DES RÊVES DANS LA MARGE

Antonio Tabucchi, Nocturne indien

Résumé de l’éditeur

« Je parlais des corps, dis-je, peut-être sont-ils comme des valises, nous y transportons nous-mêmes. »

Ce livre pourrait servir de guide aux amateurs de parcours incongrus. Car il y a quelque chose d’insensé dans la recherche obstinée d’un ami disparu dans une Inde tour à tour inquiétante, hallucinée et fascinante, où l’on croise des devins dans l’autobus, des prostituées ou encore des jésuites portugais. Mais de rencontres paradoxales en coïncidences mystérieuses, des chambres d’hôtel miséreuses de Bombay aux luxueux resorts de Goa, une logique singulière se révèle dans l’obscurité de la nuit.

Un classique moderne, prix Médicis étranger 1987, adapté au cinéma par Alain Corneau.

Folio

Fiche technique

Titre Nocturne indien

Auteur : Antonio Tabucchi

Édition – Collection : Gallimard – Folio

Nombre de page : 144

Date de parution : 08.06.2017

Âge : À partir de 15 ans

Prix : 6.50€

Mon avis

J’ai eu une bonne surprise en découvrant que ce livre, que je devais lire pour mon cours de Littérature comparée, n’était pas signé par un auteur français (pour une fois), qu’il était récent et semblait remporter l’adhésion d’une majorité de lecteurs.

Et c’est vrai que Nocturne indien se lit très facilement. C’est court, fluide, clair et parfaitement compréhensible. J’ai apprécié suivre ce personnage, dont on ne sait pas grand-chose, qui part à la recherche d’un ami disparu dans les nuits indiennes. Je me suis laissée portée dans toutes les strates du pays qu’il visite, des quartiers les plus miséreux aux plus grands hôtels de luxe. Mais ce qui m’a vraiment marqué, et ce qui fait que ce livre fonctionne, c’est la multiplicité des rencontres que fait notre personnage. Du médecin, en passant par la prostituée et l’homme d’affaires. Et de nombreux autres encore. Cet aspect du témoignage, de la conversation pour refaire le monde et deviser dessus était étrangement apaisant.

Au fond, je pense que l’une des grandes forces du roman tient dans le fait qu’il arrive parfaitement à associer le côté haletant de l’enquête et la dimension très onirique du voyage dans un pays tel que l’Inde, avec sa culture si riche et sa société si hétérogène. C’est vraiment ce dernier point que je retiendrai de ma lecture : un voyage que j’aurai pu rêver.

Après, ça reste tout de même un livre de cours. Ce qui veut dire que c’est loin d’être l’histoire de l’année pour moi. C’était sympa sur le moment et loin d’être ma pire expérience de lecture obligatoire… Mais ça s’arrête là.

Je pense surtout que si je n’éprouve pas plus d’enthousiasme que nécessaire, c’est à cause de la fin qui m’a grandement désarçonnée. Tout simplement parce que je ne l’ai pas comprise. Enfin, j’ai bien compris qu’il y avait un retournement de situation qui devait totalement remettre en perspective les 130 pages que je venais de lire… Mais c’est tout. Je n’ai pas compris la révélation en elle-même, même en la relisant et en me retournant le cerveau. Et ce fut frustrant. Mais bon, je pense que le cours me permettra d’éclaircir tout ça. Je l’espère en tout cas !

La citation

C’est peut-être cette association d’idées qui me poussa vers lui, et je m’assis à côté de lui. Il me regarda avec deux yeux très beaux et me sourit, et moi aussi je lui souris ; c’est alors seulement que je m’aperçus avec effroi que le petit être qu’il portait sur l’épaule, n’était pas un singe mais une créature humaine. C’était un monstre. Une atrocité de la nature, ou une terrible infirmité, avait raccourci son corps en bouleversant ses formes et ses dimensions. Ses membres étaient tordus et recroquevillés sans autres ordres et mesures que ceux d’un grotesque atroce. Le visage non plus, que je découvrais à présent à travers les cheveux de celui qui le portait, n’avait pas échappé à la dévastation de la difformité. L’épiderme rugueux et les rides profondes comme des blessures lui donnaient cet aspect simiesque qui, joint à ses traits, avait provoqué ma méprise. D’humain, dans ce visage, il ne restait que les yeux : deux yeux minuscules, vifs, intelligents, qui furetaient de tous côtés avec inquiétude comme s’ils avaient été inspirés par un grand danger imminent, et par la peur.

Le garçon me salua cordialement, moi aussi je lui dis bonsoir et je fus incapable de me lever et de m’en aller.

Antonio Tabucchi, Nocturne indien

Ma note

Le mot de la fin

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Amandine Stuart

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