DES RÊVES DANS LA MARGE

Margaret Rogerson, Sorcery of Thorns

Résumé de l’éditeur

Tous les sorciers sont maléfiques.

Elisabeth, élevée au milieu des dangereux grimoires magiques d’une des Grandes Bibliothèques d’Austermeer, le sait depuis son plus jeune âge. D’ailleurs, peu de temps après le passage à la bibliothèque du sorcier Nathaniel Thorn, un des ouvrages se transforme en monstre de cuir et d’encre, semant mort et destruction. Et c’est Elisabeth qui se retrouve accusée de l’avoir libéré.

Forcée de comparaître devant la justice à la capitale, elle se retrouve prise au coeur d’une conspiration vieille de plusieurs siècles. Bien malgré elle, elle n’a d’autre choix que de se tourner vers son ennemi Nathaniel, et son mystérieux serviteur, Silas. Car ce ne sont pas seulement les Grandes Bibliothèques qui sont en danger, mais le monde entier… et face à ce terrible complot, Elisabeth va devoir remettre en question tout ce qu’elle croyait jusqu’ici, y compris sur elle-même.

« Sorcery of Thorns est un bijou ensorcelant… J’ai adoré chaque page de cette histoire. » Stephanie Garber, autrice de Caraval

« Une aventure captivante riche en personnages fascinants, une histoire d’amour passionnée qui se dévoile peu à peu, un univers dans lequel on a envie de se perdre. » Kirkus Reviews

Big Bang

Fiche technique

Titre Sorcery of Thorns

Autrice : Margaret Rogerson

Édition : Big Bang

Nombre de page : 576

Date de parution : 16.09.2020

Âge : À partir de 14 ans

Prix : 16.90€

Mon avis

Qui n’a jamais rêvé de voir les livres prendre vie ? Allez, franchement… Ce serait pas génial ? Moi je crois que si.

C’est en tout cas le monde dans lequel vit Elizabeth, orpheline élevée au milieu des rayonnages et apprentie gardienne dans une des six bibliothèques du pays – lieux ô combien importants à son bon fonctionnement. Et pour cause, c’est là que sont entreposés, soignés et protégés tous les grimoires de tous les sorciers ayant jamais existés, classés par ordre de dangerosité. Parce que oui, un livre ça peut causer beaucoup de problèmes. Surtout quand certains se mettent à se transformer en véritables monstres assoiffés de sang semant mort et destruction sur leur passage.

Rien qu’avec ce bout de résumé, j’étais heureuse. Parce qu’encore une fois : des livres vivants ayant un caractère propre et une vraie capacité réflexive, de la magie et une menace mystérieuse qui plane sur le pays en prenant pour armes les bibliothèques et leurs grimoires… Moi ça m’éclate ! Surtout que l’autrice arrive parfaitement à rendre tout cela vivant, dynamique et franchement crédible. Bon certes, il est vrai que les 150 premières pages sont un peu lentes et pas vraiment des plus captivantes… Mais je peux t’assurer que la suite vaut largement le détour !

Parce qu’outre son univers qui donne envie de se perdre dans sa contemplation, la vraie grande force de ce roman, ce sont ses personnages. Elizabeth est une héroïne comme on en voit encore trop peu, car elle n’est pas, comme tant d’autres de ses comparses, faussement indépendante. Non. Elle est forte, badass et surtout : elle ne va pas systématiquement chercher de l’aide auprès du chevalier servant. Elle est intelligente et sait se sortir toute seule du pétrin dans lequel elle s’est fourrée, même si ça demande parfois un peu de temps et de ressources insoupçonnées. (En plus, le nom de famille d’Elizabeth est « Scrivener ». Oui, comme le logiciel d’écriture plébiscité par tant d’auteurs… Une raison de plus de la trouver géniale !)

Ce qui ne veut pas dire que Sorcery of Thorns soit exempt de toute figure masculine prête à faire bouger les lignes, bien au contraire ! Et cette figure masculine se présente sous le doux nom de Nathaniel, un des amours de ma vie littéraire. Il est formidable. Je l’adore. (Syndrome du mec-brun-ténébreux-au-sombre-passé, bonjour !) Il a un sens de l’humour et une répartie inimitable. Je me suis régalée de chacune de ses répliques. Et puis il y a Silas, aka mon coup de cœur de ce roman, mon chouchou – qui n’attend que toi, parce que tu vas bientôt tomber en ébahissement devant lui, c’est certain.

Et je ne voudrais surtout pas oublier ce qui, à mon avis, est aussi d’une importance non-négligeable : Le parfait équilibre entre tous les aspects plus personnels et légers que peuvent vivre les personnages (que ce soit dans le développement des relations -amicales, sentimentales…-, l’humour, la légèreté, les instants de fragilité, etc) et toutes les problématiques apocalyptiques qu’ils vont devoir tenter de résoudre (avec toute la stratégie, la réflexion et l’action que ça suppose). Là encore, il est assez rare que la balance ne penche pas plus d’un côté que de l’autre, et c’est donc quelque chose que je tenais à souligner.

Mais je vois que je commence à m’étaler, alors récapitulons :

  • Une intrigue originale et palpitante qui n’a rien à envier à d’autres gros titres de fantasy,
  • Des personnages génialissimes,
  • Un équilibre parfait entre amitié/humanité/sentiments et enquête/sauvetage de monde/aventure,
  • Un one-shot – ce qui est franchement agréable au milieu de toutes les sagas que comptent le genre,
  • Un bon moment garanti.

Voilà tout ce qui fait que Sorcery of Thorns est un excellent roman de fantasy YA, qui saura aussi bien ravir les amateurs que les spécialistes du genre. Et ne va surtout pas croire qu’une quelconque facilité est prise, au contraire : aucun chemin « attendu » n’est emprunté, ce qui fait que cette histoire te réserve de nombreuses surprises – pleines de moments épiques qui ont plusieurs fois transpercé et ému mon petit cœur.

La citation

Combien de temps faudrait-il à silas pour les retrouver ? Elle ne partageait pas la confiance de Nathaniel. Elle n’avait jamais vu un lieu aussi bien défendu que celui-ci. Même si Silas était capable d’escalader le haut rempart qui protégeait la bibliothèque, celui-ci était renforcé de fer, et veillé par les gardiens. Et ce n’était que le premier obstacle à franchir ; il lui faudrait ensuite se glisser dans le bâtiment et passer un nombre conséquent de grilles en fer pour accéder aux geôles.

Après avoir attendu ce qui lui parut des heures, elle se redressa.

– Vous ne pensez pas que Silas aurait pu se faire prendre, tout de même ? demanda-t-elle.

– J’espère que non, répondit dans un murmure une voix légèrement vexée, en provenance du couloir. Maître Nathaniel sait que je ne suis pas un amateur.

– Silas ! s’exclamèrent-ils à l’unisson en précipitant aux barreaux.

Silas sortit de l’ombre en soupirant.

– Parlez plus doucement, si cela ne vous fait rien.

Un grand sourire illumina le visage de Nathaniel en le voyant apparaître dans le cercle lumineux de la torche, impeccable et serein comme à son habitude.

– Tu n’as pas été blessé ? demanda Nathaniel.

Silas écarta d’un geste négligent une question aussi indigne de lui.

– Je constate que tous les deux, vous n’avez pas perdu de temps pour réussir à vous faire jeter en prison. (Il se pencha pour examiner la serrure de la grille, puis, à l’aide d’un mouchoir replié pour se protéger la main du contact du fer, sortit de sa poche le trousseau de clés d’un gardien.) Je ne sais même plus, maître. Est-ce la deuxième ou la troisième fois que je dois vous faire évader d’une cellule ?

Nathaniel toussota.

– De simples malentendus sans gravité, en deux toutes petites occasions, assura-t-il à Elizabeth.

Silas s’empara d’une des clés du trousseau et s’en servit pour ouvrir les menottes de Nathaniel. Puis, tandis que ce dernier s’occupait de libérer Elizabeth, Silas choisit une seconde clé et s’appliqua à déverrouiller la porte de leur cellule.

– Au moins, cette fois, vous avez encore vos vêtements, releva-t-il d’un ton imperturbable, penché sur la serrure.

– Je te rappelle, dit Nathaniel, qu’il s’agissait d’un accident, et aucun témoin ne s’en est plaint, que je sache. Une femme m’a même envoyé des fleurs. N’en prenez pas ombrage, ajouta-t-il à l’intention d’Elizabeth. Elle avait quarante ans et se prénommait Mildred.

Silas ôta vivement sa main alors que la grille s’ouvrait, et lâcha les clés avec un sifflement de douleur. Un panache de fumée s’éleva de ses doigts. Il voulu se reculer pour leur laisser la place de sortir, mais en fut empêché par Elizabeth qui le serra dans ses bras, suivie aussitôt par Nathaniel qui l’étreignit de l’autre côté. Il se figea, raide comme un piquet, endurant leur démonstration d’affection avec la patience hautaine d’un chat de race embrassé par un bambin. Quand il finit par s’agiter un peu dans leurs bras, ils le relâchèrent enfin.

– Nous éviterons de reparler de ce moment, les avertit Silas en défroissant ses manches.

Margaret Rogerson, Sorcery of Thorns

Ma note

Le mot de la fin

Voilà pour la chronique de ma première lecture de 2022, qui me fut d’ailleurs très chaudement recommandée (c’est le code pour dire que j’ai reçu des menaces) par Marie, que je remercie donc de son insistance. Non pas que je me plaigne, au contraire, ce n’est que justice après la quantité affolante de bouquins que je lui est très chaudement recommandé (😈) de lire ! [Au fait Marie, ça y est, tu as commencé ACOTAR ? Oui, je suis affreusement lourde, mais j’assume !]

Et toi, avec quelle lecture as-tu choisi de commencer l’année ?

Amandine Stuart

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2 Commentaires

  1. Marie 19 janvier 2022

    J’attends ta chronique avec impatience, et je suis très heureuse que tu aies aimé Sorcery of Thorns !
    Même si je trouve que 15/20 n’est vraiment pas assez pour ce super livre… 😕
    (Et oui, j’ai commencé ACOTAR 😳)

    • Amandine Stuart 21 janvier 2022 — Auteur d'un article

      Merci pour ton bon conseil en tout cas !

      Et c’est vrai que j’ai hésité à mettre une meilleure note, mais j’ai quand même trouvé le début assez long à se mettre en place 🙊

      Oooh ! J’attends de tes nouvelles alors ✨

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