

Le Résumé de La Première phrase du premier livre
Vingt-cinq ans après En l’absence des hommes, son premier roman, Philippe Besson explore les années qui ont précédé l’acte fondateur d’écrire. Bien plus qu’une introspection, La Première phrase du premier livre est une autobiographie collective, où le récit d’une vocation littéraire se mêle à l’évocation de toute une époque.
Dans la vie de chaque écrivain, il existe un avant et un après le premier livre.
En cherchant à saisir celui qu’il était avant ce basculement, Philippe Besson revisite trois décennies – des années 1970 aux années 1990 – et croise son parcours avec les grands repères de son temps. Il évoque une enfance rurale protégée, une adolescence rêveuse et blessée. L’arrivée à Paris dessine le début d’une émancipation : celle d’un jeune homme qui refuse les chemins tout tracés. L’épidémie de sida le confronte brutalement à la perte de ses proches. La littérature s’impose alors comme une révélation et une façon de dialoguer avec les absents.
La Première phrase du premier livre est une machine à remonter le temps. De la « Radioscopie » de Jacques Chancel jusqu’à la peur irraisonnée de l’an 2000, en passant par la figure fraternelle de Goldman ou la fin de la guerre froide, chacun reconnaîtra des fragments de sa propre existence, faisant de ce récit une expérience à la croisée de l’intime et de l’universel, en quelque sorte l’autobiographie d’une génération.
Fiche technique
Titre : La Première phrase du premier livre
Auteur : Philippe Besson
Édition : Julliard
Pages / Temps d’écoute : 240 / 5h56
Parution : 3 septembre 2026
Âge : À partir de 15 ans
Formats & Prix : Papier : 21.00€ • Ebook : 14.99€ • Audio : 19.99€ (ou un crédit)
Mon format de lecture : J’ai découvert ce livre dans sa version audio, lue par Pierre Hancisse.
Écouter un extrait :
Mon avis sur La Première phrase du premier livre
Dès que Philippe Besson publie un nouveau livre, celui-ci rejoint automatiquement ma bibliothèque. C’est devenu incontournable. Cette nouvelle sortie n’a donc évidemment pas fait exception, même si elle s’écarte un peu des habitudes de l’auteur. Et finalement, cette différence m’a rendue d’autant plus curieuse de découvrir ce qu’il avait à raconter.
Dans La Première phrase du premier livre, Philippe Besson revient sur ses propres mémoires, de l’enfance jusqu’à ses premiers pas dans l’écriture. Il y raconte sa jeunesse passée dans un milieu rural, son besoin de trouver sa place et de se forger une identité, ses études supérieures dans de grandes villes, son expérience de transfuge de classe, ses amours, l’exploration de son homosexualité – mais aussi la place que prennent progressivement les mots et la lecture dans sa vie, jusqu’à devenir un véritable refuge.
À travers ce récit très intime, c’est aussi tout un portrait de société que l’auteur dessine. Les années 1970 à 1990 prennent vie sous sa plume, à travers de petits de grands moments qui ont marqué son parcours : la musique, les émissions, la politique, le cinéma, la littérature, les lieux qu’il fréquente, les personnes qu’il rencontre… Ce sont les évolutions de toute une époque qu’il dépeint. J’ai découvert beaucoup de figures qui m’étaient totalement inconnues, mais cela ne m’a pas empêchée de m’immerger dans le récit et de m’y sentir étonnamment bien.
Je pense néanmoins que c’est un livre qui s’adresse avant tout aux personnes qui connaissent déjà Philippe Besson et qui apprécient son travail. Sans cette curiosité pour l’auteur lui-même, ses livres et son parcours, je ne pense pas qu’on y trouverait le même intérêt.
Bref, La Première phrase du premier livre est un exercice aussi intime qu’universel, dans lequel Philippe Besson transpose ses souvenirs, ses amours, sa jeunesse et son rapport aux mots en un joli récit de construction de soi. Une nouvelle facette de son œuvre que j’ai pris plaisir à découvrir !
Ma note

La citation de La Première phrase du premier livre
Il se trouve que j’ai beaucoup aimé le latin. Il y avait dans l’ordonnancement des phrases une complexité mathématique qui demandait à être déchiffrée, comme on résout un mystère, comme on élucide un crime chez Agatha Christie. Même la musique entêtante des déclinaisons me plaisait. Dominus Domine Dominum. Rosa Rosa Rosam.
Je n’avais pas remarqué que, pour présenter le masculin, on avait retenu le mot « maître » et, pour le féminin, le mot « rose ». Ou plutôt – et c’est plus grave – je n’y avais pas accordé d’importance. Après tout, le monde était ainsi ordonné. Les hommes dirigeaient, rapportaient l’argent ou avaient les meilleurs salaires, les femmes maternaient, elles étaient confinées dans la délicatesse, qui était l’autre nom pour fragilité, infériorité. Pourquoi les cours de latin auraient-ils échappé à cette règle ?
Philippe Besson, La Première phrase du premier livre
💡 Pour aller plus loin, voici d’autres chroniques à propos de La Première phrase du premier livre de Philippe Besson, concoctées par des camarades dont j’apprécie beaucoup le travail : Mademoiselle Lit • Les Jardins d’Hélène.
Le mot de la fin
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À bientôt pour un nouvel article !
Amandine Stuart
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