla Slimani est un récit qui ne me laissera pas un souvenir impérissable. J’ai été déçue de constater que la nuit au musée que vit l’autrice n’est qu’un évènement anecdotique de ce livre. Et même si les sujets traités sont globalement intéressants, ce n’était pas ce que je recherchais dans cette lecture.

Ma note

Ma note : 14/20

La citation de Le Parfum des fleurs la nuit

Je me demandais ce que cela pouvait faire d’être une femme comme cela. Une femme dont la beauté provoque un véritable affolement, dont la courbe des hanches, la rondeur des seins, la pulpe des lèvres sont comme une invitation au sexe. Marilyn est filmée comme un objet, sublime et provocant. Et je me disais que cela devait être terrible, parfois, de ne pas pouvoir être invisible. D’être haïe des femmes, désirée par les hommes, jamais prise au sérieux. J’ai découvert ensuite la Marilyn des Misfits qui me faisait penser aux héroïnes de Tennessee Williams, provinciales incomprises, flirtant avec le désespoir et la folie. J’avais, dans ma chambre d’adolescente, des dizaines de photographies d’elle. J’aimais en particulier les clichés en noir et blanc, pris à New York, dans les rues, dans le métro, sur un balcon. Elle était faite pour être vue. Je percevais, entre elle et la caméra, une complicité presque inquiétante, comme si elle était entièrement absorbée par son image, comme si l’objectif la vampirisait et la laissait vide et désemparée. Dans Blonde, Joyce Carol Oates raconte cela. Elle dit surtout qu’on ne peut pas réduire Marilyn à un fantasme masculin. Marilyn fait rêver les femmes. Et les femmes ont été très tôt habituées à regarder le monde à travers un prisme masculin. C’est ainsi que nous voyons Marilyn et ce spectacle est déchirant. Il y a en elle quelque chose de monstrueux. Elle est un appât, un piège, une poupée de chiffon, une créature quasi mythologique que des producteurs véreux ont inventée. Marilyn, qui fut la femme offerte par excellence, a été dévorée par les autres. Elle ne s’appartenait pas ; elle était la propriété de la foule.

Leïla Slimani, Le Parfum des fleurs la nuit

Le mot de la fin

Si cette lecture ne fut pas une franche réussite, il n’empêche que je ne vais pas m’arrêter là dans mon exploitation de la collection “Ma nuit au musée”… Et que j’aimerais également découvrir d’autres titres de la bibliographie de Leïla Slimani – notamment son roman Chanson douce, désormais célèbre, qui lui a permis de remporter le Prix Goncourt en 2016.

Tu as déjà lu des romans de Leïla Slimani ?

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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