DES RÊVES DANS LA MARGE

Won-Pyung Sohn, Amande

Résumé de l’éditeur

Yunjae, 15 ans, n’arrive pas à ressentir les émotions. Son amygdale cérébrale, son « amande », ne fonctionne pas bien. Alors, pour se fondre dans la masse, il doit retenir les codes de la société comme les tables de multiplication : imiter les autres quand ils rient, dire bonjour, s’il te plaît, merci quand il faut… Paraître « normal », en somme. Quand une tragédie bouleverse sa vie, il se retrouve seul face à l’adversité. Contre toute attente, Gon, un garçon de son âge rebelle, colérique et violent, s’intéresse à lui. Entre eux naîtra une amitié improbable qui permettra à Yunjae d’expérimenter ses premières émotions. Mais devenir plus humain et s’ouvrir aux autres a un prix…

Pocket Jeunesse

Fiche technique

Titre Amande

Autrice : Won-Pyung Sohn

Édition : Pocket Jeunesse

Nombre de page : 336

Date de parution : 05.05.2022

Âge : À partir de 13 ans

Prix : 17.90€

Mon avis

Ce livre m’avait tapé dans l’œil avant sa sortie, alors qu’il commençait déjà à faire parler de lui sur la bookosphère. Alors j’ai sauté le pas pendant ma semaine de vacances en Normandie et j’ai finalement lu Amande de Won-Pyung Sohn.

Il faut dire que le postulat de départ ne pouvait que m’intriguer : Un adolescent souffrant d’un handicap ne lui permettant pas de ressentir les émotions. Une histoire de rencontres, d’épreuves et d’évolution dans un pays que je ne connais que trop peu. J’attendais donc beaucoup de cette lecture.

Trop, peut-être.

Vide

La première chose qui m’a interrogée en me lançant dans Amande, (et ça va peut-être t’étonner) c’est la brièveté du roman. L’éditeur nous dit qu’il fait 336 pages (comme je l’ai notifié dans la fiche technique), mais je pense que la réalité se trouve plus autour des 200 pages. En effet, non seulement la police d’écriture est très grosse, mais les chapitres sont aussi très courts (deux ou trois pages à chaque fois, parfois moins, allant jusqu’à un simple paragraphe). Ce qui fait qu’il y a beaucoup de blanc dans ces pages. Ce qui n’est pas forcément une mauvaise chose. Mais en l’occurrence et aussi paradoxal que ça puisse paraître, ça m’a donné l’impression de ne pas avancer dans cette lecture – de mouliner dans la semoule. Je sais que c’est un point purement formel, mais il a tout de même influé sur mon avis final.

Indifférence

Ensuite, et là aussi je me rends compte en l’écrivant à quel point cela peut sembler paradoxal : J’ai ressenti un véritable manque d’émotions vis-à-vis de cette lecture. Tu me diras, c’est un peu le principe même du bouquin. Et je suis totalement d’accord avec toi. Que les personnages, et principalement Yunjae, ne semblent pas atteint par quelques sentiments est tout à fait logique. Mais que MOI je ne ressente rien lors de ma lecture ou en y repensant après ? Comme si Amande me laissait indifférente ? Ce n’est pas normal. Pour moi en tout cas. Parce que les émotions et les sentiments sont les principales choses que je recherche durant une lecture. Peu importe qu’ils soient bons ou mauvais, du moment qu’ils sont là. Mais ça n’a pas été le cas ici, même lorsque l’histoire à commencé à avancer, je n’ai pas réussi à m’attacher aux personnages. Et même lorsque certains personnages vivaient des instants difficiles dont ils semblaient vraiment souffrir… Tout ça glissait simplement sur moi sans m’atteindre.

Culture

Et je pense que cela est dû au manque de profondeur de cette histoire. Comme si tout allait trop vite. Comme si tout était survolé. Je ne sais pas si ce manque “d’implication” peut venir de la culture coréenne qui n’est pas connue comme étant la plus démonstrative, mais c’est ce que j’ai ressenti. D’ailleurs, cette ambiance générale assez détachée qui se dégage du roman m’a, par de nombreux aspects, fait penser à celle du roman japonais La Papeterie Tsubaki d’Ito Ogawa.

Applaudissements

En réalité, le seul personnage qui m’a un peu plus marquée que les autres est certainement Gon. Justement parce qu’il est hypersensible, violent et torturé. C’est loin d’être un personnage coup de cœur, mais je me suis surprise à essayer de comprendre son fonctionnement et à prévoir ses réactions. Alors je dirais qu’il est le point fort de ce roman. J’ai aussi bien compris que le but de l’autrice était de mettre en avant toute la dichotomie qui existe entre Yunjae et Gon, aussi bien dans leur amitié que dans leurs vies en général. Mais la théorie n’a malheureusement pas su être mise en pratique.

Je sais que cette chronique va certainement te sembler très brouillonne, elle l’est pour moi aussi. Mais je pense qu’elle illustre bien mon propre sentiment face à Amande qui, au final, est peut-être un roman inabouti.

Pourtant, il y a de nombreux points qui méritent d’être salués. L’inclusivité. Les relations. Les normes sociales. Être libre de choisir son avenir… Je les ai vu et je les ai applaudis. Mais ils n’ont malheureusement pas su compenser les parties détaillées au début de cette chronique.

En bref

En bref, Amande de Won-Pyung Sohn est un roman duquel j’attendais plus et qui ne mérite peut-être pas tout le succès qu’il reçoit sur les réseaux sociaux. Avec un manque de développement des émotions dans le texte et un scénario marqué par sa brièveté en tous points, ce livre est certainement victime de la culture coréenne dans laquelle il baigne et du manque d’acclimatation des lecteurs européens. Mais tout cela ne retire rien aux efforts manifestes de l’autrice pour nous offrir un roman actuel prônant l’inclusivité et la tolérance.

Ma note

La citation

Je m’y sentais bien, dans cette librairie-maison. Elle était confortable. D’autres que moi auraient dit « je l’adorais » ou « je l’aimais », mais dans mon vocabulaire, « confortable » correspond à ce qu’il y a de mieux. Pour être plus précis, je me sentais relié au parfum des vieux livres. La première fois que j’en ai senti l’odeur, j’ai été envahi par une impression de déjà-vu. J’ouvrais les ouvrages pour en feuilleter les pages, plonger mon nez dedans dès que je le pouvais. Mamie se moquait de moi, me demandant à quoi ça servait de renifler des vieux livres moisis.

Les livres m’ont emporté là où je n’aurais jamais pu aller. J’y trouvais les confessions de personnes que je n’avais jamais rencontrées, des vies dont je n’avais jamais été témoin, toutes les émotions que je n’avais jamais ressenties et les situations dont je n’avais pas fait l’expérience…

Won-Pyung Sohn, Amande

Le mot de la fin

Bon lundi ! Le mien démarre, comme tu peux le voir, sur un avis mitigé… Alors ne reste plus qu’à espérer que la semaine se poursuive sous de meilleurs auspices !

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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