DES RÊVES DANS LA MARGE

Cécile Gaillard, Duumvirus

Résumé de l’éditeur

En 2030, un nouveau virus ravage les rangs de l’Assemblée nationale. Entraînant une mort rapide et violente, le ConVirS a la particularité de ne s’attaquer qu’aux hommes de pouvoir. Neuf députés sont morts en une seule nuit. Marie-Hélène, ministre de la santé, et Myriam, son indéfectible préfète, doivent prendre des décisions radicales pour protéger les institutions du pays. Parviendront-elles à rétablir l’ordre dans l’hémicycle ?

Duumvirus nous plonge dans une crise sanitaire d’un nouveau genre, dont les conséquences sont aussi fatales qu’inattendues.

Les Éditions d’Avallon

Fiche technique

Titre Duumvirus

Autrice : Cécile Gaillard

Édition – Collection : Les Éditions d’Avallon – Romans courts et nouvelles

Genre : Nouvelle

Nombre de page : 24

Date de parution : 01.07.2022

Âge : À partir de 15 ans

Prix : 1.49€

Remarque : Je remercie vivement et chaleureusement les Éditions d’Avallon pour l’envoi de ce livre. Je précise toutefois que mon avis n’en sera pas moins transparent, honnête et sincère.

Mon avis

C’est en scrollant sur Instagram que j’ai croisé la route du résumé de Duumvirus qui m’a tout de suite paru intriguant. Les Éditions d’Avallon ont gentiment accepté de m’envoyer cette nouvelle qui n’a pas fait long feu dans ma PAL.

Bis repetita ?

Il faut dire que cette histoire ne peut que nous interpeler : un mystérieux virus, le ConVirS, se met soudainement à décimer la population masculine du Gouvernement (députés, sénateurs, …) et il va vite falloir trouver un moyen d’endiguer la vague avant que ça ne dégénère.

Bien sûr, cela ne peut que nous rappeler notre propre expérience avec un autre mystérieux virus. J’avoue que c’était la seule appréhension que j’ai pu avoir en amont de cette lecture : Le récit saurat-il ne pas faire une redite de ce qui est encore trop frais dans nos mémoires ? Arriverait-il à s’en détacher pour nous offrir quelque chose de nouveau ?

Mais je dois dire que mes doutes ont vite été levés. Si Cécile Gaillard fait bien référence au Covid-19, cela n’est que pour pouvoir lancer son propre mécanisme scénaristique. Cela ne m’a donc pas dérangée, et je peux même dire que c’est un pan de Duumvirus que j’ai apprécié.

Les spécificités d’un genre

Et même si l’on n’aborde pas la lecture d’une nouvelle de 24 pages comme celle d’un roman qui en fait 532, je n’ai eu aucun problème à rentrer dans l’histoire et à m’y impliquer. Nous sommes tout de suite propulsés dans le vif du sujet et n’auront jamais l’occasion de redescendre en tension, parce que le rythme ne ralenti jamais.

Encore une fois, une nouvelle ne peut pas se permettre de s’embarrasser de longueurs ou de trop de descriptions, ce qui, je trouve, peut parfois faire manquer de corps au récit. Mais ce n’est pas le cas de Duumvirus où Cécile Gaillard gère parfaitement la tenue de son histoire. J’ai parfaitement eu le temps de connaître et de m’attacher aux deux héroïnes, Marie-Hélène et Myriam, de m’imprégner du contexte et de l’ambiance. Il n’a suffit à l’autrice que de quelques paragraphes pour faire de son texte une histoire solide dans laquelle on aime être plongé sans voir les pages défiler.

C’est un récit féministe où rêgne l’incertitude, à la frontière entre dystopie et science-fiction mais qui reste malgré tout on ne peut plus ancré dans le réel. La fin est incisive, nous marque et nous surprend – bien que je pense personnellement qu’un ou deux paragraphes (peut-être même une petite page) supplémentaires auraient pu être appréciables pour apporter une conclusion encore plus percutante, claire et appréciable. C’est le seul (petit) reproche que j’ai à faire à Duumvirus.

En bref

En bref, Duumvirus de Cécile Gaillard est une nouvelle qui utilise notre passé proche pour modeler un futur que l’on peut tout autant espérer que redouter. L’autrice, en nous permettant de connaître ses personnages et en nous offrant quelques descriptions supplémentaires, ne tombe pas dans le piège du manque de consistance propre aux nouvelles. Malgré une fin légèrement trop abrupte à mon goût, Duumvirus reste une très bonne lecture que je te recommande car elle ne manquera pas de remettre en perspective le fonctionnement de notre société si bien établie.

Ma note

La citation

Myriam Ferguenis déambule dans les allées, entre les sièges de cuir gris de l’immeuble du couloir du hall K. Avec sa démarche de pachyderme juché sur des talons aiguilles, cette femme est un roc. La poitrine compressée dans sa chemise blanche, les hanches sanglées dans un pantalon, elle distribue les ordres comme les bonbons. Personne ne peut les refuser. Douche antiseptique, costume troqué contre une blouse jetable, masques FFP2 et distanciation sociale. Un représentant du peuple pour deux sièges vides, c’est la règle pour éviter toute nouvelle contamination. Son statut de benjamine des préfets de la zone de défense de Paris lui confère une position de choix. Invulnérable face à la maladie, elle s’est autoproclamée responsable du protocole sanitaire. La meilleure façon d’habituer ses collègues à ses futures prérogatives. L’Hérault ose une question.

– Madame, les sénateurs sont-ils arrivés ?

– Tout à fait, ils sont dans le terminal 1.

– Vous voulez dire le bâtiment circulaire, celui qui a été inauguré sous Giscard.

– Le président a pensé qu’ils apprécieraient le côté antique du bâtiment.

Myriam décroche un clin d’œil à son interlocuteur qui s’étrangle de satisfaction. Ces plaisanteries éculées ont un goût exquis dans les situations délicates. Une de ses comparses est sûrement en train de régaler les sénateurs d’une fadaise identique.

Elle poursuit son chemin, asperge de gel hydroalcoolique les mains qui se tendent sur son passage. Les gestes sont bien rodés depuis la crise du printemps 2020.

– Madame, les nouvelles les plus folles circulent. Certains disent que le président a démissionné, d’autres qu’il est mort. Si vous en savez plus, dites-le-nous, supplie la Savoie.

Myriam ignore le montagnard.

Cécile Gaillard, Duumvirus

Le mot de la fin

Nouvelle semaine, nouvelle chronique ! On sort un peu de mes sentiers battus aujourd’hui en abordant le genre de la nouvelle, que j’apprécie personnellement beaucoup. En espérant que cet avis t’aura tout autant charmé et intrigué, je te souhaite bon courage pour affronter la fin de cette journée. Et je te dis à demain sur Instagram pour découvrir en avant-première mes lectures du mois d’Août et à mercredi ici pour mon bilan lectures officiel et complet !

À bientôt pour un nouvel article !

Amandine Stuart

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