Des rêves dans la marge

Des lectures variées et des avis sincères

Chronique Lecture | Capitale du Nord – T1 : Citadins de Demain, de Claire Duvivier

Couverture du livre Citadins de Demain, le tome 1 de la série Capitale du Nord de Claire Duvivier.

Résumé de Citadins de Demain

Capitale du Nord, Tome 1

Amalia Van Esqwill est une jeune aristocrate de Dehaven, issue d’une puissante famille : son père possède une compagnie commerciale et sa mère tient un siège au Haut Conseil. Progressistes, ils lui ont offert, à elle et à d’autres enfants de la Citadelle, une instruction basée sur les sciences et les humanités. Jusqu’au jour où le fiancé d’Amalia se met en tête de reproduire un sortilège ancien dont il a appris l’existence dans un livre. Au moment précis où la tension accumulée dans les Faubourgs explose et où une guerre semble prête à éclater dans les colonies d’outre-mer, la magie refait son apparition dans la ville si rationnelle de Dehaven. Et malgré toute son éducation, Amalia ne pourra rien pour empêcher le sort de frapper sa famille et ses amis.

Éditions Aux forges de Vulcain

Fiche technique

Titre Capitale du Nord – T1 : Citadins de Demain

Autrice : Claire Duvivier

Édition – Collection : Aux forges de Vulcain – Fiction

Nombre de pages : 384

Date de parution : 08.10.2021

Âge : À partir de 15 ans

Prix : 20.00€

Remarque : Je remercie vivement et chaleureusement les Éditions Aux forges de Vulcain ainsi que Netgalley pour l’envoi de ce livre. Je précise toutefois que mon avis n’en sera pas moins transparent, honnête et sincère.

Mon avis sur Citadins de Demain

Il y a quelques semaines, je découvrais les éditions Aux Forges de Vulcain avec Ma Tempête d’Éric Pessan. Et je n’ai finalement pas attendu bien longtemps avant de poursuivre l’exploration de leur catalogue grâce à Citadins de Demain, le premier tome de la trilogie Capitale du Nord de Claire Duvivier que j’ai gentiment reçu en service presse.

Et cette lecture fut pleine de surprises, c’est le moins que l’on puisse dire.

Citadins de demain : Dépaysement garanti !

Quelques jours après avoir refermé Citadins de Demain, il y a toujours un tourbillon de pensées qui me vient en tête lorsque je repense à cette histoire. Histoire que je ne parviens d’ailleurs toujours pas à classer dans un genre ou une classification particulière, parce que je pense que ce roman se tient justement en-dehors de tout ce que j’ai déjà pu lire auparavant (ce qui le classe finalement dans la catégorie des OLNIs – objet littéraire non-identifié -).

Mais pour essayer de t’esquisser un peu l’univers de Citadins de Demain, nous rencontrons Amalia Van Esqwill, fille d’une des familles les plus aristocrates de Dehaven, ville portuaire tournée vers le commerce et les échanges. Amalia est très proche de Hirion, son meilleur ami au même statut social que le sien, et de Yonas, fils d’éclusier plus proche de la vie dans les faubourgs que de celle des salons.

Ces trois-là ont été éduqués ensemble avec un programme imaginé par les parents d’Amalia et de Hirion – le fameux programme qui les ferait devenir des citadins de demain. Cette éducation a donc été basée sur le savoir. Là où politique, sciences, géographie, histoire des territoires, communication, négociation, et j’en passe n’ont plus aucun secret pour eux… Toute confrontation avec l’imagination leur a été retirée. Pas de littérature, de jeux, de spectacles, d’histoires que l’on se raconte le soir, de contes, de morales à tirer d’un quelconque enseignement…

Ce qui en fait finalement des êtres extrêmement pragmatiques, logiques, intelligents mais finalement assez naïfs sur certains aspects de la vie. En particulier Amalia, notre héroïne, sur qui le processus semble avoir le mieux fonctionné. Jusqu’au jour où tout va partir en vrille, évidemment.

Gif d'un personnage qui dit "Everything is spinning out of control." pour illustrer ma chronique de Citadins de demain de Claire Duvivier.

Illusion d’optique

Ou plutôt, ça n’arrive pas en un jour, loin de là. J’ai même mis un certain temps à me rendre compte que si en réalité Claire Duvivier jetait les petits cailloux de la débâcle depuis le tout début du récit, je n’ai pas été capable de le voir avant que toutes les cartes soient déjà exposées devant moi.

Ce qui fait que toute la première moitié du récit me provoquait des émotions contradictoires. D’un côté j’essayais d’apprendre le fonctionnement des personnages et de comprendre celui de l’univers. Parce que l’autrice est loin de nous donner toutes les clés de ce qui se déroule dans son roman, loin de là. C’est à nous de faire l’effort de suivre, d’être attentifs et de raccrocher les wagons entre eux. D’un autre côté je ne pouvais m’empêcher de me demander : Quand est-ce qu’on allait enfin en venir au fait, quand est-ce que le fameux évènement promis dans le résumé (“la magie refait son apparition”) allait enfin avoir lieu ? Alors qu’en réalité, l’évènement se mettait en place depuis le tout début.

Et je trouve ça assez fort de la part de l’autrice d’être parvenue à me berner ainsi – même si ça a finalement pu me donner cette impression de lenteur dans la première moitié du récit. Mais je pense finalement que c’était peut-être nécessaire au vu de la densité de cette histoire.

Citadins de demain, un roman de fantasy qui en impose

Je me rends compte que je n’ai pas insisté sur ce fait depuis le début de cette chronique, mais c’était une bonne lecture en ce qui me concerne. Vraiment. J’essaye juste de décortiquer au mieux mes ressentis emmêlés.

Je peux ainsi te dire que j’ai beaucoup aimé la narration avec les personnages qui s’expriment avec un niveau de langue très emprunté (pour bien faire sentir qu’ils font partie de la haute société) sans que cela soit trop lourd à lire et à digérer. Mais ce que j’ai surtout aimé, ce sont les incursions de remarques de la part d’Amalia, la narratrice, qui nous raconte l’histoire telle qu’elle l’a vécue, ce qui ressortait parfois avec des remarques telles que “Je suppose que c’est là que ça aurait dû nous alerter.” ou “Nous ne le savions pas mais il était déjà trop tard à ce moment-là.” etc. J’adore ce procédé qui, quand il est bien manié et dosé comme ici, offre un suspense et un poids supplémentaires au récit.

Gif d'un personnage qui nous chuchote "There's some big stuff sprouting." pour illustrer ma chronique de Citadins de demain de Claire Duvivier.

J’ai en revanche eu plus de mal à cohabiter cette héroïne qui, comme je te l’ai dit, a été la plus réceptive à cette éducation particulière – ce qui en fait finalement la plus formatée. Je l’ai trouvée assez froide et distante, même si je sais que je ne peux pas lui en vouloir puisque c’est une des conséquences directes de la façon dont elle a été élevée. Elle est extrêmement pragmatique et froide (encore une fois), ce qui n’est pas la caractéristique principale que l’on recherche chez un personnage principal, tu en conviendras.

Il n’empêche que je suis finalement parvenue à la comprendre – dans une certaine mesure – et ce même si son ambivalence était souvent perturbante. Elle a beau manier à la perfection l’art de la négociation, du commerce, de la stratégie ou de la politique, elle n’en est pas moins incapable de mentir ou de faire preuve d’un minimum de créativité (ces deux compétences demandant une certaine dose d’imagination). Amalia fait aussi preuve d’une grande naïveté sur certains aspects essentiels de la vie… Mais tout ça est encore une fois dans la logique et la continuité de son éducation.

Claire Duvivier a donc finalement accompli un beau travail de développement et de psychologie de personnage dans Citadins de Demain.

Mais le plus beau reste certainement l’imagination dont elle fait preuve dans ce premier opus de Capitale du Nord. Je ne voudrais surtout pas révéler quoi que ce soit, mais sache que j’ai été soufflée par ce que cette introduction ne fait qu’esquisser… Et qui devrait prendre de l’ampleur dans les prochains tomes ! En même temps, avec la fin à laquelle nous avons eu droit… Je veux dire, cette fin. CETTE FIN !!! Incroyable ! Je n’ai rien vu venir. Rien de rien.

Et après le choc passé, tout ce que je peux dire c’est que le tome 2, Mort aux geais !, nous promet de très, très belles choses. Je lirai donc la suite avec beaucoup de plaisir, d’impatience et d’enthousiasme dans les mois à venir !

Couverture du livre Mort aux geais !, le tome 2 de la série Capitale du Nord de Claire Duvivier.

En bref

En bref, Citadins de Demain, le premier tome de la trilogie Capitale du Nord de Claire Duvivier est une bonne lecture aux bases solides, qui ne tient pas le lecteur par la main mais qui l’oblige, au contraire, à être très attentif aux évènements. Avec son héroïne à laquelle il est difficile de s’attacher, sa construction de l’univers complexe, son imagination qui nous emmène dans des lieux insoupçonnés et sa fin plus qu’inattendue… Claire Duvivier nous offre un premier tome plein de surprises et de potentiel pour la suite !

Remarque

La trilogie Capitale du Nord fait partie du Cycle de la Tour de Garde qui la lie à la trilogie Capitale du Sud de Guillaume Chamanadjian. Les deux auteurices ont ainsi créé deux histoires qui, bien qu’elles puissent se lire indépendamment, se déroulent dans le même univers et se répondent. De quoi ouvrir de très belles futures possibilités de lecture ! Ils expliquent cela très bien dans cette (courte) vidéo YouTube que je te laisse découvrir :

Ma note

Ma note : 15/20

La citation de Citadins de Demain

– Du calme, dit notre ami, toujours conciliant. Moi, je te comprends. Enfin je pense. Et je comprends aussi pourquoi Amalia ne te suit pas. Tu nous prends pour des sortes d’êtres supérieurs voués à démolir un système que tu exècres pour en créer un nouveau à la place. Détrompe-toi cependant : ce n’était pas ça que nos parents avaient en tête. Je pense même qu’ils avaient précisément l’inverse à l’esprit : leur idée était de préserver leur modèle. Tout changer, dans l’éducation de leurs enfants, dans les rues de leur ville, dans les nouveaux quartiers, pour qu’au final rien ne change, et qu’ils restent les maîtres de leur domaine. C’est là qu’est le quiproquo. En revanche, dit-il en levant à nouveau la main car Yonas allait protester, il y a une part de vérité dans ton discours. Une part seulement : en fait, je pense que c’est toi, le citadin de demain, pas nous.”

Nous le regardâmes, éberlués.

”C’est vous qui avez le pouvoir de tout changer, pas moi, protesta Yonas.

– Et c’est toi qui as le pouvoir d’imaginer le faire, pas nous, rétorqua tranquillement Hirion. Voilà pourquoi nous aurons besoin les uns des autres.

Claire Duvivier, Capitale du Nord – T1 : Citadins de Demain

Le mot de la fin

Félicitations et merci à toi si tu es arrivé au bout de cette looongue chronique – qui reflète finalement toute l’ambivalence que m’a fait éprouver Citadins de Demain.

Je ne vais donc pas m’éterniser plus longtemps et file directement te préparer une nouvelle chronique pour lundi ! N’hésite d’ailleurs pas à aller t’inscrire à ma newsletter – tu seras ainsi prévenu par mail dès qu’un nouvel article sera publié sur le blog !

Tu connais les romans de Claire Duvivier, et en particulier sa trilogie Capitale du Nord ?

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

5/5 - (26 votes)

Au Suivant Poste

Précedent Poste

Poster un Commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

© 2024 Des rêves dans la marge

Thème par Anders Norén