Couverture du livre La Guerre du Pavot, le Tome 1, de R.F. Kuang

Résumé de La Guerre du Pavot

Les relations entre l’Empire du Nikan et la Fédération de Mugen ont toujours été conflictuelles. Lorsque l’Empire se retrouve affaibli, la Fédération en profite pour l’envahir. Deux Guerres du pavot sont nécessaires pour vaincre et repousser l’ennemi mugenais vers le large.

Des siècles plus tard, au sud du Nikan, la jeune orpheline Fang Runin, qui n’a connu que la misère, se retrouve fiancée contre son gré. Pour échapper au mariage, elle se lance à corps perdu dans la préparation du Keju, un exigeant concours qui lui ouvre les portes de l’élitiste Académie de Sinegard.

Bien que discriminée par tous, elle se révèle redoutable, mais surtout dotée d’impressionnantes prédispositions au shamanisme. Tandis qu’elle apprend à saisir la vérité du monde et à apprivoiser ses puissants pouvoirs, Mugen envahit subitement les terres nikara. Une nouvelle Guerre du pavot éclate. Rin est prête à tout pour triompher, y compris faire appel aux plus imprévisibles et dangereuses des divinités.

Éditions De Saxus

Fiche technique

Titre La Guerre du Pavot – T1

Autrice : R.F. Kuang

Édition : De Saxus

Pages : 620

Parution : 15.05.2024

Âge : À partir de 16 ans

Formats & Prix : Relié : 29.90€  Broché : 19.90€  Ebook : 12.99€

Remarque : J’ai lu ce livre dans le cadre de l’édition 2025 du Challenge Le Mois de la Fantasy.

Mon avis sur La Guerre du Pavot

Voici la fameuse réédition du roman phénomène de R.F. Kuang (autrice tout aussi phénomène) qui fait tant parler en ce moment. Je me suis donc empressée de me lancer dans cette lecture dès sa sortie.

Ce qu’il en est ressorti ? La Guerre du Pavot est un bon roman de dark fantasy, ça oui. Mais il reste malgré tout très classique dans sa construction et ses thématiques. Je m’explique.

Mais je tiens d’abord à préciser que j’ai lu ce livre durant une semaine de maladie, où mon cerveau était plus proche de celui du zombie que de l’être humain normalement constitué, ce qui a certainement joué sur mon appréciation de La Guerre du Pavot. Peut-être ne suis-je donc pas totalement objective.

Mais il n’empêche que ça ne m’a pas empêchée de reconnaître ses qualités indéniables. Que ce soit dans la création de son univers (inspiré de la Chine médiévale) et sa construction très élaborée, notamment dans l’histoire du pays (avec ses dirigeants, ses guerres et ses légendes). La carte est donc complexe, et m’a demandée un certain temps d’assimilation. Ce n’est donc pas un roman dans lequel on se lance entre le fromage et le dessert : il demande de la concentration et du temps à y consacrer.

Une fois que l’on a intégré ce worldbuilding, il devient plus facile de se laisser porter aux côtés de Rin – notre héroïne pleine de détermination. On s’attache forcément à elle avec son envie furieuse de ne pas laisser sa vie être dictée par sa condition de paysanne orpheline et de vouloir tout faire (TOUT) pour devenir qui elle veut être. Je ne dis pas que j’ai adhéré à chacune de ses décisions, loin de là, simplement que je l’ai profondément respectée pour son entièreté et sa droiture d’esprit.

Nous la suivons donc d’abord dans son apprentissage à l’Académie militaire de Sinegard, qui pousse ses élèves à bout en même temps que les rivalités et les amitiés vont naître entre les étudiants. Sans oublier la dimension de fantasy qui commence à se mettre en place et que j’ai trouvée assez originale, car très malsaine (franchement, ça ne donne pas envie d’avoir des pouvoirs pour une fois) mais aussi plutôt plausible (dans le fait de devoir se droguer pour s’élever et s’ouvrir l’esprit et ainsi pouvoir accéder aux dieux). C’est peut-être ma partie préférée du livre pour tout ce qu’elle a de fondateur et de déterminant pour la suite – que ce soit dans la construction géopolitique, la présentation de l’éventail de personnages ou les prémisses de l’ampleur que va prendre l’intrigue et que l’on peut déjà deviner.

Jusqu’à ce que la guerre ne soit plus une théorie académique (ce n’est pas un spoiler au vu du titre du livre et de son résumé) et que l’on entre dans quelque chose de beaucoup plus difficile, aussi bien dans les épreuves et les bouleversements que les personnages auront à affronter que dans les thématiques qui nous font face. C’est clairement à partir de ce moment-là que j’ai eu du mal à rester accrochée (même si c’est paradoxal). Parce que c’est là que la dimension de fantasy prend toute son ampleur, mais aussi sa catégorisation “dark”. Parce que c’est la guerre, et que l’autrice n’édulcore rien de ces réalités, qui peuvent non seulement sembler choquantes mais aussi résonner fortement avec notre actualité. Les triggers warnings au début du roman donnent le ton, et il me paraît franchement indispensable d’en prendre connaissance avant de se lancer dans la lecture de La Guerre du Pavot.

Ce récit devient donc (à mes yeux) étrangement plus difficile qu’au début, aussi bien à cause de toutes les atrocités de la guerre qu’il nous montre que toutes les conséquences que cela provoque dans l’évolution des personnages. Honnêtement, je n’ai pas hâte de voir ce qu’ils vont devenir et comment ils vont finir.

La Guerre du Pavot est donc une lecture difficile, mais qui n’en reste pas moins de qualité malgré une construction assez classique (une héroïne que l’on forme à la guerre et qui va essayer de sauver le monde en échappant à des complots et en accomplissant des exploits). Je ne suis donc pas contre l’idée de devoir attendre un peu avant de lire la suite (qui, il me semble, est prévue pour la fin de l’année) – mais que je découvrirais toutefois avec joie.

Ma note

Ma note : 16/20

La citation de La Guerre du Pavot

Quand ses saignements cessèrent, Rin retourna à l’infirmerie et dévoila ses intentions au médecin, qui n’opposa aucun argument et sembla même satisfait.

”Ça fait des années que j’essaie de convaincre les filles de l’Académie de suivre cette procédure, confia-t-il, mais aucune ne m’écoute. Pas étonnant qu’aussi peu d’entre vous passent la première année. On devrait rendre ça obligatoire.”

Il la fit patienter tandis qu’il disparaissait dans l’arrière-salle pour préparer le mélange requis. Il revint dix minutes plus tard, une tasse fumante à la main.

”Avale ça.”

Rin s’empara de la tasse. Elle était en porcelaine sombre et Rin ne pouvait discerner la couleur du liquide à l’intérieur. Elle se demanda si elle était censée ressentir quelque chose. Elle se trouvait à un tournant de son existence. Elle n’aurait jamais d’enfants. Après cela, personne n’accepterait plus de l’épouser. Était-ce réellement important ?

Non, bien sûr que non. Si elle avait souhaité devenir énorme en portant des petits morveux geignards, elle serait restée à Tikany. Elle avait rejoint Sinegard pour échapper à cet avenir. Pourquoi hésiter maintenant ?

Elle fouilla son esprit à la recherche d’un quelconque sentiment de regret. Rien. Elle n’éprouvait absolument rien, tout comme le jour où elle avait quitté Tikany en regardant le village poussiéreux s’éloigner derrière elle à tout jamais.

”Ça va faire mal, avertit le médecin. Beaucoup plus que pendant tes règles. Ton utérus va s’autodétruire dans les quelques heures qui viennent. Après ça, il arrêtera de jouer son rôle. Quand ton corps sera arrivé à pleine maturité, tu pourras te faire opérer pour qu’on le retire entièrement, mais ce que je t’ai donné devrait régler ton problème en attendant. Tu vas manquer les cours pendant au moins une semaine, mais ensuite, tu seras libre pour le restant de tes jours. Maintenant, je dois te demander une nouvelle fois si tu es bien certaine de vouloir faire ça.

– J’en suis sûre, confirma Rin.

R.F. Kuang, La Guerre du Pavot – T1

Le mot de la fin

C’est la fin de cette chronique (qui est finalement très dense, désolée) ! Je te donne donc rendez-vous demain sur Instagram pour découvrir mon programme de lecture idéal pour cet été, histoire de retrouver un peu de légèreté. Il faudra donc attendre samedi pour se retrouver ici pour une nouvelle chronique, où il sera question d’une réécriture de conte !

Alors, pour être certain⋅e de ne rien rater, je t’encourage donc chaleureusement à aller t’inscrire à la newsletter (tu seras ainsi averti⋅e par mail dès qu’un nouvel article sera publié sur le blog) ou à venir me retrouver sur Instagram où je publie tous les jours de nouveaux contenus littéraires !

Mais avant de partir, viens me dire en commentaires si tu as lu La Guerre du Pavot de R.F. Kuang et ce que tu en as pensé !

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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