DES RÊVES DANS LA MARGE

Ashley Poston, Il était une fangirl – T.01 : Cendrillon 2.0

Résumé de l’éditeur

Et si Cendrillon était une fan, une vraie ?

La jeune Ellie Wittimer, geek de son état, ne vit que pour Starfield, le grand classique de science-fiction dont son père était, lui aussi, un grand fan avant sa mort. Alors, quand le reboot de la mythique saga est annoncé au cinéma, elle croit devenir folle de joie. Sauf que c’est Darien Freeman, acteur de séries légères pour adolescents, qui décroche le rôle principal. Et ça, aux yeux d’Ellie et de milliers de fans historiques du chef-d’œuvre, c’est intolérable.

Martyrisée par sa belle-mère et ses deux demi-sœurs qui mènent la grande vie et la prennent pour leur domestique, elle a hâte de voler enfin de ses propres ailes après sa dernière année de lycée. En attendant, elle assassine le pauvre Darien à longueur de posts – s’assurant, à sa grande surprise, une audience de plus en plus large sur les réseaux sociaux. Alors, quand le tournage du film commence pour le jeune comédien, les difficultés aussi ! D’autant qu’il doit apparaître à la plus grosse convention du pays, autrefois fondée par le père d’Ellie en personne…

Lettre d’amour à la culture geek et lettre d’amour tout court, Cendrillon 2.0 inaugure une trilogie qui revisite les contes de fée sous l’angle de la fangirlitude. Saluée pour sa sensibilité et ses dialogues à mourir de rire, cette réinterprétation de Cendrillon est bourrée de charme et de clins d’œil aux films, aux livres et aux séries que nous connaissons tous.

Lumen

Fiche technique

Titre Il était une fangirl – T.01 : Cendrillon 2.0

Autrice : Ashley Poston

Édition : Lumen

Nombre de page : 556

Date de parution : 04.02.2021

Âge : À partir de 13 ans

Prix : 16.00€

Remarque : Je remercie vivement et chaleureusement les Éditions Lumen pour l’envoi de ce livre. Je précise toutefois que mon avis n’en sera pas moins transparent, honnête et sincère.

Mon avis

Si tu suis un petit peu les actualités et sorties littéraires sur les réseaux sociaux, tu as forcément déjà vu ce livre passer plusieurs fois. Lumen l’annonçait avec beaucoup d’enthousiasme déjà quelques semaines avant sa publication. Alors, quand j’ai vu qu’il était proposé sur NetGalley, je n’ai pas réfléchi bien longtemps avant de le demandeur. La maison d’édition me l’a donc gentiment procuré… et me voilà aujourd’hui pour t’en parler !

En général

Bon, autant le dire tout de suite : malgré que j’ai vu dans cette lecture pas mal d’éléments qui m’ont plu et que j’ai trouvés intéressants, un certain nombre de points m’ont tout de même dérangés. Alors je te propose de diviser cet avis en deux parties afin de voir clairement les points forts et les points faibles de cette histoire.

Et comme on dit, mieux vaut directement arracher le pansement… Commençons donc par la partie négative de mon avis.

Les points qui m’ont dérangés

Comme tu as pu le voir dans le titre et le résumé, ce roman est une réécriture du conte de Cendrillon que nous connaissons tous. Et c’est certainement de la faute de mon imagination, mais en apprenant ça j’ai vraiment cru que Cendrillon 2.0 serait une sorte de Cinder dans les Chroniques lunaires de Marissa Meyer avec les côtés cyborg et science-fiction en moins. Il se trouve que je me suis trompée.

Pour moi, Ashley Poston inclut beaucoup trop de références directes au conte original. On retrouve vraiment tous les marqueurs de Cendrillon de manière flagrante et absolument pas dissimulés : la belle-mère et les demi-sœurs, la citrouille, la pantoufle de verre, la robe, le couvre-feu à respecter, le père décédé, … J’aurais vraiment apprécié retrouver des petits clins d’oeil plus discrets, plutôt que ces sortes de copier/coller (modernisés) qui m’ont un peu donné l’impression que l’autrice ne s’était pas beaucoup creusé la tête.

De même pour ce qui est de l’ambiance générale du roman. Je sais qu’il est précisé que Cendrillon 2.0 est accessible pour des lecteurs à partir de 13 ans, mais il n’empêche que pour moi, l’écriture en elle-même, l’histoire et les personnages sont un peu trop estampillés « jeunesse » à mon goût. Je déteste dire ça d’habitude, mais c’est vraiment ce que je me disais en le lisant. En fait, je reproche un peu à l’autrice d’avoir rendu sa plume, ses personnages et son histoire en elle-même trop simples. Tout ça manquait de profondeur pour moi alors que je pense sincèrement qu’il y avait du potentiel à écrire une histoire pareille. Ce n’était pas mauvais et superficiel, je pense simplement qu’on aurait pu aller beaucoup plus loin dans la démarche.

J’ai également noté quelques longueurs inutiles dans le récit. Pour moi, Cendrillon 2.0 aurait pu faire 100 pages de moins, il aurait été le même. J’avoue que j’ai été légèrement tentée de sauter quelques pages par-ci par-là (mais je ne l’ai pas fait). J’ai trouvé que l’on s’attardait un peu trop sur les états d’âmes et les réflexions des personnages…

Enfin, tu ne seras certainement pas surpris si je te dis que lorsque je me suis rendue compte que tous les éléments du conte étaient repris, la fin est devenue claire comme de l’eau de roche. Il n’y avait plus vraiment de suspens, et même si je veux bien croire que c’est souvent le chemin pour atteindre l’arrivée qui est plus intéressant que l’arrivée en elle-même… J’étais tout de même légèrement refroidie.

Voilà pour ma critique négative. Mais comme il y a quand même du bon dans ce roman, ne pars pas tout de suite et découvres ce que la touche de modernité a apporté à Cendrillon 2.0 !

Les éléments plus « modernes » qui m’ont parlé

La fan-attitude sur laquelle repose tout le roman est quelque chose que j’ai apprécié. On s’y identifie facilement puisqu’on a tous, à un moment ou à un autre, été fan d’un univers (d’un livre, d’un film, ou d’une série). Et même si je ne me suis pas beaucoup retrouvé dans « Starfield » (la série télé dont Ellie est fan), je n’ai eu aucun mal à transposer cette histoire à une autre qui me tenait plus à coeur. Avoue que tu as un jour un peu culpabilisé de vouloir rencontrer ton acteur préféré et de vouloir tous les goodies qui existent en rapport avec son univers. Eh bien Ashley Poston prône que cette attitude de fan est saine pour que l’Homme grandisse correctement, et je crois sincèrement qu’elle a raison.

Le milieu du cinéma qui est dépeint à travers Darien m’a semblé relativement convaincant et j’ai pris plaisir à évoluer dedans. Certes, ce n’était certainement pas la vraie vie d’un point de vue technique, mais je pense que toute la partie médiatique, pression et attentes était plus que plausible, voire exacte. Je pense que ça permettait aussi de montrer qu’il fallait avoir des limites en tant que fan, et qu’adorer quelque chose ne nous donne pas le droit de retirer la liberté des autres.

C’est un peu la même chose avec le blog qu’alimente Ellie. Je me suis beaucoup retrouvé dans toute la réflexion sur le fait de tenir un blog. Pour elle, ce n’est pas dramatique si elle n’a que très peu de trafic dessus puisqu’il est surtout là pour représenter sa petite bulle de liberté d’expression personnelle, comme s’il représentait son journal intime. Bien évidemment que ce serait absolument génial si elle avait des milliers de visites par jour, mais elle voit aussi un certain nombre d’avantages à ne rester visible que par un cercle restreint. Et c’est vrai que c’est assez proche de la vision que j’ai de DES RÊVES DANS LA MARGE, donc il est vrai que ce point à contribué à rendre ce personnage plus sympathique à mes yeux.

Enfin, de manière générale j’aime beaucoup le procédé qu’a utilisé l’autrice pour faire que les personnages se « rencontrent » : les conversations par SMS entre inconnus. Certes, ce n’est pas révolutionnaire, mais j’ai toujours apprécié le côté extrêmement mystérieux qui se dégage de cette situation. Et bien sûr que c’est quelque chose de dangereux, mais à partir du moment où l’autrice dit explicitement qu’il pourrait très bien y avoir des personnes malveillantes derrière l’écran, j’estime que son devoir de prévention est rempli. Donc oui, je me suis éclatée à voir leur relation se nouer à coups de textos répétés !

En bref

En bref, le premier tome de la série Il était une fangirl : Cendrillon 2.0 de Ashley Poston est une lecture qui fait simplement passer un bon moment et qui développe de jolis messages sur la fan-attitude, bien qu’il ne faille pas en attendre beaucoup plus qu’une peinture du XXI° siècle du conte de Cendrillon.

Je pense que le problème vient surtout du fait que je m’étais fait une trop grosse idée de l’histoire avant de la commencer, et que j’avais trop de supports avec lesquels la comparer. C’est dommage, mais ça arrive à tout le monde de temps en temps.

Ma note

Les 5 citations

Avant de commencer un nouveau livre qui m’intéresse j’aime aller checker quelques citations pour voir si le style d’écriture me plait. Voici donc cinq citations (toujours garanties 100% sans spoilers, évidemment !). Libre à toi de les lire ou pas, suivant si tu aimes bien savoir dans quoi tu t’engages ou si tu veux garder le total plaisir de la surprise.

– Pourquoi ? finis-je par l’interroger.

– Parce que tu as raison : tu n’es pas Carmindor, mais Amara. Et tu sais pourquoi ? Parce que tu as hérité d’une intrigue secondaire toute pourrie et que, pourtant, tu as réussi à y survivre.

ASHLEY POSTON, IL ÉTAIT UNE FANGIRL – T.01 : CENDRILLON 2.0

Je sors à pas lents de la loge, dont je referme la porte derrière moi sans bruit. J’effleure, sur mes lèvres, la plaie que les dents de la Ventouse ont laissée. Mark a peut-être raison. Peut-être ai-je vraiment besoin d’un agent capable de tenir les fans à distance et de jouer les gros bras au cas où…

Aussitôt, j’essaie de me raisonner :

– Non, arrête. Tu fais confiance aux autres. Tu aimes tes fans. Tu es sympa, drôle et cool. Rappelle-toi, tu es Jennifer Lawrence.

ASHLEY POSTON, IL ÉTAIT UNE FANGIRL – T.01 : CENDRILLON 2.0

– Merci, je sais lire, dis-je. Je me demandais juste si peut-être…

– Si je pouvais faire une exception pour vous ? complète-t-il en posant enfin sur moi ses yeux protégés par d’épaisses lunettes de soleil. Ah, si seulement les gens pouvaient acheter leur pass à l’avance comme on le leur recommande. Écoute, ma jolie…

Je réagis aussitôt.

– Comment vous m’avez appelée ?

– Moi ? Mais je n’ai rien dit.

C’est le moment que choisit Sage pour débouler dans le hall, au milieu de la foule. Elle ajuste sa tenue – aujourd’hui, c’est une robe de tulle bleu. On dirait une fée punk un peu barrée, mais vu l’ambiance, elle passe quasiment inaperçue.

– Bon, je n’ai pas pu entrer dans le parking parce que la Citrouille est trop grosse, mais j’ai quand même trouvé une place juste à côté. Je ne me suis pas gênée : j’ai pris une tonne de petite monnaie dans la caisse pour blinder le parcmètre. Il n’est pas né, le mec qui va me mettre une contravention.

– Vous êtes bien certaine que c’est légal ? fait remarquer le guichetier.

– Et la misogynie ordinaire, c’est légal ? lui lancé-je en le gratifiant d’un regard noir.

ASHLEY POSTON, IL ÉTAIT UNE FANGIRL – T.01 : CENDRILLON 2.0

L’espace d’un instant, je m’imagine attraper le premier Greyhound – ces bus ornés d’un levier sur le flanc – en partance de la gare routière, avec Franco à mes côtés, bien sûr. Les animaux sont-ils acceptés à bord ? La compagnie porte un nom de chien, alors j’imagine que oui. Je m’apprête à vérifier ce détail quand je remarque qu’il y a une tonne de nouveaux messages dans ma boîte mail. Ce sont tous des notifications liées à mon blog.

Super, encore une fournée de spams ! Moi qui pensais que ma journée ne pouvait pas être pire… Je m’apprête à les glisser tous ensemble dans la poubelle quand je me rends compte que quelque chose ne tourne pas rond. Les commentaires laissés en réponse à mon dernier article – celui qui critique le choix de Darien Freeman pour incarner Carmindor – sont écrits de main d’internautes, pas de bot.

Mais… Personne ne poste jamais rien sur mon blog – personne n’est même au courant qu’il existe !

Et là, plus de deux cents notifications… Deux cents !

ASHLEY POSTON, IL ÉTAIT UNE FANGIRL – T.01 : CENDRILLON 2.0

Assis dans la boue devant sa niche, le pauvre Franco agite la queue dans une flaque et me regarde à travers une des lattes cassées de la clôture. C’est un teckel marron terne au collier rouge sale. La pluie d’hier soir a inondé son petit abri, comme c’était prévisible. Je l’avais bien dit à M. Ramirez – pardon, Giorgio.

Notre cher voisin a ramené l’animal chez lui quelques semaines après avoir épousé sa deuxième ex-femme – un peu comme un galop d’essai avant d’avoir un enfant, sans doute. Mais, depuis son divorce il y a quelques années, il passe plus ou moins sa vie au bureau. Franco s’est retrouvé délaissé, vieux projet qui n’a pas marché comme prévu, complètement redondant désormais. D’où cette niche inondée dont personne ne se soucie.

ASHLEY POSTON, IL ÉTAIT UNE FANGIRL – T.01 : CENDRILLON 2.0

Le mot de la fin

Voilà pour la chronique de ma première lecture de mars !

Je sais que pas mal de personnes ont déjà lu ce roman. Si tu en fais partie, j’aimerais vraiment savoir si tu es d’accord avec le ressenti que j’en ai, ou si je suis trop exigeante avec lui.

Sinon, il t’arrive de lire des réécritures de contes ?

À bientôt pour un prochain article !

Amandine Stuart

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