Couverture du livre Yellowface de R.F. Kuang

Le Résumé de Yellowface

June Hayward et Athena Liu ont étudié ensemble à Yale, ont déménagé à Washington après avoir obtenu leur diplôme et sont toutes les deux écrivaines. Mais alors qu’Athena est une étoile montante de la littérature, June n’est personne. Après tout, qui s’intéresserait aux histoires d’une fille aussi banale qu’elle ?

Lorsqu’elle assiste à la mort d’Athena dans un accident invraisemblable, June agit sans réfléchir et vole le manuscrit que son amie et rivale vient de terminer. Et si June corrigeait le récit et l’envoyait à son agent comme s’il s’agissait de son propre travail ? Et si elle adoptait le nom de Juniper Song et jouait sur l’ambiguïté de son origine ethnique ?

Mais June ne peut échapper à l’ombre d’Athena, et des révélations menacent de faire s’écrouler son succès volé. Jusqu’où sera-t-elle prête à aller pour protéger son secret ?

Éditions Ellipsis

Fiche technique

Titre : Yellowface

Autrice : R.F. Kuang

Édition : Ellipsis

Pages : 352

Parution : 2 Mai 2024

Âge : À partir de 15 ans

Formats & Prix : Relié : 26.90€  Broché : 18.90€  Poche : 8.60€  Ebook : 11.99€  Audio : 13.59€ (ou un crédit)

Mon avis sur Yellowface

Après avoir été totalement embarquée par la suite de La Guerre du Pavot, j’ai voulu explorer davantage le travail de R.F. Kuang et me suis donc lancée dans son seul roman réaliste : Yellowface – que j’ai découvert en lecture commune avec Manon @b.luefern.

Voici un livre aussi déroutant que fascinant, aux frontières du contemporain et du thriller. J’ai aimé la plongée qu’il nous offre dans les réalités du monde de l’édition et du métier d’autrice. Je connaissais déjà les rouages principaux du mécanisme, mais j’ai tout de même été surprise de voir à quel point les livres best-sellers sont écrits et marketés à l’avance pour devenir des phénomènes – si les maisons d’éditions ne mettent pas d’argent dans la communication, un texte pépite peut très bien rester prendre la poussière au fond d’une étagère de librairie. C’est logique -business is business- mais la façon dont R.F. Kuang présente les choses a rendu tout ça passionnant… et un peu flippant aussi.

Mais au-delà de ça, R.F. Kuang questionne de nombreux sujets et utilise Yellowface pour traiter beaucoup de questions d’actualité :

  • le vol,
  • le mensonge (son poids et son pouvoir),
  • la duplicité,
  • les fantômes de la culpabilité,
  • l’appropriation culturelle – Peut-on raconter une culture sans l’avoir reçue en héritage ? C’est la question principale que pose Yellowface,
  • le racisme dans le milieu littéraire,
  • le succès (de sa fabrique à sa dimension addictive, mais aussi éminemment malsaine et diabolique),
  • la propriété intellectuelle,
  • le harcèlement,
  • le gouffre infernal que représentent les réseaux sociaux (je n’ai jamais eu de compte Twitter, mais maintenant tu peux être sûr que je suis vaccinée à vie).

Tous ces sujets font donc de ce roman une histoire assez violente et sombre, mais aussi unique et (encore une fois) fascinante. On entre parfois totalement dans les cases du thriller psychologique, et ce grâce à un pan du roman que je n’ai pas encore abordé : les personnages.

De toute ma vie de lectrice, je crois pouvoir compter sur les doigts d’une main mes rencontres avec une héroïne aussi détestable, fourbe et mauvaise. June est sans doute l’élément qui m’aura le plus marquée dans cette lecture. Pleine de nuances, elle évolue tout au long du livre, si bien qu’on a d’abord du mal à la cerner, mais son vrai visage se dévoile petit à petit et devient de plus en plus méprisable, si bien que je l’ai souvent comparée à une perverse narcissique. Ses choix et son comportement font froid dans le dos, même si R.F. Kuang parvient à nous faire ressentir juste assez de compassion à son égard pour que l’on ne la qualifie pas de monstre.

Mais le plus impressionnant là-dedans, c’est qu’aucun des personnages de ce roman n’est bon. Vraiment. Que ce soit Athena, l’agent littéraire, l’éditrice, les autres autrices que l’on va croiser… Ils sont tous détestables et animés par la quête du succès. Chose qui pourrait paraître décourageante pour nous, lecteurice, mais qui rend finalement ce texte encore plus entier et renforce son caractère sans concession.

En bref, Yellowface de R.F. Kuang est à la fois un roman contemporain et un thriller psychologique qui traite de nombreux sujets d’actualité. Aussi unique que fascinante, cette histoire sombre aux personnages méprisables marque durablement et renforce le statut de R.F. Kuang comme autrice de talent à suivre de près. Je recommande !

Ma note

Ma note : 16/20

La citation de Yellowface

Ce n’est d’abord qu’une lubie. Un exercice de style. Je ne réécris pas tant le manuscrit que je m’efforce de remplir les blancs ; de voir si je dispose d’assez de technique pour ombrer, affiner, extrapoler jusqu’à ce que le tableau soit complet. Je ne compte guère que jouer avec un des chapitres centraux – lequel inclut tellement de scènes inachevées qu’il faut, pour deviner son propos, connaître intimement l’écriture, et l’écrivaine.

Ensuite, je continue, c’est tout. Je ne peux pas m’arrêter. On dit que corriger un brouillon mal fichu est bien plus facile que composer sur une page blanche, et c’est exact – je me sens vraiment sûre de mon écriture en ce moment. Je trouve sans cesse des tournures de phrase qui conviennent bien mieux au texte que les descriptions désinvoltes d’Athena. Je repère les longueurs et coupe impitoyablement le remplissage inutile. Je mets en relief le fil conducteur de l’argument afin qu’il sonne telle une note claire et puissante. Je mets de l’ordre, je taille et je décore ; je fais chanter le texte.

R.F. Kuang, Yellowface

Le mot de la fin

Voilà pour cette looongue chronique du week-end ! Je n’avais pas prévu de m’épancher autant, mais il faut croire que cette lecture m’a fait de l’effet et que j’avais des choses à en dire ^^

Je m’arrête donc ici, en espérant avoir réussi à te convaincre de te pencher sur Yellowface, et on se donne rendez-vous lundi pour parler d’un roman beaucoup plus léger… mais qui m’a tout autant convaincue. Il y sera question de romance, d’adolescence, du lycée, du bal de promo, de voyage dans le temps, d’amitié, de plans et de mignonitude.

Alors, pour être certain⋅e de ne pas rater ça, je t’encourage chaleureusement à aller t’inscrire à la newsletter (tu seras ainsi averti⋅e par mail dès qu’un nouvel article sera publié sur le blog) ou à venir me retrouver sur Instagram où je publie tous les jours de nouveaux contenus littéraires !

Mais avant de partir, viens me dire en commentaires si tu as lu Yellowface de R.F. Kuang ce que tu as pensé !

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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