DES RÊVES DANS LA MARGE

Christophe Misraki, La Trilogie du Pandaemon – T.01 : La Prophétie de l’arbre

Résumé de l’éditeur

Il y a 1 400 ans, le Conflit Originel opposa Malévolents et Forces du Bien, éparpillant les lieux et les populations. Que les Forces du Bien l’aient emporté n’est finalement qu’anecdotique.

Nous sommes en 1422 de l’Ère de la Reconstruction, dans l’une des Sept Provinces, le Comté d’Erceph. Un artefact aux étranges et importants pouvoirs, l’Entité, est à l’œuvre dans le cœur de chacun des Sept Suzerains et se transmet naturellement de père en fils le jour des vingt-trois ans de celui-ci.

Le Comte Portor, Suzerain d’Erceph, a deux filles : Layah et surtout Sarah qui approche de son vingt-troisième anniversaire. De nombreuses forces politiques ont espéré en vain un événement qui éviterait de faire face à cette échéance funeste : la Transmission de l’Entité à une femme. Nombreux sont ceux en effet qui interprètent les Prophéties d’Arkharon dans le sens d’un présage funeste pour toute l’humanité si une Entité venait à habiter le cœur d’une femme.

Il était écrit que cette transmission serait marquée par la trahison et la mort.

Fleuve

Fiche technique

Titre La Trilogie du Pandaemon – T.01 : La Prophétie de l’arbre

Auteur : Christophe Misraki

Édition – Collection : Fleuve – Outre Fleuve

Nombre de page : 608

Date de parution : 04.02.2021

Âge : À partir de 15 ans

Prix : 22.90€

Remarque : Je remercie vivement et chaleureusement les Éditions Fleuve pour l’envoi de ce livre. Je précise toutefois que mon avis n’en sera pas moins transparent, honnête et sincère.

Mon avis

Si tu suis, même de loin, les actualités littéraires, tu as certainement vu passer ce roman. Il était annoncé bien avant sa sortie comme celui qui révolutionnerait la fantasy et redonnerait ses galons d’or à la branche française du genre. Alors oui, je l’avoue, j’ai succombé à toutes ses belles promesses et à cette couverture magnifique-qui-envoie-du-pâté (c’est mon côté superficiel qui veut ça, mais je suis sûre que tu es pareil que moi).

Après, la question était de savoir si La Prophétie de l’arbre tenait bel et bien ses engagements… La réponse se trouve juste ici !

En général

Je m’excuse d’avance si cet article est un peu trop dithyrambique à ton goût, mais je pense tout ce que je vais dire ici.

Cette lecture fut un échec cuisant, au point que j’ai abandonnée La Prophétie de l’arbre au bout d’une petite centaine de pages. Pourquoi ? En voici les trois principales raisons.

D’abord, et c’est là le plus gros problème, il y a un énorme manque de clarté générale dans cette histoire. J’ai eu de patibulaires difficultés de compréhension. Au bout de 100 pages, je n’avais toujours pas saisi qui était qui, les relations qui se jouaient entre les personnages, l’organisation hiérarchique du monde, … J’ai été très surprise de n’avoir pour informations de contextualisation que le résumé de l’éditeur. Nous entrons dans l’intrigue comme si nous y étions habitués depuis longtemps, ce qui fait que je n’ai cessé de me dire que j’avais dû louper un wagon quelque part. Il n’y avait même pas de carte pour illustrer le monde de Christophe Misraki, alors que c’est généralement une tradition des récits de fantasy, et que ce procédé m’aide toujours à entrer dans ce type d’histoire.

Je n’ai donc jamais réussi à saisir la géopolitique de ce monde, entre les différents camps, les provinces, les comtés, les suzerains et les fonctionnements de la magie, … Bref, pour le dire simplement : j’étais paumée. Ce qui ne m’encourageait pas vraiment à retourner à ma lecture et contribuait à me déclencher des maux de tête. J’ai essayé de pousser un peu en me disant qu’il allait forcément arriver un moment où tout deviendrait limpide, mais au bout de 100 pages cet espoir s’est éteint.

Et en plus d’avoir l’impression de me trouver en plein Honduras, toute nue, sans carte routière ou connaissance de la langue, il se trouve aussi que je butais beaucoup sur l’écriture de Christophe Misraki. Non pas que sa plume manque de clarté, c’est simplement que les expressions utilisées me semblaient bizarres, j’avais souvent un doute quant à la concordance des temps employés, et surtout la ponctuation était excessive à mon goût (pas assez de virgules et trop de points de suspension) avec un certain manque de mots de liaison. Tout ceci était donc loin de rendre ma lecture fluide et agréable.

Je n’ai pas non plus éprouvé la moindre émotion (positive ou négative) envers les personnages, ce qui n’est jamais bon signe, tu en conviendras. Je les ai trouvés beaucoup trop loin de moi, avec un certain manque d’humanité. Un peu comme s’ils surjouaient leur rôle et leur interprétation – à l’image de certaines séries B, par exemple.

En bref

En bref, ce premier tome de La Trilogie du Pandaemon, La Prophétie de l’arbre de Christophe Misraki fut une énorme déception que j’ai abandonnée après 100 pages et de réels efforts pour ne pas en arriver là. Je pense que ce roman était trop dans la fantasy pure pour moi, ce qui fait que je m’y suis totalement perdue, avec en plus de nombreux points de reproches faits à la plume de l’auteur, et une indifférence certaine envers les personnages.

Ma note

Les 5 citations

Avant de commencer un nouveau livre qui m’intéresse j’aime aller checker quelques citations pour voir si le style d’écriture me plait. Voici donc cinq citations (toujours garanties 100% sans spoilers, évidemment !). Libre à toi de les lire ou pas, suivant si tu aimes bien savoir dans quoi tu t’engages ou si tu veux garder le total plaisir de la surprise.

Les jours ont passés. Depuis que celui qui se fait appeler « Alcyde » avait rapporté son précieux trophée, les évènements s’étaient précipités au-delà de ses propres espérances.

À présent Invité d’Honneur au coeur du complexe de PanDaemon, l’ancien Délégué Quar ressentait une excitation qu’il n’avait jamais imaginée possible. Tout son corps semblait habité d’un sentiment d’euphorie presque incontrôlable, à en faire trembler ses membres. Il avait beau serrer les poings à s’en blanchir les articulations, rien n’y faisait : ses bras continuaient à trembler.

Même son visage trahissait ce sentiment comme s’il avait été aussi transparent que du verre.

Honteux de cette incapacité à se maîtriser, il gardait constamment les yeux baissés évitant tous les regards qui pourraient éventuellement croiser le sien. Si tout se passait bien, dans quelques instants, il recevrait une immense récompense et verrait son « Droit à l’Errance » restauré.

Un événement inimaginable pour un Quar. Même pour un Délégué, peut-être même plus encore pour un Délégué.

CHRISTOPHE MISRAKI, LA TRILOGIE DU PANDAEMON – T.01 : LA PROPHÉTIE DE L’ARBRE

Le temps lui-même semblait avoir voulu prendre le deuil. Il avait revêtu une longue robe grise, étendue uniformément depuis le matin sur la ville d’Ercephor et ses environs, et offrait avec générosité une bruine incessante et pénétrante. Dans cette atmosphère humide et maussade, le ciel, vaporeux, immatériel, paraissait aspiré par une puissance supérieure. Un froid perçant donnait l’impression que la bruine était composée de glace liquide…

CHRISTOPHE MISRAKI, LA TRILOGIE DU PANDAEMON – T.01 : LA PROPHÉTIE DE L’ARBRE

Une voix terrible rompit le silence et interrompit la vague des rumeurs et des peurs :

– Kern ! Soulève le drap blanc !

Le fils du conseiller aux Finances leva la tête d’un geste rapide, ses yeux sombres paraissant prêts à lancer des éclairs. Mais son regard rencontra celui de son Suzerin, il comprit alors que cette voix sépulcrale, méconnaissable avait été celle du père de Sarah, vêtu de son manteau noir, le visage blafard.

– Soulève le drap, Kern ! je veux voir ma fille ! reprit cette même voix. Et tous purent se rendre compte qu’elle était bien celle du Suzerain aux Cheveux Noirs. Les cinq cavaliers sentirent peser sur eux le regard d’Éden Portor, ce regard qui, disait-on, lui permettait d’obtenir ce qu’il voulait. Ce regard qui avait assis son autorité au fil des ans était en ce jour féroce, cruel, vide de tout espoir, de toute bienveillance. Une sensation de froid glacial envahit celui qui aurait dû devenir son gendre. À cet instant, il eut le temps de concevoir l’idée furtive que le père de sa fiancée était en fait un monstre.

Alors, avec une lenteur infinie, il souleva le drap.

CHRISTOPHE MISRAKI, LA TRILOGIE DU PANDAEMON – T.01 : LA PROPHÉTIE DE L’ARBRE

À nouveau, Éden capta dans le regard de Kern, une solennité étrange. Sa main droite saisit celle du garçon. Sa voix paraissait maintenant autre, plus posée, plus sereine, de nouveau charismatique :

– Tu n’as pas failli, Kern. Tu as fait ce que tu devais, et les Forces se sont chargées du reste. N’oublie jamais ça, Kern. Jamais !

Le jeune homme resta silencieux un long moment. Aussi longtemps que les paroles d’Éden Portor résonnèrent dans son esprit.

CHRISTOPHE MISRAKI, LA TRILOGIE DU PANDAEMON – T.01 : LA PROPHÉTIE DE L’ARBRE

Éden Portor sentit une vague d’exaspération l’envahir tout entier… Il dut la contenir de toutes ses forces pour éviter une phrase malheureuse… et inutile. Il se mit en quête d’une manière élégante et polie de signifier à ce mystérieux Garant des Entités que les temps avaient changés. Que rien ne serait plus comme avant. Que ce qui venait d’arriver bouleverserait beaucoup de choses, et qu’il faudrait qu’il modifie ses habitudes !….

CHRISTOPHE MISRAKI, LA TRILOGIE DU PANDAEMON – T.01 : LA PROPHÉTIE DE L’ARBRE

Le mot de la fin

Ce n’est jamais agréable d’être déçue par un livre, mais ça l’est encore plus lorsqu’elle est grande à ce point.

Pour être tout à fait franche avec toi, La Prophétie de l’arbre m’a même provoqué une jolie panne de lecture – oui oui, c’était à ce point-là ! J’ai eu du mal à en sortir, mais je crois qu’elle a fini par passer. Ouf ! En tout cas, ce roman m’aura bien donné du souci, au point de se répercuter sur mes autres lectures.

Ne t’attends donc pas à un bilan lectures exceptionnel ce mois-ci… Mais tu découvriras tout ça bien assez tôt !

D’ici là, je te dis à bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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