
Le Résumé de Cucul, de Camille Emmanuelle
Le jour, Marie Couston est prof de français dans un lycée. La nuit, elle écrit sous pseudo de la romance érotique. Mais lorsque son éditrice exige qu’elle abandonne ses romans cucul pour de la dark romance, Marie voit rouge. En clair, on lui demande de rendre sexy des violences conjugales et sexuelles. Sans regret, et un peu saoule, elle décide de tuer son personnage principal avant de s’endormir. Au réveil, elle n’en croit pas ses yeux : un inconnu est assis sur son canapé. L’homme, très beau dans son costume sur mesure hors de prix, lui explique alors le plus sérieusement du monde qu’il est James Cooper, le mâle alpha de sa romance…
Fiche technique
Titre : Cucul
Autrice : Camille Emmanuelle
Édition – Collection : J’ai lu – Littérature Française (n° 14581)
Pages : 288
Parution : 18 octobre 2024
Âge : À partir de 15 ans
Formats & Prix : Grand Format : 19.50€ • Poche : 7.60€ • Ebook : 7.49€ • Audio : 13.94€ (ou un crédit)
Mon avis sur Cucul, de Camille Emmanuelle
Une lecture surprenante ! Avec Cucul, Camille Emmanuelle nous offre une romance comme je n’en avais encore jamais lu. Le concept est particulièrement original : une autrice de romance décide de tuer son héros… avant que celui-ci ne débarque dans le monde réel. Une idée pleine de potentiel, qui promettait une réflexion aussi drôle qu’inattendue.
Malheureusement, l’histoire en elle-même, et surtout son aspect romantique, ne m’a pas vraiment convaincue. Je suis restée totalement extérieure aux personnages et à leur relation, à laquelle je n’ai pas cru une seconde, si bien que je n’ai jamais réussi à m’investir émotionnellement dans le récit.
De plus, un tic d’écriture de l’autrice m’a fortement dérangée. Les personnages s’appellent constamment par leur prénom au cours des dialogues (“Qu’est-ce que tu en penses, Marie ?”, “Merci, James.”), même lorsqu’ils ne sont que deux à converser. À force, ce procédé m’a semblé artificiel et peu naturel. Au fil des pages, cette répétition est devenue très mécanique et a fini par casser la fluidité de ma lecture, au point de me sortir régulièrement de l’histoire.
En revanche, j’ai trouvé les réflexions autour de la dark romance, de la fiction et de son influence sur notre société actuelle particulièrement pertinentes. Le roman interroge la responsabilité des créateurs, la frontière entre fiction et réalité, ainsi que l’impact des œuvres sur les lecteurs et lectrices, et c’est clairement ce qui m’a le plus intéressée.
C’est d’ailleurs ce qui me fait penser que cette histoire aurait peut-être gagné à être un essai plutôt qu’un roman. Je comprends que le choix du roman rende les idées de Camille Emmanuelle accessibles au plus grand nombre. Elles ont ainsi été largement diffusées (et c’est sans doute en partie pour cela que Cucul a rencontré un joli succès). Malgré tout, je trouve que la forme romanesque dessert en grande partie son propos. Les idées développées sont très intéressantes, et même importantes, mais la dimension fictionnelle ne m’a pas du tout convaincue.
Je ressors donc de ma lecture de Cucul de Camille Emmanuelle à la fois intriguée et dubitative : une proposition originale, atypique et stimulante, mais qui ne m’a pas embarquée.
Ma note

La citation de Cucul, de Camille Emmanuelle
Il y a trois mois, j’avais été convoquée pour une histoire d’intrigue dans ma romance « Apprends-le-moi ». Catherine et Aminata m’avaient briefée dès le départ : toutes les romances érotiques devaient être construites sur le même schéma. Rencontre – histoire impossible à cause de failles intérieures – début de romance – lune de miel – conflit – réconciliation – mise en danger de l’héroïne – sauvetage par le héros – résolution – happy end. Or il y avait, d’après l’éditrice, un problème, ces derniers temps. « Pour la partie “mise en danger”, toutes nos auteures en ce moment enferment leurs héroïnes dans des coffres de voiture. Ça part d’une bonne idée, mais on en a trop. Donc, s’il vous plaît, trouvez autre chose pour l’enlèvement », m’avait demandé Catherine, assise droite comme un piquet au milieu du grand placard à balais. Si mes lectrices, m’étais-je alors dit, celles qui adoraient les romances, savaient comment étaient fabriquées ces histoires… Il y avait un côté McDo de la littérature : des produits standardisés, créés pour plaire au plus grand nombre, à la chaîne, packagés et marketés, consommables facilement et rapidement. J’aimais bien me faire un McDo de temps en temps, pas forcément en écrire… Pourtant, je n’avais rien répondu et simplement noté, ce jour-là, sur mon carnet : « Ne pas enfermer Ashley dans un coffre de voiture. » Comme il n’y avait que Cécile, ma grande sœur, qui était au courant de mon activité de ghostwriter, je m’étais précipitée chez elle, à Saint-Mandé, pour lui raconter l’anecdote.
Camille Emmanuelle, Cucul
Le mot de la fin
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À bientôt pour un nouvel article !
Amandine Stuart
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