DES RÊVES DANS LA MARGE

David Foenkinos, Numéro Deux

Résumé de l’éditeur

« En 1999 débutait le casting pour trouver le jeune garçon qui allait interpréter Harry Potter et qui, par la même occasion, deviendrait mondialement célèbre.

Des centaines d’acteurs furent auditionnés. Finalement, il n’en resta plus que deux. Ce roman raconte l’histoire de celui qui n’a pas été choisi. »

Éditions Gallimard

Fiche technique

Titre Numéro Deux

Auteur : David Foenkinos

Édition – Collection : Gallimard – Blanche

Nombre de pages : 240

Date de parution : 01.12.2021

Âge : À partir de 15 ans

Prix : 19.50€

Mon avis

Je pense que David Foenkinos est l’un des auteurs français les plus populaires de ces dernières années. Et pourtant, je suis loin de bien le connaître puisque je n’ai lu qu’un de ses ouvrages : La Délicatesse que j’avais beaucoup aimé. Ce n’est donc pas tant le nom de l’auteur qui m’a attiré vers ce roman, mais bien sûr le sujet qu’il traite et la formulation de ce résumé très court mais qui m’a frappé d’une drôle de façon.

Filtre d’amour

Je suis tout de suite tombée sous le charme de Numéro Deux, qui s’est vite imposé chez moi comme un coup de cœur. J’ai choisi de le découvrir dans sa version audio, et cela n’est certainement pas étranger à mon amour pour ce livre. Il faut dire que la voix d’Anaïs Demoustier porte le texte d’une magnifique manière et le porte pour le sublimer. J’ai encore en tête ses intonations et son ton qui reflétaient parfaitement l’ambiance du roman. Roman qui est d’ailleurs très court (240 pages) mais qui regorge d’une multitude de prismes. On ne s’ennuie jamais. On ne fait pas non plus face à une sensation de trop ou de pas assez. Tout est parfaitement dosé et maîtrisé. Mais surtout, on s’attache très vite aux personnages – à Martin en particulier.

Martin, qui a failli être celui qui incarnerait Harry Potter. Mais qui s’est fait rafler la mise par Daniel Radcliffe.

Chemin de Traverse

Attention, mettons tout de suite les choses au point : Numéro Deux est une œuvre de fiction. L’éditeur le précise clairement avant le début du roman, dans un avertissement au lecteur : “Si certains des éléments de ce roman reprennent des faits réels, l’auteur a cherché avant tout à donner libre cours à son imagination, au fil d’une intrigue parfaitement fictive.” Et encore une fois dans le copyright à la fin de l’histoire : “Ce roman est une œuvre de fiction qui n’a pas l’approbation de J. K. Rowling et Warner Bros.”

Et cette précision est plutôt bienvenue puisque j’ai été moi-même plusieurs fois tentée de m’embarquer dans mes délires en me disant “C’est quand même fou cette histoire, quelle injustice !” Mais il me semble important de garder en tête que, même s’il y a bien eu un réel numéro deux, ce n’est pas son histoire à lui qui nous est raconté ici, c’est celle d’une réalité alternative (qui c’est peut-être passée comme c’est écrit, mais peut-être pas).

En revanche, tous les faits autour de Harry Potter, de son écriture en romans à son adaptation en films, sont avérés. Et ça, c’était génial. De la vie de J. K. Rowling, au producteur qui a découvert le livre et qui en est tombé amoureux, en passant par les négociations qui se sont tenues… Tout Potterhead sera ravi de cette plongée au cœur de la mécanique qui a fait que Harry Potter est devenu ce que l’on connaît de lui aujourd’hui. Tous les éléments que donne David Foenkinos n’étaient pas inédits pour moi, mais j’ai tout de même appris et découvert de nombreux points que je ne soupçonnai pas. Et le fait qu’ils soient intégrés à un récit on ne peut plus immergeant les rend encore plus saisissants.

Bref, toute la partie qui touche à Harry Potter était un vrai régal et une immersion totale dans les coulisses de cet univers mythique qui nous est si cher !

Détraqueurs

Mais si le récit se concentre pendant longtemps sur Harry Potter (pendant toute l’enfance de Martin), la magie est ensuite reléguée à un second plan (ou en tout cas un plan bien moins glorieux) à partir du moment où Martin apprend qu’il n’est pas choisi. C’est alors une descente aux Enfers qui commence, et avec elle le roman prend une dimension extrêmement sombre à laquelle je ne m’attendais pas du tout.

⚠️ Et c’est là qu’il me semble important de poser les triggers warnings qui apparaissent dans Numéro Deux : La mort, les violences psychologiques sur mineur, la dépression, les pensées suicidaires. Si tu ne te sens pas capable de te confronter à l’un de ces sujets, je te conseille de te préserver en allant te pencher sur une autre lecture.

Le tournant que prend la vie de Martin est devenu assez difficile à lire, en particulier dans les phases les plus sombres qui apparaissent par vagues. Car si la vie peut redevenir douce et joyeuse pour lui, il ne suffit que d’un petit élément déclencheur pour que tout bascule à nouveau et qu’il replonge dans les affres de la dépression. Encore une fois, c’est très intense à lire, mais surtout très éprouvant. Il m’est arrivé plusieurs fois de ne pas me sentir très bien après une session de lecture, avec le cafard et la boule au ventre.

Et tout cela prend des proportions si importantes dans Numéro Deux que je me suis plusieurs fois dit que cette histoire allait se terminer sur un drame terrible. Je ne te dirai évidemment pas si cette impression était la bonne, mais c’est simplement pour essayer de traduire mon malaise (et a fortiori celui de Martin).

Pour autant, c’est une partie que j’ai trouvée très intéressante et très bien développée, avec tous les aspects que peut inclure un échec tel que d’avoir seulement failli être Harry Potter. On pourrait presque dire que Numéro Deux a une dimension philosophique et psychologique (sans les désavantages que ça implique). Une déclaration d’amour aux “ratés”, avec tout ce qu’il peut y avoir de beau là-dedans – il faut juste savoir le trouver.

En bref

En bref, Numéro Deux de David Foenkinos est un beau coup de cœur. D’abord parce qu’il nous offre une plongée immersive dans l’univers de Harry Potter, ses coulisses et ses mécanismes. Mais aussi parce qu’il prend un chemin inattendu (totalement en opposition avec la sorcellerie) : celui de la dépression et de notre relation à l’échec. Un roman sensible mais que je recommande chaudement !

Ma note

La citation

Tous les perdants de concours médiatiques avaient vécu cette même souffrance : un échec accentué par l’image permanente de la joie du gagnant. On pouvait toujours leur dire : “C’est formidable d’être allé jusqu’en finale !” Mais non, personne ne pouvait se réjouir d’un parcours achevé si près du but. Il était préférable de rester dans l’ombre plutôt que de frôler la lumière. L’amertume en était décuplée. Le refoulé retournait dans les profondeurs du désintérêt général pendant que le lauréat s’aveuglait des attentions de tous.

David Foenkinos, Numéro Deux

Le mot de la fin

C’est probablement ma découverte de Numéro Deux qui m’a donné envie de me lancer dans une relecture de Harry Potter. Je pense qu’elle devrait arriver le mois prochain, si tout va bien. Tu en fais souvent toi ?

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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