
Le Résumé de La Supérette du bord de mer
La supérette Tenderness sur l’île de Kyushu, au Japon, n’est pas un magasin comme les autres. Si les rayonnages sont remplis des traditionnels katsudon, karaage et dorayaki, ce sont les habitués hauts en couleur qui donnent une âme à ce lieu de passage. Il n’est pas surprenant d’y croiser un groupe de femmes assez âgées, pomponnées comme pour un rendez-vous galant, se disputer l’attention du gérant, ou l’homme à tout faire du quartier en train d’essayer les combinaisons d’aliments les plus surprenantes. Dans ce refuge de bord de mer, Shiba, le charismatique manager, fait preuve d’une bienveillance rare, son fan-club est toujours prêt à rendre service et les employés accueillent tout le monde avec un sourire. Et alors que les clients se succèdent, ils finissent tous par trouver bien plus que ce qu’ils étaient venus chercher…
Fiche technique
Titre : La Supérette du bord de mer
Autrice : Sonoko Machida
Édition : Nami
Pages : 320
Parution : 5 mars 2026
Âge : À partir de 14 ans
Formats & Prix : Papier : 17.90€ • Ebook : 9.99€
Mon avis sur La Supérette du bord de mer
Je suis d’habitude assez peu friande de littérature japonaise, mais j’ai pourtant passé un très bon moment avec La Supérette du bord de mer. Sonoko Machida propose un roman choral construit autour d’un lieu commun : une petite supérette que fréquentent les différents personnages dont nous allons découvrir les histoires.
J’ai beaucoup aimé cette forme, qui permet de passer d’un récit à l’autre tout en gardant ce fil rouge. Les six histoires sont indépendantes, mais se répondent subtilement et donnent peu à peu une vision plus large des habitants qui gravitent autour de ce konbini. Certaines m’ont davantage touchée que d’autres, mais j’ai apprécié retrouver dans chacune d’elles une même douceur et une belle dose d’entraide et de bienveillance.
Le roman offre ainsi une jolie réflexion sur les relations humaines et sur ces petits gestes qui peuvent parfois faire une grande différence dans la vie des autres. C’est une lecture très tournée vers l’humanité, réconfortante, gourmande et pleine de chaleur, qui se lit facilement et sans prise de tête.
J’ai en revanche eu beaucoup plus de mal avec le gérant de la supérette et ses fameuses phéromones, que j’ai trouvées franchement ridicules et qui m’ont parfois sortie de l’histoire. C’est vraiment le seul élément qui m’a laissée assez perplexe au milieu d’un récit par ailleurs très agréable.
Bref, une jolie découverte, douce, gourmande et réconfortante, qui m’a réconciliée avec la littérature japonaise le temps de quelques heures. Une lecture parfaite pour les vacances !
Ma note

La citation de La Supérette du bord de mer
– Si tu fais comme ça, c’est super bon, a dit Tsugi, qui avait maintenant fini ses spaghettis, en plaçant le katsudon devant Nomiya.
Ensuite, il a renversé le kimchi par-dessus. En voyant l’équilibre parfait du brun du porc grillé entouré du jaune vif de l’omelette et couronné par le vert des poireaux, gâché par le condiment rouge vif et sa sauce, Nomiya a eu un cri d’indignation :
– Aaah ! Mais qu’est-ce que vous faites ? Je ne peux pas manger ce truc, moi !
– Tu peux. C’est bon, je te dis. Allez, l’a-t-il encouragé en lui tendant une paire de baguettes.
Mais Nomiya n’a pas bougé.
Tsugi a attendu quelques instants avant d’insister :
– Mange !
Il a forcé Nomiya à prendre les baguettes.
– Dépêche-toi ou ça va refroidir !
Son ton s’est fait plus dur, et Nomiya a cédé, acceptant les baguettes. Puis, les sourcils fronces, il a saisi avec circonspection un bout de porc pané surmonté par le kimchi et sa sauce, avec de l’omelette et des oignons.
– Ah, j’ai failli oublier le plus important. Tiens !
Tsugi a farfouillé dans le sac plastique, puis a extrait un sachet individuel de mayonnaise. Il l’avait à peine ouvert qu’il le versait déjà sur le porc pané. Nomiya a encore une fois laissé échapper un cri d’indignation :
– Ahhh ! Puisque je vous dis que je ne peux pas manger un truc pareil !
L’expression crispée de Nomiya s’est imperceptiblement adoucie. Intriguée par le regard fixe que Nomiya posait sur le katsudon, Mitsuri s’est rapprochée pour voir, et a murmuré :
– Ça alors !
Était-ce dû à l’effet visuel créé par la mayonnaise versée en un motif à carreau ? Le plat avait l’air délicieux. Silencieux, Nomiya en a pris une bouchée. Il a mâché longuement, puis en a repris une bouchée encore plus grosse. Il engloutissait le plat de plus en plus vite.
– Je te l’avais bien dit, que c’était bon, hein ? a lancé Tsugi.
Nomiya a acquiescé énergiquement. À présent, il dévorait le katsudon encore plus rapidement qu’à son habitude. En un rien de temps, plus de la moitié du plat avait disparu.
Sonoko Machida, La Supérette du bord de mer
Le mot de la fin
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Amandine Stuart
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