DES RÊVES DANS LA MARGE

Laure Dargelos, La Voleuse des toits

Résumé de l’autrice

Véritables piliers de la société, les règles écarlates ont prohibé toutes formes d’expression : l’art, la littérature et la musique n’existent plus. Chaque jour, la milice multiplie les exécutions pour asseoir l’autorité du régime.

Demoiselle respectable le jour et voleuse la nuit, Éléonore Herrenstein s’élève contre l’ordre établi. Elle qui espère rejoindre la rébellion et renverser le gouvernement, la voilà brusquement fiancée à l’un des hommes les plus puissants du royaume. Qui est donc Élias d’Aubrey, cet être impénétrable qui semble viser le pouvoir absolu ? Et pour quelles sombres raisons sa famille dissimule-t-elle une mystérieuse toile, peinte un demi-siècle plus tôt ?

Éléonore ignore encore que sa quête l’entraînera bien plus loin qu’elle ne l’imagine. Dans un voyage au-delà du possible…

Auto-Édition

Fiche technique

Titre : La Voleuse des toits 

Autrice : Laure Dargelos

Édition : Auto-Édition

Nombre de page : 675

Date de parution : 23.02.2019

Âge : À partir de 15 ans

Prix : 20.00€

Remarque : J’ai lu ce roman dans le cadre de l’édition 2021 du challenge lecture FAIS VRILLER TA PILE À LIRE.

Mon avis

Voici un autre livre lu à l’occasion du challenge FAIS VRILLER TA PILE À LIRE. J’avoue que jusqu’à ce que je le découvre dans mon abonnement Boobox, je n’en avais jamais entendu parler. Nulle part.

Grossière erreur si tu veux mon avis.

Crois-moi, tu devrais retenir ce titre sur lequel, je l’espère, tu voudras te précipiter après avoir lu cette chronique !

Intrigué ? Oui ? Bon, alors je ne vais pas être sadique : je commence tout de suite.

En général

Le monde créé par Laure Dargelos nous entraîne à l’époque victorienne, dans les années 1800, au sein d’un monde fantasy qui nous est inconnu mais dont les codes nous sont familiers. Une société dictatoriale semblable à pas mal d’autres récits de ce genre. Jusque-là, pas vraiment de quoi être déboussolé.

En revanche, l’écriture de l’autrice m’a immédiatement embarqué. Sa plume est fluide et riche, mais pas du tout indigeste, au contraire. Elle nous plonge parfaitement dans les dilemmes des personnages et les enjeux de l’histoire. J’ai beaucoup aimé évoluer dans La Voleuse des toits et ne me suis absolument pas ennuyée.

Maintenant que cette petite mise en contexte est faite, passons au nerf de la guerre : les personnages.

Il y en a beaucoup qui peuplent cette histoire. Pourtant, chacun avait une légitimité à faire partie de l’aventure, ils avaient tous une « utilité ». Et Laure Dargelos est toujours parvenue à les rendre très humains. Que ce soit ceux que nous adorons ou que nous détestons, personnes n’était simplement la « figure du méchant de l’histoire ». Il suffisait de creuser un peu pour apercevoir une certaine justification de leurs actes.

Pour ce qui est de nos deux personnages principaux, Éléonore est une figure à laquelle on s’identifie facilement. Elle est attachante, rebelle, courageuse, et tout ce qui fait une bonne héroïne. Malgré que je n’ai pas toujours complètement compris ses choix, que j’ai parfois trouvés légèrement égoïste. (Mais bon, on a tous le droit de s’en faire pour soi de temps en temps, donc je ne lui en tiens pas vraiment rigueur.) Cette aristocrate qui mène une double identité en étant ce que l’on attend d’elle le jour, devient Plume une fois la nuit tombée et tente de voler au gouvernement quelques fragments de liberté en violant le couvre-feu et en se baladant sur les toits de la ville. Bref, elle est la badassitude incarnée.

Pour ce qui est d’Élias, j’ai toujours beaucoup de difficultés à le cerner, même maintenant. C’est un personnage tout en contradictions. Je ne crois pas me souvenir d’une lecture où j’ai été autant perdue face à un protagoniste. D’habitude, en tant que lecteur nous n’avons en général pas trop de mal à discerner à qui nous pouvons accorder notre confiance. Ce fut loin d’être le cas pour Élias qui m’échappait à chaque fois que je pensais le comprendre. J’avoue que ça m’a beaucoup perturbée. On ne voit pas ce genre de personnages sur toutes les étagères, et franchement, c’est ce qui fait d’Élias un des plus gros points forts de La Voleuse des toits.

À travers ce combat pour l’indépendance, Laure Dargelos prône donc (entre autres) une jolie thèse qui défend l’art et toutes ses aspérités et nous montre que ce moyen d’expression et ce puits de connaissances sont indispensables dans une société épanouie.

Je tenais encore une fois à rendre hommage à l’autrice qui à aucun moment n’a peur de se jouer des conventions. Tout au long et jusqu’aux dernières lignes de son récit, elle fera preuve de beaucoup d’audace et ne cessera jamais de nous rendre indécis et incertains. (La preuve : il y a encore des points qui me turlupinent. Pas dans le sens où il manquerait des réponses à mes questions, mais plutôt comme lorsque je me dis « il en fallait du courage pour faire ça ».)

En bref

En bref, La Voleuse des toits de Laure Dargelos est vraiment une très bonne histoire qui m’a marquée et continuera de le faire pendant longtemps. Je ne peux que te conseiller d’aller découvrir ce récit plein de messages essentiels et de suspense à n’en plus finir avec ses personnages et ses retournements qu’on ne lit pas tous les jours.

Ma note

Les 5 citations

Avant de commencer un nouveau livre qui m’intéresse j’aime aller checker quelques citations pour voir si le style d’écriture me plait. Voici donc cinq citations (toujours garanties 100% sans spoilers, évidemment !). Libre à toi de les lire ou pas, suivant si tu aimes bien savoir dans quoi tu t’engages ou si tu veux garder le total plaisir de la surprise.

Les musiques autorisées par la censure étaient au nombre de six : une demi-douzaine de mélodies qui se répétaient en une boucle infernale. Comment des notes pouvaient-elles être jugées contraires au régime ? Pour l’Oméga, ce n’était sans doute qu’une façon de resserrer son contrôle, d’imposer ces airs comme il codifiait les pas de danse. On privait les individus de liberté, les habituant peu à peu à cette surveillance constante. Jusqu’à ce que la dictature leur paraisse naturelle.

LAURE DARGELOS, LA VOLEUSE DES TOITS

Plume s’était fait le serment de poursuivre ce combat. Seule, elle ne pouvait rien contre la société et les règles écarlates. Mais il existait une liberté qui jamais ne s’évanouirait. La liberté de rêver… Elle était devenue une voleuse des toits qui, à la nuit tombée, usait de l’obscurité pour dérober au gouvernement une part d’espoir. Un morceau de ciel étoilé qu’elle glissait sous son oreiller et qui l’accompagnait dans chacun de ses songes.

LAURE DARGELOS, LA VOLEUSE DES TOITS

– Cette porte est dotée d’une poignée, fit Élias distraitement. Il s’agit d’une invention absolument incroyable. Moi-même, j’ai été époustouflé d’apprendre qu’une simple pression me permettait de l’actionner… Ou vous entrez Mademoiselle Herrenstein, ou vous quittez votre poste d’observation.

– Comment saviez-vous que j’étais là ? Marmonna Plume en poussant la porte.

LAURE DARGELOS, LA VOLEUSE DES TOITS

Il semblait absorbé par le spectacle de la rue et la jeune fille hésita avant de s’éclaircir la gorge.

– Que puis-je faire pour vous ? Lança-t-elle sans dissimuler son intention d’en faire le moins possible.

Élias se retourna et Plume fronça les sourcils sous l’effet d’une profonde perplexité. Deux choses étaient franchement curieuses : tout d’abord, l’énorme bouquet de fleurs qui laissait à peine apparaître le menton d’Élias, mais surtout le large sourire qui étirait ses lèvres. Qu’avait-il bien pu inventer ? S’il espérait la séduire, il lui faudrait trouver mieux qu’un bouquet et des dents blanches à exhiber.

– Vous ai-je déjà dit à quel point je vous trouvais ravissante ? S’exclama Élias en s’avançant vers elle.

Il mima une révérence et de mauvaise grâce Plume accepta son bouquet. Elle s’empressa de le poser sur un guéridon en se promettant intérieurement de le laisser se dessécher.

LAURE DARGELOS, LA VOLEUSE DES TOITS

Anémone ressemblait à une citrouille. Telle fut la comparaison flatteuse qui traversa l’esprit de Plume lorsqu’elle l’aperçut dans le hall d’entrée. Son hôtesse était vêtue en orange de la tête aux pieds et sa tenue ne faisait qu’accentuer l’éclat de sa crinière rousse, pour l’instant domptée en un imposant chignon. Avec ses dents en avant et son profil chevalin, elle avait l’air d’une étrange créature mi-animal mi-légume.

LAURE DARGELOS, LA VOLEUSE DES TOITS

Le mot de la fin

Voilà pour ma dernière lecture de février dont je n’espérais pas tant mais qui fut une excellente surprise.

Je vais suivre de près Laure Dargelos et son travail puisque tu peux être sûr que je serai au rendez-vous lorsqu’elle nous présentera un nouveau projet ! En plus, du fait qu’elle ait auto-édité son roman me donne encore plus de joie à la soutenir parce que je ne peux qu’imaginer à quel point ce procédé doit être compliqué et stressant.

Sur ce je te souhaite de très belles lectures et te dis à bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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