
Le Résumé des Oubliés de Greenborough
De toute sa vie, Elisa ne s’est jamais autorisée à passer plus de dix mois au même endroit, ni à nouer de véritables relations. Et pour cause, une malédiction frappe toutes les femmes de sa famille : si Elisa a le malheur de s’enraciner quelque part, elle se changera en arbre.
Jusqu’au jour où elle échoue dans une petite ville du Massachusetts appelée Greenborough. Des forces mystérieuses semblent y être à l’œuvre, empêchant certains habitants de partir. C’est pourtant là qu’elle espère trouver enfin les réponses à ses questions et changer son destin.
Pour survivre, Elisa va devoir percer à jour les secrets qui entourent sa famille depuis plusieurs générations…
Fiche technique
Titre : Les Oubliés de Greenborough
Autrice : Sarah Beth Durst
Édition : Verso
Pages : 432
Parution : 6 février 2026
Âge : À partir de 14 ans
Formats & Prix : Papier : 21.90€ • Ebook : 12.99€ • Audio : 19.98€ (ou un crédit)
Mon avis sur Les Oubliés de Greenborough
Encore une fois, Sarah Beth Durst m’a prise par la main et m’a entraînée dans un voyage tout en émotions et en sensibilité. J’avais déjà été séduite par sa manière de raconter des histoires pleines de douceur et d’imaginaire dans La Petite Boutique de Sortilèges et L’Île aux jardins enchantés — et Les Oubliés de Greenborough n’a fait que confirmer tout le bien que je pense de sa plume.
J’ai adoré l’univers qu’elle développe ici, entre petite ville, nature omniprésente, voyages et malédiction familiale. Il se dégage du roman une atmosphère particulière, presque hors du temps, sublimée par cette écriture poétique qui m’avait déjà tant plu chez l’autrice. C’était beau, parfois mélancolique, et surtout profondément touchant.
Mais ce sont aussi les personnages et les thématiques du roman qui m’ont beaucoup parlé. Sarah Beth Durst met en scène des personnages en quête de liberté, mais enfermés dans des carcans (sociaux, mais pas seulement) dont il est difficile de s’affranchir. À travers leurs histoires, le roman aborde notamment la place accordée aux femmes, les attentes qui pèsent sur elles et la difficulté de choisir sa propre vie. J’ai trouvé toute cette dimension féministe particulièrement réussie, sans jamais avoir l’impression que les messages prenaient le pas sur l’histoire.
Seul petit bémol : la construction du récit autour de trois temporalités. Si j’ai aimé découvrir progressivement les différentes pièces du puzzle des vies de Rose, Lori et Elisa — grand-mère, fille et petite-fille — ce choix nuit selon moi au suspense puisque l’on comprend assez rapidement la clef du mystère. J’aurais aimé conserver davantage d’incertitudes et être un peu plus surprise par les révélations.
Mais cette réserve reste largement compensée par l’ambiance, la poésie et les messages du roman. Les Oubliés de Greenborough est une histoire de transmission, de liberté et d’émancipation qui m’a beaucoup touchée. Une nouvelle réussite pour Sarah Beth Durst !
Ma note

La citation des Oubliés de Greenborough
Derrière un étang recouvert d’une fine couche d’algues se dresse une maison de campagne aussi charmante qu’une maison de poupée. Tout comme le jardin, elle est dans un sale état : plusieurs bardeaux ont été à demi arrachés du toit et les fenêtres sont opaques. L’une d’elles est même fissurée sur la diagonale. Je repère des outils de jardinage alignés près de l’entrée : une brouette, de nombreux pots et bacs vides, un râteau rouillé, une paire de gants recouverts de terre. Les murs et le seuil de la porte sont envahis par le lierre.
– Je sais bien que ça ne paie pas de mine, dit Allison, mais les fondations…
– … sont solides, j’achève à sa place. Ce sera parfait.
C’est un refuge. Ici, je serai tranquille. Pas de voisins pour crier à travers les murs, le plafond ou le sol ; aucun risque de me mêler de la vie de quelque famille que ce soit. Je suis prise du désir ardent d’habiter cette maison, d’une manière que je n’avais pas envisagée au moment de fouler le gravier de cette allée.
Ici, je pourrai être moi, et personne ne m’entendra jamais. Je n’aurai pas à faire semblant d’être normale. Mieux encore, je n’aurai jamais l’impression de passer à côté de mon existence. Entendre à longueur de journée maris et femmes, grands-parents, enfants et amis vivre ensemble, organiser des soirées, se disputer, écrire leur histoire commune… C’est une véritable torture que d’habiter un appartement. Ici, je vais pouvoir me reposer. Me ressourcer.
Sarah Beth Durst, Les Oubliés de Greenborough
💡 Pour aller plus loin, voici d’autres chroniques à propos de Les Oubliés de Greenborough de Sarah Beth Durst, concoctées par des camarades dont j’apprécie beaucoup le travail : BibFreaks ! • My-Bo0ks • Songe d’une nuit d’été.
Le mot de la fin
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À bientôt pour un nouvel article !
Amandine Stuart
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